Comment la construction impacte-t-elle notre territoire et l’environnement ?

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Le secteur du bâtiment est responsable d’environ 42 % des émissions mondiales annuelles de carbone – dont environ 27 % sont imputables à l’exploitation des bâtiments. A ce bilan, s’ajoute celui des quatre principaux matériaux de construction que sont l’acier, le ciment, le fer et l’aluminium, qui sont responsables d’environ 15% des émissions. (Why the Built Environment – Architecture 2030).

La manière dont nous bâtissons, l’énergie nécessaire pour construire, les matériaux et ressources naturelles auxquels nous avons recours participent à l’émission de gaz à effet de serre (carbone, ozone, etc) et autres substances (COV…). Les impacts environnementaux d’un bâtiment s’étudient également au niveau de sa localisation et des besoins en mobilité qu’elle induit et des moyens disponibles pour les usagers et occupants (voiture individuelle, transports collectifs, marche, vélo, etc.). En outre, la construction d’un bâtiment a des effets sur la biodiversité, les sols et les écosystèmes au sein desquels il s’implante.

Décarboner le secteur de la construction afin de diminuer drastiquement son poids dans le dérèglement climatique est indispensable. Néanmoins, agir à l’échelle seule du bâtiment, sans tenir compte de sa localisation et de son impact sur la biodiversité et le cadre de vie n’est pas suffisant.

Les enjeux de la décarbonation à l’échelle du bâtiment

Décarboner le bâtiment ne concerne pas que la phase d’usage et la consommation d’énergie liée aux besoins en termes de chauffage (ou de refroidissement). En France, “l’acte de construire représentait en 2019 de l’ordre de 26% de l’empreinte carbone de la chaîne de valeur bâtiment” (Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, 2023).

L’analyse de cycle de vie (ACV) est un outil intéressant pour mettre en évidence les enjeux et leviers de la décarbonation du bâti sans se limiter à un moment “isolé” de la vie du bâtiment (la phase d’usage par exemple). L’ACV comptabilise l’ensemble des impacts environnementaux d’un bâtiment en examinant chaque étape de son cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières (1) jusqu’à la fin de vie du bâtiment (5), en passant par le transport (2), le chantier (3) et l’utilisation du bâtiment (4) (voir infographie ci-dessous).

Infographie : Réduire l'impact carbone des bâtiments, Cerema
Infographie : Réduire l’impact carbone des bâtiments, Cerema

Cette prise en compte de l’ensemble des impacts carbonés d’un bâtiment se reflète dans la nouvelle version de la Directive Européenne sur la Performance Énergétique des Bâtiments (EPBD). A partir de janvier 2028, les bâtiments de 1000 mètres carrés ou plus devront faire l’objet d’une évaluation de leur contribution au dérèglement climatique sur l’ensemble de leur cycle de vie. Et à partir de janvier 2030, tous les bâtiments neufs devront réaliser cette évaluation. Le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) tiendra donc compte des émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation énergétique du bâtiment en phase d’utilisation (chauffage, production d’eau chaude, etc.) ainsi que des émissions générées par la production, le transport, l’installation et l’élimination des matériaux constituant le bâtiment. Elle est exprimée en kgCO₂eq/m² (de surface utile). À partir de 2030, les pays membres doivent fixer une valeur limite du PRP, selon différentes typologies de bâtiment. Cette valeur devra suivre une tendance à la baisse dans les années suivant son introduction.

Phase 1 : Extraction des matières premières

La production de matériaux de construction a des conséquences sur le climat et l’environnement, et ce, à chaque étape de son cycle de vie : de l’énergie nécessaire à son extraction et à sa production de matières premières, aux modifications des écosystèmes, en passant par son transport.

  • L’extraction des matières premières non renouvelables est un processus qui peut avoir des conséquences néfastes sur l’environnement telles que la destruction de zones naturelles, une consommation excessive d’énergie et d’eau, des rejets d’eaux polluées, etc.
  • La culture des matières premières renouvelables, qui s’étend parfois sur des surfaces considérables, peut engendrer des conséquences telles que la déforestation ou la destruction de zones naturelles, la pollution des sols et des nappes phréatiques, …
  • Leur transport est source d’émissions de gaz à effet de serre.
  • Le processus de transformation des matières premières requiert, de manière inhérente, des ressources énergétiques, une utilisation de l’eau et l’incorporation de produits auxiliaires. Il est également source d’émissions de gaz à effet de serre importantes.

Dans un contexte mondialisé, la valse entre matière première et matériaux peut donner le tournis. S’il arrive que des matières premières produites en Belgique (et éventuellement bardées de labels verts, comme pour le bois, par exemple) soient transformées en Chine avant d’être réimportées dans notre contrée (Roberfroid, 2021), d’autres nous arrivent des carrières italiennes (certain marbre) ou d’ailleurs (des Etats-Unis pour des matériaux comme le corian, par exemple (Corian, s.d.)). Chaque matière première a son propre cycle de vie et chaque matériau produit a sa propre empreinte carbone.

D’après le rapport «Global Material Resources Outlook to 2060: Economic Drivers and Environmental Consequences »  de l’OCDE (2019), l’impact environnemental mondial de l’extraction et de la production de sept métaux (fer, aluminium, cuivre, zinc, plomb, nickel et manganèse) et de matériaux de construction (béton, sable et graviers) va fortement augmenter, principalement au niveau de l’acidification, la pollution de l’air et de l’eau, le changement climatique, la demande d’énergie, la santé humaine et la toxicité de l’eau et des sols. L’acier et le béton, deux matériaux particulièrement utilisés pour les constructions neuves, représentent aux alentours de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (Trachte, 2025).

En Belgique, les constructions neuves sont particulièrement consommatrices d’acier (pour plus de la moitié des matériaux utilisés par mètre carré), et dans des proportions différentes, de céramique et de ciment (FPS Public Health, 2021).

Selon la typologie et la composition architecturale, un bâtiment neuf consommera plus ou moins de matériaux. D’après une étude menée par l’Ademe, la construction d’une maison individuelle consomme environ 40 fois plus de matériaux que la rénovation d’un bâtiment, la construction neuve d’un logement collectif, environ 80 fois plus (Marry, 2022).

Les matériaux de construction sont responsables d’une part de plus en plus importante de l’impact environnemental global d’un bâtiment (TOTEM – un Outil Belge Pour Améliorer la Performance Environnementale des Bâtiments | Guide Bâtiment Durable, s.d.).

Infographie : Cycle de vie du bâtiment, Gobbo, 2022
Infographie : Gobbo, 2022

Enfin, n’oublions pas que le secteur de la construction consomme, en Belgique, 33% des ressources en eau.  

Phase 4 : utilisation du bâtiment

Les émissions de gaz à effet de serre par personne pour se chauffer (et se refroidir) sont presque deux fois plus élevées en Belgique (1126 kg) que la moyenne européenne (650 kg) (Eurostat, 2024). En Wallonie, le secteur résidentiel est responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre. Ce secteur comprend principalement le chauffage des espaces et, dans une moindre mesure, l’eau chaude sanitaire et la cuisine (non électrifiée). Ces émissions, bien qu’ayant connu une chute significative durant la crise des prix de l’énergie, se sont stabilisées entre 2022 et 2023 (AWAC 2025).

Les émissions liées au chauffage dépendent de plusieurs paramètres principaux : l’isolation du bâtiment, son moyen de chauffage et son efficacité, la surface de contact avec l’extérieur ou encore la température intérieure et le volume chauffé. Un mélange donc de paramètres techniques et comportementaux. Pour expliquer les émissions très élevées de ce secteur, analysons les différents paramètres listés ci-dessus.

Isolation

Le bâti wallon est particulièrement ancien. Plus de 80% des logements ont été construits avant 1991, et plus d’un tiers l’ont été avant 1919 (Statbel, 2025) ! Cela explique la mauvaise isolation et donc les faibles performances énergétiques des bâtiments (PEB) : plus de la moitié des logements ont un label PEB parmi les pires classes (E, F et G) en Wallonie (SPW 2025).

La performance énergétique d’un bâtiment (PEB) se définit comme la quantité d’énergie primaire nécessaire pour répondre aux besoins énergétiques liés à une utilisation normalisée du bâtiment (chauffage, ventilation, production d’eau chaude sanitaire…) (SPW, 2025).

Performances énergétiques du parc immobilier résidentiel wallon existant (données cumulées) (SPW TLPE – DEBD, 2025).
Performances énergétiques du parc immobilier résidentiel wallon existant (données cumulées)1 (SPW TLPE – DEBD, 2025).

D’après une publication de 2019 de la Commission Européenne (Direction Générale de l’Énergie, 2019), pour les bâtiments résidentiels en Belgique, le taux de rénovation énergétique profonde2 est estimé à 0,2 %/an et le taux de rénovation énergétique moyenne3 à 1 %/an. Depuis, les taux de rénovation n’ont que peu évolué, comme en attestent les permis de bâtir et les chiffres du secteur de la rénovation, qui n’évoluent que peu. L’ambition de la Déclaration de Politique Régionale vise à tripler le nombre de rénovations annuelles, ce qui était déjà l’objectif du précédent gouvernement… Avec cet objectif en vue, une profonde réforme du soutien à la rénovation est en cours d’élaboration, dont l’entrée en vigueur est prévue à l’automne 2026. En parallèle, la directive européenne PEB 4 est en cours de transposition, et un nouveau plan national de rénovation (qui remplace la stratégie wallonne de rénovation à long terme) doit être rédigé pour décembre 2025, conformément à cette directive.

Moyens de chauffage

Les ménages wallons se chauffent principalement aux combustibles fossiles. Le mazout est en tête, avec environ 680.000 logements qui se chauffaient au mazout en 2023 selon le SPW (The Shifters Belgium, 2025), suivi par le gaz naturel. Les modes de chauffage plus durables sont encore marginaux, et ont une évolution mitigée.

Les pompes à chaleur, par exemple, sont encore anecdotiques dans notre pays, avec seulement 66 pour 1000 habitants (principalement en Flandre). À titre de comparaison, la Norvège en a 632, malgré son climat bien plus frais (EHPA, 2025b). Plus inquiétant, alors que leurs ventes avaient évolué positivement en 2023 (suite à la crise des prix de l’énergie), elles se sont effondrées de 40% en 2024 (EHPA, 2025a). Si le coût d’achat élevé des pompes à chaleur est un argument important, la raison principale pour laquelle si peu sont installées en Belgique est plutôt à chercher du côté du rapport anormalement élevé entre le prix de l’électricité et des combustibles fossiles (voir Joskin, 2024 pour plus d’explications), ce qui les rend peu compétitives.

La biomasse est également une ressource naturelle à considérer pour le chauffage. En effet, la forêt couvrant un tiers du territoire de la Wallonie, il semble plutôt résilient d’utiliser une ressource locale… Sauf que sa disponibilité n’est pas infinie. D’une part, les forêts sont déjà soumises à de nombreuses pressions, notamment en raison du dérèglement climatique (Roland, 2025). D’autre part, même si la Belgique est exportatrice nette de pellets depuis 2022 (principalement vers la France et les Pays-Bas), elle en importe néanmoins près de 260.000 tonnes (2022), principalement depuis les Etats-Unis (ce qui pose la question des conditions environnementales dans lesquelles sont produits ces pellets) (Filière Bois Wallonie, 2024). Une forte augmentation de la consommation de biomasse pour le chauffage ne semble donc pas raisonnable.

Enfin, les réseaux de chaleur sont une autre solution, collective, pour se chauffer de manière plus durable. Ils permettent en effet de donner accès à des sources de chaleur multiples et difficilement valorisables à l’échelle individuelle (comme la chaleur fatale, la géothermie, la riothermie,…). Alors que les réseaux d’énergie thermique couvrent déjà plus de 50% de la demande dans 7 pays européens, ils n’en sont qu’à leur balbutiement chez nous. On dénombre néanmoins un peu moins de 100 réseaux actifs en Wallonie pour une puissance totale installée avoisinant les 80 MW thermiques4, avec comme source de chaleur principale la biomasse.

Surface de contact avec l’extérieur

À nouveau, le bâti ne joue pas en notre faveur. Tout d’abord, la majorité des Belges, ayant “une brique dans le ventre”, vivent dans une maison. Selon Eurostat (2024), c’est le cas de 77% de la population, ce qui nous situe parmi les plus hauts taux d’Europe (51,7% en moyenne, avec des taux beaucoup plus bas, comme en Espagne : 34,4%). De plus, 38% de ces maisons sont des villas quatre façades (et, en moindre proportion, des fermes et châteaux) (Statbel, 2025). La conséquence est directe en termes de déperditions de chaleur, puisqu’un appartement est naturellement plus isolé des températures extérieures.

Température intérieure et volume chauffé

La température intérieure a bien évidemment un impact important sur la déperdition de chaleur, ainsi que le volume intérieur chauffé. L’essor du chauffage central combiné à des prix de l’énergie peu élevés dans la seconde moitié du XXème siècle a eu deux conséquences majeures : les températures des logements ont grimpé fortement, et cette température plus élevée s’est homogénéisée dans une bonne partie du logement, même lorsqu’on n’occupe pas les pièces chauffées ! Serait-il temps de repenser notre gestion du chauffage central ?

Évolution des températures intérieures (De Grave et al. 2024).
Évolution des températures intérieures (De Grave et al. 2024).

Les émissions liées au chauffage sont donc significatives et leur évolution n’est pas en ligne avec les objectifs climatiques belges. La transition du secteur du bâtiment implique de ne négliger aucun levier d’action, de les combiner de manière créative afin que chacun puisse trouver une solution adaptée à sa situation, à son bâtiment ou encore à son vécu. La rénovation énergétique et la transition vers des modes de chauffage durables sont absolument incontournables. Mais les leviers de sobriété liés à la surface habitée et à la température intérieure le sont tout autant.

Phase 5 : production de déchets et fin de vie

Le volume total des déchets de construction et de démolition en Wallonie est d’environ 6 millions de tonnes par an, ce qui représente 45,8 % du gisement des déchets industriels produits annuellement en Wallonie ; il y a en outre 10 millions de tonnes de terres excavées (SDT, 2024).

« Une estimation faite dans le cadre du Plan wallon des déchets – Horizon 2010 répartit la provenance des déchets de construction et de démolition à concurrence de :

  • 36 % de travaux hydrauliques et routiers ;
  • 6 % de travaux de construction de bâtiments neufs ;
  • 6 % de travaux de rénovation ;
  • 52 % de travaux de démolition (dont 21 % de démolitions résidentielles)

La composition des déchets dépend du type d’ouvrage démoli ainsi que des matières utilisées lors de la construction. » (Courard, 2006)

En Wallonie, ce sont environ 10 millions tonnes de terres qui sont excavées chaque année (Delloge, 2022). A titre d’échelle, il faut 533 .333 camions-bennes d’une capacité de 30 tonnes pour évacuer les terres excavées issues de travaux de construction. Ces déchets sont pour la grande majorité (plus de 80%) “recyclés”. Mais, par exemple, le concassage du béton (le matériau le plus présent en masse dans les déchets) pour en faire un matériau de remplissage compte, alors que cet usage dégrade fortement le potentiel initial du béton. Globalement, que les pratiques de réemploi sont supposées être monitorées dans le cadre de la Directive européenne sur les déchets.

« Le bilan en énergie grise est bien plus favorable en rénovation qu’en construction neuve pour des performances énergétiques comparables. On peut le considérer de trois à cinq fois moins important pour une surface habitable équivalente. » (Opdebeeck, 2014 )

Outre les émissions directes et indirectes émises tout au long du cycle de vie d’un bâtiment, sa localisation elle-même génère des impacts sur les sols.

Changement d’occupation des sols : une limite planétaire dépassée

Largement méconnus alors qu’ils sont essentiels à la vie sur terre, les sols sont en danger et leur changement d’occupation est une des 9 limites planétaires dépassées (Richardson, 2023).  La notion de limite planétaire a été définie par des scientifiques du Stockholm Résilience Centre (SRC) en 2009 et fait référence aux seuils au-delà desquels les équilibres naturels terrestres pourraient être déstabilisés et les conditions de vie devenir défavorables à l’humanité. Autrement dit, il s’agit du plafond au-delà duquel la terre deviendra inhabitable pour un certain nombre d’espèces, dont la nôtre. Une de ces limites concerne le changement d’occupation, c’est-à-dire, la transformation des paysages naturels, notamment par la déforestation et l’urbanisation, la perturbation des écosystèmes et la réduction des fonctions écologiques, telles que la séquestration du carbone et la filtration et infiltration des eaux de pluie.

Illustration : les neuf limites planétaires. Source CGDD, 2023, issu de Limites planétaires, Commissariat général au développement durable. (2023, 20 novembre)
Illustration : les neuf limites planétaires. Source CGDD, 2023, issu de Limites planétaires, Commissariat général au développement durable. (2023, 20 novembre)

A l’échelle mondiale, ce changement d’occupation des sols est mesuré en comparant la surface forestière actuelle à celle d’avant 1700. La forêt occupe un tiers de la superficie du territoire wallon et ce chiffre est plutôt stable depuis la fin du 19ème tandis que les sols naturels et agricoles sont de plus en plus grignotés par l’urbanisation. En 2021, la superficie de sols artificialisée en Wallonie est estimée à 15,2 % du territoire (minimum 10,8 % et maximum 16,0 % (SPW, 2022)). L’artificialisation des sols est définie comme la modification de l’état naturel (prairie, zone humide, …), forestier ou agricole par un processus d’urbanisation : construction d’un bâtiment, pose d’un revêtement de sol (imperméable ou non), modification des usages d’un sol (jardins, espaces verts urbains, équipement sportif…). Si un ralentissement de l’artificialisation des sols avait été observé entre 2015 et 2019, l’artificialisation repart à la hausse.

Source : Indicateurs statistiques - Gain et perte de superficies des principales utilisations du sol. IWEPS
Source : Indicateurs statistiques – Gain et perte de superficies des principales utilisations du sol. IWEPS

En Wallonie, la construction de bâtiment résidentiel a été le principal facteur d’augmentation de l’artificialisation des sols. Le moteur de cette urbanisation a été la croissance démographique, mais celle-ci n’explique pas, à elle seule, l’augmentation des superficies consacrées aux terrains résidentiels : entre 1985 et 2023, tandis que la population augmentait de 14,8%, la superficie des espaces résidentiels augmentait de 55,4% (Charlier, 2024a). Sans entrer en détail dans les mécanismes qui ont participé à cette décorrélation entre augmentation démographique et artificialisation des sols5, celle-ci traduit une tendance à l’étalement urbain. L’étalement urbain comporte trois dimensions :

  • La consommation de terres agricoles, forestières ou naturelles par l’urbanisation (artificialisation)
  • Une consommation élevée de la ressource « sols » par unité bâtie (m²/habitant ou m²/emploi, par exemple) :
  • La superficie résidentielle moyenne par habitant a grimpé de 225,0 m²/habitant en 1985 à 305,2 m²/habitant en 2023. Autrement dit, chaque habitant a, en moyenne, consommé davantage d’espace au sol pour son habitat (résidence principale et/ou secondaire, jardin, cour, garage, etc.) (Charlier, 2024a).

Cependant, cette dynamique n’est pas uniforme sur tout le territoire wallon et, si les superficies augmentent dans certaines communes, elles diminuent dans d’autres.

Évolution de la superficie résidentielle par habitant entre 2013 et 2023 (Charlier, 2024a)
Évolution de la superficie résidentielle par habitant entre 2013 et 2023 (Charlier, 2024a)
  • La production de logements est supérieure à la croissance du nombre de ménages. Le ratio entre le nombre de nouveaux logements produits et le nombre de nouveaux ménages est en effet devenu supérieur à 100 % à partir de 2005 et s’élevait en moyenne à près de 195 % sur la période 2010 – 2019 (SPW, 2023),
  • La production de logements plus ou moins consommateurs en sol. La typologie des logements produits varie entre les communes rurales et les communes urbaines. Dans les communes rurales, la proportion de permis octroyés est majoritairement orientée vers la construction de maisons unifamiliales tandis que, dans les villes, les permis portent sur une proportion plus importante de production d’appartements (SPW, 2023). Les communes des principales agglomérations urbaines se caractérisant par une urbanisation relativement dense (SPW, 2023).
  • En matière de positionnement spatial, une dispersion de l’artificialisation ou des activités humaines (résidentielles et économiques) sur le territoire. L’étude statistique de la variation de la population au sein de six types de communes (zones rurales dispersées, villages, zones périurbaines, villes semi-denses, villes denses, agglomération) permet d’établir qu’entre 1977 et 2023, « les communes qui connaissent les plus fortes croissances démographiques relatives ces dernières années sont des communes à vocation résidentielle dominante, des communes peu denses et peu équipées et donc fortement dépendantes d’autres communes pour l’accès à l’emploi et aux services » (Charlier, 2024b, p.2). Ceci est confirmé par l’analyse des évolutions du nombre d’habitants selon la proximité aux centralités considérées comme bien équipées en services à la population. En 2021, les territoires les plus éloignés des lieux équipés en services et qui rassemblent un peu moins de 6,4% de la population wallonne ont capté 9,6% de la croissance démographique. En outre, les espaces plus centraux sont marqués par une décroissance de la population (Charlier, 2024, b ; Vandenberghe, 2025).
Infographie : Les différentes dimensions de l’étalement urbain, IWEPS, 2021
Infographie : Les différentes dimensions de l’étalement urbain, IWEPS, 2021

L’étalement urbain fait tache d’huile : il s’étend en périphérie des villes, loin de leur cœur, hors des centralités. Il s’étale en ruban, le long des chaussées, avec des maisons isolées ou bien en grappe, dans des lotissements6 un rien plus denses, mais toujours aussi reculés dans les campagnes. Il pousse aussi à partir de villes et villages ruraux, pris dans l’air d’influence des agglomérations. Le résultat est une urbanisation émiettée, faite de territoires urbains, périurbains et ruraux qui enclavent les espaces agricoles, forestiers et naturels. Notons que l’étalement urbain ne concerne pas que les implantations de logements. L’implantation d’activités économiques, loin des centralités et avec une faible densité d’emplois par hectares, participent également à l’augmentation de l’artificialisation des sols et l’étalement urbain.

« L’influence des villes se développe sur des territoires considérablement élargis où « villes » et « campagnes » se mêlent sous des formes hybrides et inédites. Il en résulte que la transition urbaine est en réalité une transition périurbaine, ce qui ne manque pas de poser de redoutables questions de gouvernance et de politiques publiques. » (Halleux J.-M, 2015)

Les sols ne sont pas qu’une surface foncière

L’aménagement du territoire possède une fâcheuse tendance à aplanir les sols et à les considérer comme des surfaces sur lesquelles bâtir. Les sols sont bien plus que cela : leur épaisseur varie de quelques centimètres à plusieurs mètres, entre la couche (horizon) supérieure plus ou moins riche en matières organiques et la roche sous-jacente non altérée. Chaque horizon a des aspects et propriétés différentes et joue un rôle dans les interactions chimiques et biologiques entre l’air, l’eau et la roche. Les sols sont composés d’air et d’eau, de matières minérales, de matière organique et d’organismes vivants (plantes, animaux, microorganismes, etc.). Ils forment un écosystème complexe au service des autres écosystèmes et soutiennent les cycles et l’eau et de régulations biogéochimiques (oxygène, azote, carbone…). Ils abritent 25% de la biodiversité terrestre. Les sols sont le support de la végétation, en offrant un ancrage pour les racines, des réserves en eau et en nutriments (grâce à la décomposition de la matière organique). Leurs propriétés (textures, porosité, teneur en matière organique, etc.) influencent leur capacité à retenir l’eau (zone humide), à l’infiltrer ou au contraire à la laisser ruisseler et également leur capacité à filtrer les polluants, etc. Les organismes vivant dans et sur les sols assurent la décomposition et l’enfouissement du carbone dans le sol, faisant d’eux des « puits de carbone » naturels. La « capacité » du sol, « ce qu’il fait » est souvent qualifié de fonction. Autrement dit, les fonctions du sol sont des ensembles d’attributs (qualités biogéochimiques), d’interactions et processus, qui ensemble jouent un rôle. La capacité du sol à fonctionner correctement détermine sa capacité à fournir des services pour l’être humain et l’environnement (services écosystémiques).

Les sols fournissent des services écosystémiques essentiels à la vie sur terre - FAO, 2015
Les sols fournissent des services écosystémiques essentiels à la vie sur terre – FAO, 2015

L’ensemble des fonctions du sol bénéficient à la vie humaine. Elles soutiennent les actions d’atténuation (stockage du carbone) et d’adaptation au changement climatique (régulation des crues), contribuent à la qualité du cadre de vie en garantissant bien-être (patrimoine paysager, culturel, habitabilité du territoire) et bonne santé (purification de l’air, filtration des eaux), fournissent des matériaux de construction, des végétaux pour la production de biomasse (chanvre, lin, bois, etc.), ressources alimentaires diversifiées, sans oublier les ressources pour un grand nombre de nos médicaments.

Les sols sont non renouvelables à l’échelle des civilisations humaines : de 500 à 1000 ans sont nécessaires pour renouveler quelques centimètres de sol. Mais il faut parfois moins d’une vie humaine pour les dégrader et conduire à une perte de fonctions essentielles au sein des écosystèmes. La Cour des comptes européenne a publié en 2023 un rapport sur la santé des sols européens et le résultat est alarmant : « 60 % à 70 % des sols européens ne sont pas en bonne santé, en raison notamment de mauvaises pratiques de gestion des sols et des effluents. » (Cour des comptes européenne, 2023)

Si un des services rendus par les sols est d’être le support de nos activités et constructions, il est essentiel de ne pas en abuser et de faire preuve de parcimonie – ce qui est loin d’être la tendance actuelle. Or, l’artificialisation des sols provoque différents types de dégradation : perte de sols agricoles, naturels et forestiers, diminution de la matière organique, érosion, compaction, acidification ou salinisation, désertification, pollutions locales et diffuses, imperméabilisation, etc. Ces dégradations créent de nombreux risques :

  • Perturbation du cycle de l’eau : incapacité du sol à infiltrer les eaux pluviales et donc, augmentation du risque d’inondation par ruissellement et coulées de boue, débordement de cours d’eau et/ou de circuits d’égouttage et baisse de la recharge hivernale des masses d’eau souterraines,
  • Diminution ou arrêt de l’activité biologique des sols, souvent combinée à un manque de matière organique et donc diminution ou arrêt des fonctions liées au stockage du carbone ou au cycle des éléments,
  • Destruction d’habitats naturels (dans et sur les sols) et fragmentation du territoire, deux causes de l’effondrement de la biodiversité
  • Impact sur le microclimat urbain et formation d’îlots de chaleur dans les espaces très urbanisés et imperméabilisés

Les effets des dérèglements climatiques font déjà partie de notre quotidien et nous assistons aux conséquences désastreuses qu’ils provoquent. Certaines sont très visibles : inondations, canicules, incendies. D’autres sont plus progressives : décalage des dates de récoltes, érosion des sols, chute estivale des feuilles d’arbre, diminution de la hauteur des cours d’eau… Quelles que soient les conséquences, adopter des politiques d’atténuation des causes des dérèglements climatiques et d’adaptation aux effets de ceux-ci reste urgemment indispensable. Les sols sont nos alliés dans ces missions. Il est urgent de prendre soin d’eux afin de garantir l’habitabilité de notre territoire et leur capacité à nous fournir leurs précieux services écosystémiques. Rétablir la bonne santé des sols et adopter des pratiques respectueuses des sols (maintien de couvert végétal, maintien de l’humus dans les sols, perméabilité des sols, diversité du couvert végétal, etc.) doivent être favorisés partout où c’est déjà possible (espaces verts et végétalisés des communes, jardins privés, espaces verts des parcs d’activité économique, terres agricoles, …). Et limiter très fortement notre consommation de sols non artificialisés est essentiel.

Fragmentation des espaces naturels

L’étalement urbain est le résultat d’une multitude de projets d’ampleurs variées : logements issus de la filière de l’autopromotion, en continuité des centralités ou en ruban le long des nationales, logements issus de la filière de la promotion immobilière, zones d’activités commerciales et/ou économiques, grandes infrastructures de transports (rails, routes, avions, etc.), de production d’énergie, de traitements des déchets et des eaux, etc. Ces aménagements participent à la fragmentation des espaces naturels, c’est-à-dire au morcellement de zones naturelles continues en petites zones, plus ou moins reliées entre elles et à la création de « barrières » écologiques (routes, bâtiments, absence de végétation, etc.). Cette fragmentation réduit la surface des habitats, crée une scission dans le réseau écologique et empêche la circulation des espèces, les isolant. La fragmentation des espaces naturels est considérée comme une des causes d’érosion de la biodiversité.

Les liens entre étalement urbain, l’artificialisation des sols et la fragmentation des espaces naturels, European Environment Agency, 2022
Les liens entre étalement urbain, l’artificialisation des sols et la fragmentation des espaces naturels, European Environment Agency, 2022

Et autres externalités négatives

Nous l’avons vu, l’artificialisation des sols est nourrie par une consommation importante de surface de sols par habitant et une tendance à l’étalement urbain qui elle-même augmente l’artificialisation des sols. Outre les effets directs sur les sols et la fragmentation des habitats naturels, l’étalement urbain présente d’autres conséquences néfastes sur le plan environnemental, social et économique, parmi lesquelles :

  • La dépendance à la voiture : en Wallonie, la voiture individuelle, très majoritairement thermique, domine les déplacements : plus de 70 % des trajets quotidiens s’effectuent en automobile, un mode de transport qui structure nos territoires, nos modes de vie et notre rapport à l’espace public (Ritonto & Calay, 2025). Outre les émissions directes de GES, la voiture émet des particules fines via les gaz d’échappement et l’usure des pneus (environ 10% des particules de pneu émises finissent en suspension dans l’air que nous respirons, principalement sous forme de particules ultrafines (Jamar, 2023)). A cela s’ajoutent le bruit, l’occupation de l’espace public (surtout compte-tenu de l’augmentation constante de la taille des véhicules (Courbe, 2014)) et donc les coûts de création et maintien des infrastructures routières (la Wallonie compte un des réseaux d’infrastructures routières les plus dense d’Europe (Charlier & Juprelle, 2022)). Les coûts relatifs au transport sont le troisième poste de dépenses des ménages après le logement et l’alimentation. Pour le quart des ménages wallons ayant de faibles revenus, la part de dépenses consacrées aux transports représente 10% – ce qui, agrégé à leurs dépenses relatives au logement fait grimper la part des dépenses essentielles à 50% (Ritonto & Calay, 2025).
Boucle d’interactions de la dépendance à l’automobile – étalement urbain – Source : Charlier et Juprelle, 2022
Boucle d’interactions de la dépendance à l’automobile – étalement urbain – Source : Charlier et Juprelle, 2022
  • Un manque de mixité intergénérationnelle et socio-économique : Les inégalités spatiales se traduisent par une séparation résidentielle selon des critères économiques et sociaux, créant des quartiers riches et pauvres avec peu d’interactions. Cette ségrégation peut être renforcée par différents phénomènes :
  • La construction de lotissements de maisons homogènes engendre une concentration à un même endroit d’une population aux caractéristiques sociodémographiques très proches et donc un manque de mixité intergénérationnelle (quand les typologies de logement sont semblables et construites sur une période courte) (Charlier, 2024, d) ;
    • Les ménages tendent à privilégier des quartiers qui reflètent leur identité sociale ou aspirent à un statut plus élevé (Ulas, 2025) ;
    • Les dispositifs de logement social peuvent contribuer au rassemblement de populations modestes dans des secteurs spécifiques, bien qu’une attention soit portée au mélange de personnes et ménages aux caractéristiques économiques diverses (Bervoets & Loopmans, 2010), tandis que les investissements en infrastructures ou en équipements publics rendent certains territoires plus attractifs, notamment en périphérie. Ces interventions façonnent directement les dynamiques spatiales et contribuent parfois à renforcer les inégalités entre les territoires (Ulas, 2025).
  • Un surcout des infrastructures notamment relatives aux réseaux de la distribution d’eau potable et de l’assainissement des eaux usées (Halleux, al., 2008)
  • La production de « friches » et autres espaces délaissés : les processus actuels de fabrique de la ville produisent une forme de « déchets » urbains : les friches et espaces délaissés et vacants (GRISOT, 2020). La définition des friches et/ou espaces délaissés n’est pas stabilisée (CHARLIER et REGINTER, 2024, novembre). En Wallonie, nous parlons de Sites à réaménager (SAR) et leur définition est assez restreinte : « bien immobilier ou un ensemble de biens immobiliers qui a été ou qui était destiné à accueillir une activité autre que le logement et dont le maintien dans son état actuel est contraire au bon aménagement des lieux ou constitue une déstructuration du tissu urbanisé » (CoDT, Art. D.V.1, § 1). D’après un inventaire ajusté en 2024, les SAR couvrent environ 3.228 ha du territoire wallon en 2021(SDT, 2024). Sur les 262 communes de Wallonie, 245 comptent un SAR de fait sur leur territoire (CHARLIER et REGINSTER, 2024). Dans ce comptage n’apparaissent que les SAR de fait ou assimilés, une série de sites échappent donc potentiellement à cet inventaire.

La construction de nos espaces bâtis, qu’ils accueillent du logement, des infrastructures économiques, de transport, de culture, loisirs et sports, etc. ont, selon leur typologie et architecture, des impacts environnementaux non négligeables. De la construction à l’urbanisation, notre empreinte environnementale est trop grande et participe à la dégradation des conditions d’habitabilité de la planète et de notre cadre de vie. 

« La transition écologique et la lutte contre les changements climatiques concourent à un usage prudent des ressources épuisables et à la préservation des diversités biologiques et culturelles pour une planète meilleure à vivre. Le maintien des solutions architecturales urbanistiques et techniques d’hier, ainsi que des modes actuels d’habiter, de travailler, de s’alimenter et de se déplacer, est incompatible avec la tâche qui incombe à nos générations : contenir puis éradiquer les dérèglements globaux. » (Bornarel, 2018)

Comment réinventer l’aménagement du territoire ? Comment réinventer l’acte de bâtir ? Comment concilier les limites planétaires et la réponse à nos besoins de logements (entre autres choses) ? Penseurs, chercheurs, bâtisseurs, urbanistes se penchent sur ces questions depuis quelques années maintenant et, si les approches théoriques divergent parfois, une réponse convergente émerge de plus en plus fermement : en valorisant le déjà-là et l’existant, avant tout – si pas uniquement.

Nous aurons l’occasion de poursuivre la réflexion dans notre prochain dossier d’analyse critique d’un enjeu socio-environnemental consacré à la densification douce et en particulier à la division de maisons.

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  1. Parc immobilier d’avant mai 2010, c’est-à-dire logements avec permis d’urbanisme antérieur à mai 2010. Statistique établie au 20/08/2024 (données cumulées), sir base des données collectées lors des transaction (location/vente) ou, plus récemment, lors de la réalisation d’un audit énergétique. ↩︎
  2. Réduction de la consommation d’énergie primaire de plus de 60 %. ↩︎
  3. Réduction de la consommation d’énergie primaire de 30 % à 60 %. ↩︎
  4. Selon l’ancien ministre Philippe Henry en 2023, en réponse à une question écrite de François Desquenes.https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=interp-questions-voir&type=28&iddoc=124663 ↩︎
  5. A ce sujet, nous vous conseillons vivement la lecture du dossier Stop béton, le territoire au service de l’urgence climatique et sociale rédigé par notre collègue Hélène Ancion en 2019 et l’article « La périurbanisation résidentielle en Belgique à la lumière des contextes suisse et danois: enracinement, dynamiques centrifuges et régulations collectives » de Jean-Marie Halleux, Laurent Brück et Nicolas Mairypublié par la Revue Belge de Géographie. ↩︎
  6. C’est-à-dire un groupement d’habitations individuelles. ↩︎