Les Belges sont-ils prêts à soutenir un usage plus sobre et plus efficace des voitures ?

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En mai 2025, Canopea a sondé la population belge afin d’estimer « à quels degrés » celle-ci considère « acceptable » un échantillon de mesures en faveur de la sobriété et de l’efficacité énergétique dans l’usage des voitures.

Découvrez les résultats de cette étude : urlr.me/GRKmsX
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Les Belges soutiennent l’écoconduite, le covoiturage et les véhicules modestes, mais beaucoup moins la réduction des distances parcourues et l’électrification

La grande majorité des Belges estime désirable le fait de promouvoir l’écoconduite, le covoiturage, et les véhicules moins lourds et moins puissants.   

Les avis sont plus mitigés en ce qui concerne la réduction des distances parcourues et l’électrification (bien que les Belges trouvant ces objectifs désirables restent majoritaires).  

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Les mesures de réduction de vitesse : pas si impopulaires !  

La majorité des Belges trouve acceptable une réduction de vitesse de 120 km/h à 100 km/h sur autoroute, tant que celle-ci n’est pas contraignante.   

Cependant, si cette réduction devient obligatoire, les avis sont très partagés.   

Il est cependant factuellement inexact d’affirmer que les mesures de réduction de vitesse sont impopulaires. 

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Le covoiturage doit être rendu plus efficace mais pas forcément moins cher 

Les Belges sont plutôt favorables au covoiturage et à ses mesures de soutien, à condition que cela n’ait pas d’impact budgétaire « négatif ».   

Des incitants budgétaires « positifs » pour stimuler le covoiturage (primes dans les entreprises, déductions fiscales, etc.) pourraient donc être bien acceptés.  

De plus, la mise en œuvre de mesures facilitant le recours au covoiturage (mise en place de bandes dédiées, parkings de covoiturage, lignes de covoiturage, etc.), serait également bien accepté par la majorité de la population.  

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La course aux voitures toujours plus lourdes et plus puissantes n’est pas forcément souhaitée par les citoyen·ne·s 

Les Belges trouvent (très) acceptable les mesures visant à réduire la masse et la puissance des véhicules, et ce d’autant plus que l’argument de la sécurité routière est mis en avant.   

La mesure la plus acceptée par les Belges est la mise en œuvre de zones à faible danger, dans laquelle la circulation des voitures les plus lourdes et les plus puissantes (gros SUVs, pickups, etc.) est interdite.  

L’enquête ne révèle pas de passion pour les voitures lourdes et puissantes. Cela suggère que l’augmentation de la masse et de la puissance des véhicules est due à une volonté des constructeurs.  

Il est urgent que les constructeurs européens mettent sur le marché des véhicules plus légers et moins puissants (LISA Cars), au risque de perdre des parts de marché au profit des constructeurs chinois.  

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Augmenter le prix du trajet pour réduire l’usage de la voiture : un principe peu accepté

Les Belges trouvent plutôt inacceptables les mesures induisant une augmentation du coût variable lié à l’usage de la voiture.

Ce résultat est cohérent avec l’émergence du mouvement des gilets jaunes (lequel s’est formé suite à une hausse de la taxe sur le carburant en France).

Pour réduire le nombre de kilomètres parcourus en voiture, il est donc nécessaire de mobiliser d’autres leviers :

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L’électrification : une transition qui demande du temps aux citoyen·ne·s et du soutien des pouvoirs publics  

Les Belges ne semblent pas prêts pour l’électrification. Plus précisément : ils ne souhaitent pas d’accélération de la transition. Cette résistance au changement est particulièrement forte en Wallonie.  

Il est nécessaire de mieux accompagner la population et de faciliter la transition par la mise en place d’infrastructures de recharges nécessaires.   

Un soutien financier direct aux plus précaires (à condition que ceux-ci subissent une dépendance objective à la voiture) est relativement bien accepté par la population belge et peut également être envisagé. 

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L’exemplarité des voitures de société : un levier pour stimuler l’efficacité énergétique du parc automobile belge 

L’acceptabilité des mesures liées aux voitures de société est plus élevée que celle des mesures équivalentes touchant l’ensemble des automobilistes.   

Rendre nos voitures de société exemplaires (c’est-à-dire électriques, peu lourdes, et peu puissantes) pourrait avoir un effet tant direct qu’indirect (via le marché de l’occasion) sur l’efficacité énergétique de l’usage du parc automobile belge.  

De plus, faire payer le coût réel du trajet en supprimant les incitants à l’utilisation de la voiture en permettrait un usage plus sobre énergétiquement. 

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L’électrification est mieux acceptée par certaines personnes 

L’électrification est mieux acceptée chez les personnes plus jeunes (qui ont également plus de mal avec l’idée de réduire leur vitesse).   

Les mesures liées au prix du trajet, à la masse et à la puissance des voitures sont moins acceptées chez les parents.  

Les indépendants sont plus favorables aux déductions fiscales sur les voitures de société, mais moins aux mesures touchant au choix du véhicule (masse, puissance et motorisation).  

Les personnes très diplômées acceptent davantage l’ensemble des mesures stimulant un usage plus sobre et plus efficace des voitures.  

Les personnes non motorisées sont davantage favorables au covoiturage, aux voitures électriques, ainsi qu’aux mesures augmentant le coût d’un trajet en voiture.  

Enfin, les conducteurs de voitures électriques sont très favorables à l’électrification, ce qui semble suggérer un effet de validation (« l’essayer c’est l’adopter »). 

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L’acceptabilité des politiques publiques est une donnée utile, mais qui varie dans le temps  

Cette semaine, nous vous avons présenté les résultats d’une enquête menée par Canopea pour évaluer l’acceptabilité « sociale » de mesures en faveur de la sobriété et de l’efficacité énergétique dans l’usage des voitures.  

Une telle analyse – si elle possède des limites (y compris méthodologiques) – peut s’avérer très utile pour l’action publique, car elle mesure (non seulement) le soutien, mais aussi la réaction potentielle des citoyens face à la mise en œuvre d’une politique publique.  

L’acceptabilité « sociale » dépend (quant à elle) fortement du contexte, y compris politique, et varie donc dans le temps.  

Et vous, comment pensez-vous que les choses évolueront dans les prochaines années ?

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