Canopea face à une crise de financement : un contre‑pouvoir essentiel fragilisé

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Face à une réduction importante des subventions publiques wallonnes, la fédération est contrainte de placer l’ensemble de ses 32 employés en chômage économique cet été. Cette décision difficile intervient alors que la crise climatique et les épisodes de canicule rappellent l’urgence d’un travail indépendant, expert et structurant pour défendre le vivant et soutenir les associations environnementales.

Nous traversons cet été une période particulièrement difficile.

La réduction des subventions, qui représentent 76% de notre financement, nous contraint à mettre l’ensemble de nos 32 employé·es en chômage économique entre le 15 juillet et le 15 août, et au‑delà pour certain·es.

Cette décision, prise bien sûr à contrecœur, vise avant tout à préserver l’emploi dans l’attente de solutions plus durables.

Notre priorité est de garantir la continuité de nos missions au service de l’intérêt général et de maintenir l’expertise qui fait notre force.

Une équipe hautement qualifiée au service du bien commun

L’équipe de Canopea est composée de profils hautement qualifiés : ingénieur·es, chercheur·euses, titulaires de doctorats, spécialistes des politiques publiques environnementales ainsi que d’expert·es en communication.

Beaucoup pourraient prétendre à des perspectives de carrière plus avantageuses dans le secteur privé, mais ont choisi de mettre leurs compétences au service de la défense du vivant, de la santé, du bien commun et du soutien à l’écosystème associatif environnemental.

Au quotidien, ces expertises, promues par une équipe de communication réactive et créative, permettent d’analyser les politiques climatiques et énergétiques, d’accompagner les associations membres, de produire des avis et analyses, et de nourrir le débat public, notamment via l’éducation permanente, sur la transition écologique.

Les mesures budgétaires actuelles plongent l’équipe dans une situation de précarité, alors même que leur travail est crucial, notamment en période de canicule où les effets du dérèglement climatique se font sentir de manière très concrète.

Le rôle irremplaçable des contre‑pouvoirs

Nous jouons un rôle de contre‑pouvoir dans une démocratie saine : veiller à ce que les lois et les politiques publiques prennent réellement en compte les enjeux environnementaux et climatiques, et à ce qu’elles soient appliquées de manière cohérente.

Financer des contre‑pouvoirs solides n’est pas une option : c’est une condition de la qualité de notre démocratie.

Affaiblir la société civile environnementale par des coupes budgétaires fragilise la capacité collective à interroger l’action publique, à documenter les impacts des décisions politiques et à proposer des alternatives crédibles.

Indépendance et volonté d’aller de l’avant

Canopea est dépendante des financements publics, mais ne renonce pas à son indépendance.

« Nous ne nous muselons pas : quelle que soit la situation financière, nous continuerons à défendre le vivant, à porter la voix de nos membres et à rappeler l’urgence d’agir face aux changements climatiques » affirme avec détermination Pauline Modrie, directrice.

Depuis plusieurs années, nous travaillons de manière proactive à diversifier nos ressources : appels à projets, partenariats, financements privés, dons.

La concurrence est forte, et en tant qu’organisation structurante, nous veillons à ne pas entrer en compétition avec nos membres sur ces mêmes sources de financement.

Malgré les contraintes, une forte solidarité existe au sein de l’équipe.

Nous mettons toutes nos forces à la recherche de solutions qui permettront de stabiliser nos moyens, de consolider nos activités et d’assurer la pérennité du rôle que nous jouons pour la transition écologique en Wallonie.

Un appel à des moyens à la hauteur des enjeux

Cette crise de financement ne remet pas en cause le sens de notre engagement.

Elle souligne au contraire l’urgence de garantir des moyens stables, prévisibles et à la hauteur des enjeux pour les associations environnementales.

Pour poursuivre le travail d’analyse, de plaidoyer et de soutien au terrain dans une perspective de long terme, il est indispensable que les budgets publics reconnaissent la valeur des contre‑pouvoirs et de l’expertise environnementale.

C’est à cette condition que la société civile pourra continuer à jouer pleinement son rôle dans la transition vers une société plus juste, résiliente et respectueuse des limites planétaires.

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