Puces, tiques, vers, acariens… Pour protéger nos animaux, les traitements antiparasitaires font partie du quotidien de nombreux foyers. Pipettes, comprimés, colliers, sprays : ces produits sont faciles d’accès, largement utilisés et souvent perçus comme anodins. Pourtant, derrière ces gestes de soin bien installés se cachent des substances chimiques qui peuvent avoir des impacts croisés à la fois sur la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale.
Ces dernières années, le débat public sur les pesticides s’est surtout concentré sur les produits phytosanitaires : glyphosate, PFAS, pesticides agricoles… Pendant ce temps, d’autres produits chimiques, pourtant très présents dans nos maisons, restent beaucoup plus discrets. C’est le cas des antiparasitaires vétérinaires.
C’est quoi au juste ?
Les biocides sont des substances chimiques destinées à repousser ou éliminer des organismes jugés nuisibles. En médecine vétérinaire, ils servent surtout à lutter contre les parasites des animaux domestiques ou d’élevage. Même lorsqu’ils sont encadrés comme médicaments vétérinaires, certaines substances utilisées appartiennent aux mêmes familles chimiques que des pesticides ou biocides, soulevant des enjeux similaires pour la santé humaine, animale et l’environnement.
Trop de flou, trop peu de garde-fous
L’analyse réalisée avec Alter Ethix (une association qui défend une société juste pour tous les êtres vivants) dans la continuité des travaux menés par Canopea, met en évidence plusieurs zones de flou : une disponibilité importante des produits, une information parfois insuffisante pour les professionnel·le·s comme pour les citoyen·ne·s, des consignes d’usage peu harmonisées, et un cadre réglementaire fragmenté entre médicaments vétérinaires, biocides et pratiques de vente.
Impacts croisés
L’enjeu est pourtant bien réel à la fois sur la santé animale, humaine et environnementale. En effet, les biocides vétérinaires ne restent pas confinés à l’animal traité : ils peuvent circuler dans les espaces domestiques, exposer les humains et les autres animaux du foyer, puis contaminer les sols, les eaux et les écosystèmes.
Pour la santé humaine, les effets observés varient selon les substances et les modes d’administration, avec des symptômes notamment cutanés, oculaires, digestifs, respiratoires ou neurotoxiques. Certaines substances parmi les plus problématiques, comme le fipronil ou la perméthrine, sont largement disponibles et ne nécessitent pas toujours de prescription.
Les animaux domestiques sont également concernés : plusieurs effets indésirables sont documentés, notamment neurologiques, rénaux, hépatiques, endocriniens ou cardiaques. Là encore, certaines substances parmi les plus toxiques restent accessibles sans prescription.
Enfin, les biocides vétérinaires peuvent aussi affecter l’environnement, notamment les insectes, les invertébrés, les milieux aquatiques et les sols, via les déchets, les déjections, le lavage ou le lessivage des animaux traités. Ces impacts croisés montrent que ces produits ne peuvent pas être considérés uniquement comme de simples traitements antiparasitaires, mais comme des substances chimiques aux effets multiples sur la santé humaine, animale et environnementale.
Vers une approche OneHealth
Face à ces constats, il faut un encadrement plus cohérent, plus transparent et davantage fondé sur le principe de précaution. Cela implique notamment une meilleure information des citoyen·ne·s, des formations indépendantes pour les vétérinaires et pharmacien·ne·s, une surveillance renforcée des effets indésirables, ainsi qu’une réflexion plus large sur les alternatives et la réduction de notre dépendance aux traitements chimiques systématiques.
Le flou autour des biocides vétérinaires vient en partie d’une approche trop fragmentée entre santé humaine, santé animale et environnementale. Les produits sont souvent pensés séparément selon leur statut de biocides, médicaments vétérinaires ou substances chimiques, alors que leurs impacts sont interdépendants.
L’approche One Health invite au contraire à considérer ces enjeux ensemble. Les antiparasitaires vétérinaires ne questionnent pas seulement l’encadrement des substances chimiques, mais aussi notre rapport au soin, à la prévention et au vivant. Renforcer le principe de précaution, c’est donc mieux protéger la santé et l’environnement, tout en repensant notre dépendance aux solutions chimiques systématiques.
Lire l’analyse complète ici : Analyse Biocides vétérinaires – Alter Ethix et Canopea
Une plaquette d’information accompagne également l’analyse. Elle rappelle les risques sanitaires et environnementaux liés aux antiparasitaires vétérinaires, tout en proposant des gestes de précaution concrets et quelques alternatives simples pour limiter l’exposition des animaux, des humains et des écosystèmes.
Lire la plaquette d’informations ici : Plaquette d’informations – Biocides Vétérinaires
Crédit image illustration : Adobe Stock
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