Biodiversité et SDT

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Entré en vigueur en avril 2024, le Schéma de Développement Territorial (SDT) a pour but de relever un certain nombre de défis, parmi lesquels celui de « développer, restaurer et préserver la biodiversité ». Ce défi doit évidemment être relever en synergie avec d’autres tels que « s’adapter aux effets du changement climatique et en diminuer les causes », « améliorer la santé et le bien-être de tous » et « agir collectivement et de manière coordonnée ». L’optimisation spatiale et le recentrage de l’urbanisation dans les centralités a pour objectif de « renforcer la biodiversité et protéger les terres agricoles, les forêts et les milieux naturels » (SDT, 2024, p. 23). Concrètement, quelles sont les mesures proposées ?

Les numéros précédents de la newsletter Echelle Humaine, consacrés respectivement aux thématiques de santé environnementale et d’adaptation aux effets des dérèglements climatiques dressent les liens entre la préservation et restauration de la biodiversité et ces enjeux. La vitalité des écosystèmes fait partie des solutions d’adaptation face aux effets des dérèglements climatiques (Climat.be – conséquences sur la biodiversité). La présence et proximité d’espèces végétales et animales ont des impacts sur notre santé (Hendrickx, S., Intégrer les infrastructures vertes dans les SDC, Du SDT aux SDC : Réduire la vulnérabilité du territoire, Namur, 2025).

Les conséquences environnementales de nos modes de construction et d’urbanisation, notamment en termes d’impacts sur la biodiversité, sont largement étudiées et documentées (Cauchie, Joskin, Comment la construction impacte-t-elle notre territoire et l’environnement ?, 2025). A ces conséquences s’ajoutent « les impacts des changements climatiques sur les espèces et leurs habitats, menaçant l’équilibre du système et sa résilience d’une part, et la dégradation des services écosystémiques qui en découle, menaçant l’Homme et les activités économiques à l’échelle mondiale d’autre part » (AWAC, Portail Climat, Indicateur « Habitats et Espèces », 2025). Les conclusions du récent rapport du Cerac (Centre d’analyse des risques liés au changement climatique) portant sur une analyse complète et systématique des risques climatiques et environnementaux en Belgique doivent devenir un mantra à se répéter avant toute prise de décision politiques : « Les politiques sectorielles doivent intégrer les risques de dégradation des écosystèmes, en veillant à ce que l’aménagement du territoire et la gestion de l’eau renforcent la résilience au changement climatique plutôt que de la compromettre. » (Belgian Climate Rick Assesment, Cerac, 2025)

Les principales priorités politiques listées sont :

  • la lutte contre les facteurs de perte de biodiversité,
  • la protection et la restauration de la nature, qui tient compte des déplacements des aires de répartition des espèces sous l’effet du changement climatique,
  • la gestion durable pour améliorer la résilience des écosystèmes au changement climatique
  • l’amélioration de la connectivité et de la diversité des habitats

La maitrise de l’étalement urbain, afin d’éviter tout mitage du territoire et fragmentation des milieux naturels, la gestion durable des eaux pluviales (territoire éponge, désimperméabilisation, etc.), la protection des zones propices à la biodiversité doivent se traduire dans nos pratiques d’aménagement du territoire. De manière ambitieuse : la dégradation des écosystèmes ne se limite pas à des pertes environnementales. Elle affecte directement les populations que ce soit au niveau de la santé, de la sécurité alimentaire, de la cohésion sociale et des finances publiques. « Une fois les sols détériorés, leur restauration devient complexe, coûteuse et très longue, s’étalant souvent sur plusieurs décennies. » (Belgian Climate Rick Assesment, Cerac, 2025)

Comment mieux prendre soin de la biodiversité en ménageant notre territoire ?

Eléments de définition

Dans le SDT et ailleurs, plusieurs notions sont souvent citées et convoquées pour faire référence à la biodiversité sans pour autant que celles-ci soient synonymes.

La biodiversité fait référence au nombre d’espèces présente dans un milieu, leur diversité (combien d’espèces différentes s’y trouve), à leur abondance (nombre d’individus de chaque espèce) et à la variabilité de tous ces éléments.

« Il ne faut pas confondre « biodiversité » et « écosystème », deux notions bien distinctes et qui ne s’englobent pas. Si la biodiversité caractérise ce qu’il y a, les écosystèmes caractérisent ce que ça fait : les échanges que produit cette biodiversité, autrement dit, les interactions entre les êtres vivants et celles avec leur milieu » (Lecointre, G.,  Qu’est-ce que la biodiversité ?, MUSEUM, 7 décembre 2022).

Les services écosystémiques font référence à l’ensemble des bénéfices que les êtres humains retirent des processus naturels liés au fonctionnement et au maintien des écosystèmes naturels ou modifiés.

« La biodiversité et ses services écosystémiques dépendent fortement de la disponibilité, en termes de superficies dédiées, de connectivité spatiale et d’intégrité environnementale, des espaces qui leur sont alloués. » (Hendrikx, S., Protection et conservation du patrimoine naturel wallon, Notes de recherche CPDT n° 69, Mai 2017)

Un des enjeux de la protection de la biodiversité, c’est-à-dire du maintien des conditions favorables à la diversité des espèces et leur abondance, est la protection des zones dans lesquelles les espèces végétales et animales vivent, se nourrissent, se reproduisent, migrent, etc. Chaque espèce :

  • utilise des habitats différents,
  • a des domaines vitaux différents,
  • dispose de ses propres capacités de mouvement qui sont liées à la distance entre les tâches d’habitat et la nature des éléments de la matrice à traverser.

L’approche « conservation » de la biodiversité s’est beaucoup focalisée sur la protection stricte des milieux (réserves naturelles) doit être complétée par une approche plus dynamique de la biodiversité de manière permettre le déplacement des espèces soit au sein de ses domaines vitaux (pour se nourrir, se reproduire, se reposer) et le flux des espèces. Ces déplacements nécessitent pour cela que des « corridors » (continuités écologiques) soient accessibles et protégés de manière à relier les différentes zones. Le maillage écologique est la constitution d’un réseau de liaisons. Nos voisins français parlent de « trames » vertes, bleues, brunes (les sols), noires (sans éclairage nocturne), etc. Les infrastructures vertes sont un réseau constitué de zones naturelles, semi-naturelles et d’autres éléments environnementaux, faisant l’objet d’une planification stratégique et conçu et géré aux fins de la production d’une large gamme de services écosystémiques.

Quels sont les objectifs définis par le SDT ?

L’ensemble des objectifs du SDT ont pour finalité :

  • L’optimisation spatiale : lutte contre l’étalement, préservation maximale des terres et utilisation efficience du sol pour l’urbanisation
  • La maitrise de la mobilité
  • La gestion qualitative du cadre de vie
  • Le développement socio-économique et l’attractivité territoriale.

Ces finalités, si mises en œuvre avec ambition, auront comme co-bénéfices de réduire la pression exercée par l’urbanisation sur la biodiversité.

Parmi les 20 objectifs du SDT, c’est le sixième objectif de l’axe 1, « Valoriser les patrimoines naturels, culturels et paysagers et les préserver des pressions directes et indirectes de l’urbanisation », qui est le plus directement centré sur l’enjeu « biodiversité ». Y sont explicitement exprimées les principes d’intégrer et d’accroître la protection des sites reconnus en vertu de la Loi sur la conservation de la nature du 12 juillet 1973, de réduire le morcellement des espaces naturels, de mettre en réseau les sites et de mettre en œuvre un maillage écologique cohérent.

Le SDT porte également une attention à la biodiversité urbaine : « Le milieu naturel est protégé et mis en valeur pour favoriser la biodiversité dans les espaces urbanisés. Les quartiers sont végétalisés (maintien ou plantation de haies, de bandes herbeuses, de plantes grimpantes, d’arbres hautes tiges, notamment d’arbres fruitiers…) et tirent profit des plans et cours d’eau ainsi que des infrastructures vertes. » (AI7.P12)

Notamment à travers les espaces verts et dans l’espace public :

  • « Les espaces verts rendent des services écosystémiques importants tant en milieu urbain, périurbain que rural (régulation thermique, mise à distance des fonctions incompatibles, réduction de la pollution de l’air, prévention et régulation des inondations, connexions des habitats naturels, etc.). Ils améliorent la capacite d’adaptation des populations et des territoires aux effets du changement climatique, atténuent ces effets et participent au maintien, au développement et à la restauration de la biodiversité. » (CC5.C6)
  • « L’espace public (rues, parcs, plaines de jeux, places…) participe aux infrastructures vertes et accueille la biodiversité. » (CC5.P27)

A l’échelle des schémas de développement territorial, le SDT préconise de

  • Décliner et cartographier les liaisons écologiques régionales et prévoir des infrastructures vertes qui garantissent des liens entre les milieux naturels ;
  • Prévoir des mesures de préservation et de valorisation :
    • Du patrimoine reconnu et protégé en vertu du Code wallon du Patrimoine ;
    • Des patrimoines naturels, en ce compris la biodiversité, et paysagers ;
    • Des aires de transition paysagère permettant de délimiter les centralités. (SA6.M4)
Carte de la Wallonie.
Renseigne : la position des Liaisons écologiques à préserver et valoriser, les Sites de conservation de la nature, les Régions biogréographiques.

Le SDT préconise également que soit définir, dans les guides communaux d’urbanisme (GCU), des indications permettant l’accueil de la biodiversité par des mesures adaptées telles que

  • L’intégration de plantations, de murs végétalisés, de toitures végétalisées ;
  • La préservation de surfaces en pleine terre ;
  • L’aménagement des abords des constructions.

Le GCU permet en effet d’encadrer le bâti et non bâti soumis à permis et de se doter d’un cadre de référence pour les abords, clôtures, plantations, etc., d’intégrer une gestion durable des eaux de pluie et de lutter contre l’imperméablisation des sols.

Le GCU permet de définir des objectifs d’urbanisme, des indications d’urbanisme (générales et/ou thématiques et/ou par aire). Le GCU peut contenir des cartes des aires différenciées (éventuellement différentes des cartes de mise en œuvre du SDC).

Pour inspirer l’élaboration des GCU, nous vous conseillons fortement la consultation fort attentive du site de Natagora Biodiversité dans le bâti.

L’infrastructure verte

Parmi les approches opérationnelles proposées par le SDT, celle de la planification d’une infrastructure verte.

« Les schémas de développement communaux et pluri communaux doivent identifier et cartographier l’infrastructure verte en tenant compte des spécificités locales. Ils déclinent les liaisons écologiques régionales de manière à garantir des liens entre les milieux naturels et développer des services écosystémiques adaptes aux contextes et enjeux locaux. Dans les schémas de développement communaux (SDC) et pluri communaux (SDP), l’infrastructure verte tient compte de la cohérence à l’échelle supra locale et éventuellement transfrontalière des continuités écologiques et des sites voisins de conservation de la nature. » (SDT, p. 217)

Qu’est-ce que l’infrastructure verte (IV) ? La commission européenne la définit comme « un réseau stratégiquement planifié d’espaces naturels et semi-naturels présentant d’autres caractéristiques environnementales, conçu et géré pour fournir un large éventail de services écosystémiques, tout en améliorant la biodiversité. »  (A strategically planned network of natural and semi-natural areas with other environmental features, designed and managed to deliver a wide range of ecosystem services, while also enhancing biodiversity” (European Commission, Green Infrastructure))

Le réseau Natura 2000 est la colonne vertébrale de l’infrastructure verte. La stratégie européenne en faveur des IV promeut la protection, la restauration, la création et le renforcement des infrastructures vertes. En 2020, des chercheurs de la CPDT se sont penchés sur le concept et ont produit un vade-maecum à destination des acteurs du territoire.

Infrastructures vertes
Pourvoyeuses de services écosystémiques

Logo de la CPDT

Quelle différence entre le réseau écologique et l’infrastructure verte ? « L’infrastructure verte peut intégrer le réseau écologique qui est également composé d’espaces naturels, semi-naturels et artificiels (ces derniers se substituant aux écosystèmes naturels par les similitudes qu’ils présentent avec ceux-ci). La différence entre les deux réseaux tient essentiellement dans les objectifs qu’ils servent : alors que le réseau écologique est principalement dédié à la biodiversité, l’infrastructure verte cherche à répondre à différents enjeux sociétaux tout en constituant un support pour la biodiversité. » (Bruggeman D., Defer V., Hendrickx S., Legrand A., Verelst S., Godart M.-F. et Teller J., Infrastructures vertes : Pourvoyeuses de services écosystémiques, CPDT, 2020, p.10)

Le concept d’infrastructure verte est donc à la fois très intéressant et critiquable en même temps : la dimension « multifonctionnelle » des infrastructures vertes fait se côtoyer les enjeux écologiques, les enjeux sociaux et culturels (récréation de la nature, esthétique paysagère par exemple) : attention aux potentiels conflits de vision ou d’usage… Un des enjeux est que l’infrastructure verte puisse (re)créer un maillage en faveur du réseau écologique.

L’IV peut être mise en œuvre à toutes les échelles et dans tous les contextes, du plus rural au plus urbain. Mais « les surfaces agricoles et sylvicoles (…) ne sont incluses dans l’infrastructure verte que lorsqu’elles présentent un intérêt particulier du point de vue des services écosystémiques priorisés, qu’ils soient écologiques, hydrologiques, touristiques, paysagers, culturels, etc. » (idem, p.12)

L’infrastructure verte est constituée de pôles de l’infrastructure verte, soutenus par des éléments de support et reliés entre eux par des éléments de liaison :

Sa planification passe par

  • l’identification des espaces à préserver ou à créer en vue de fournir les services écosystémiques attendus (suite à l’analyse contextuelle du SDC)
  • l’intégration de ces espaces dans des documents d’aménagements du territoire, notamment de la carte de structure territoriale qui peut préciser :
    • les pôles centraux de l’infrastructure verte
    • les liaisons qui assurent la connectivité de l’IV
    • les éléments de support.

« Via les indications associées à la structure territoriale, un schéma de développement communal pourra se réserver l’opportunité de créer ou de ménager des espaces verts au sein des zones d’habitat (en précisant l’importance accordée aux espaces verts). » (idem, p.43)

Cartographier les IV

Pour plus de détails sur l’opérationnalisation de l’IV dans les SDC, (re)lisez le précieux vade-maecum de la CPDT. Pour planifier son infrastructure verte, il est essentiel de connaitre le réseau écologique présent sur son territoire. Bien que le réseau écologique régional n’ait finalement pas été adopté sous la précédente législature, il est possible d’établir une cartographie du réseau communal en mobilisant un certain nombre de données disponibles. Les communes possédant un PCDN (Plan Communal de Développement de la Nature) ont déjà une longueur d’avance pour cartographier ce réseau. Le Naturascope est un outil d’autodiagnostic développé par la Fondation Rurale de Wallonie et précieux pour identifier les forces et faiblesses du territoire communal et déterminer une stratégie et plan d’action pour protéger et renforcer les forces et répondre aux faiblesses. La page « ressources » de la plateforme La biodiversité dans ma commune reprend tous les outils cartographiques utiles pour cartographier son réseau.

Rappelons que les infrastructures vertes sont étroitement liées au concept de « solutions basées sur la nature ». Le site « Nature 4 cities » permet d’explorez le monde des solutions fondées sur la nature et les enjeux urbains auxquels elles répondent.  Ce site ludiquement-geek regorge de références.

Nature4cities – Garantir la continuité écologique du réseau écologique

Le contenu du site est également consultable dans un format plus « classique » sous la forme d’une base de données sur les Solutions Fondées sur la Nature (SFN) qui regroupe 57 fiches documentées suivant la même grille, de manière à fournir non seulement une description des SFN, mais aussi les enjeux urbains auxquelles elles répondent, les acteurs qu’elles impliquent, les freins et leviers que leur mise en place peut rencontrer.

Les autres mesures opérationnelles

En complément de la planification de l’infrastructure verte, l’application de la séquence ERC, les périmètres de protection des espaces excentrés et les coefficients de pleine terre et de biodiversité constituent des portes d’entrée opérationnelle importante pour prendre soin de la biodiversité et (re)créer une ville dense en nature.

La séquence “Eviter – Réduire – Compenser” (ERC)

Cette séquence s’applique dans l’ordre : l’objectif est d’abord d’éviter un maximum les impacts environnementaux d’un projet et en particulier celui sur l’artificialisation des sols, puis de les réduire et enfin de les compenser.

La maîtrise de la consommation des terres s’envisage selon la séquence ERC (éviter, réduire, compenser) : éviter la construction sur des terrains non artificialisés, réduire les impacts environnementaux de cette consommation quand l’urbanisation prend place sur des terrains non artificialisés et compenser les impacts environnementaux subsistants à l’échelle du territoire.” (SA1.P2)

SDT, 2024
SDT, 2024

La bonne application de la séquence se fonde sur une analyse minutieuse des impacts et la définition des mesures permettant de les éviter. Si des impacts ne peuvent pas être complétement évités, il convient alors de réduire les impacts résiduels. Enfin, si au terme de l’application des mesures d’évitement et de réduction, des impacts subsistent, il convient alors de les compenser. Les mesures de compensation doivent idéalement :

Source :  Guide pratique pour limiter l’artificialisation des sols, Ministère de la Transition écologique (France), 2021.

Cette séquence permet en outre de réfléchir en amont aux besoins du territoire et justifier leur localisation et d’optimiser la localisation du projet.

Le coefficient de pleine terre

Il faut regagner de la pleine terre ! Les sols sont le support de la vie sur terre : 25% de la biodiversité vit dans nos sols.  Le SDT recommande dans les mesures guidant l’urbanisation des mesures relatives à la superficie de pleine terre à préserver. Ces superficies sont déclinées selon la localisation des terrains dans les centralités ou dans les espaces excentrés. Ces recommandations sont minimales et les communes peuvent les affiner en fonction de leur contexte territorial, y compris par la mobilisation d’indicateurs complémentaires comme, par exemple, le CBS+.

Le coefficient de pleine terre, s’il est bien utilisé, peut vraiment contribuer à préserver les sols et à limiter leur artificialisation. Surtout si ce coefficient est couplé à un coefficient de biotope par surface  (CBS+) tel que l’Office français de la Biodiversité et le Cerema le recommande :

Branchu, P., Martin, M., Monod, K., Neaud, C., Le coefficient de pleine terre – Un outil de planification au service de la transition écologique des territoires, Juillet 2025, Office français de la biodiversité & Cerema.

Le CBS+ permet de caractériser le potentiel théorique représenté par un site pour la préservation ou le développement de la nature, et sa contribution plus large à la cohérence du réseau écologique. Autrement dit, il permet de fixer des objectifs de qualité écologique complémentaire au coefficient de pleine terre seule. Le CBS+ est déjà d’application en Région bruxelloise (16 MAI 2024. – Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale établissant un « Coefficient de biotope par surface » caractérisant le potentiel théorique d’un site pour la préservation ou le développement de la nature et de biotopes et leurs contributions à la cohérence du réseau écologique). Le site renature.brussels regorge d’informations sur le CBS+ et d’exemples de mise en pratique.

L’affectation des ZACC

Les ZACC sont des « zones d’aménagement communal concerté ». Dans leur SDC, les communes vont devoir préciser l’ordre de priorité de leur mise en œuvre et leur affectation.

Les communes doivent mettre en œuvre en priorité les ZACC situées dans les centralités. Attention mettre en œuvre les ZACC situées en centralité n’est pour autant pas synonyme d’« urbaniser toutes ces ZACC ». Si développer de l’habitat fait partie des affectations possibles, il est également possible d’y développer des espaces verts, espaces publics, équipements communautaires. Le choix d’affectation doit refléter les besoins mis en avant au terme de l’analyse contextuelle (besoins d’espaces pour les activités agricoles, protection de la biodiversité, protection des ilots de fraicheur (en réponse au risque d’ilot de chaleur), protection des services écosystémiques de régulation (infiltration des eaux, immersion temporaire, etc.).

Les ZACC situées hors centralité, en espaces excentrés doivent être prioritairement préservées de l’urbanisation.

Les périmètres de protection des espaces excentrés

L’inscription, via une révision du plan de secteur, d’une surimpression aux affectations du plan de secteur, des périmètres de protection des espaces hors-centralités est rendue possible dans les SDC. Cette inscription peut notamment répondre à la nécessité de déclasser une zone destinée à l’urbanisation pour tenir compte de contraintes à l’urbanisation (inondabilité par exemple) ou d’une volonté de préserver certaines terres de l’urbanisation.

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