Comment sécuriser les arrêts TEC  ?

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Les arrêts des bus du TEC ne semblent pas toujours bien pensés, entretenus ou placés. Mais qui est chargé de sécuriser ces endroits et comment les améliorer?

La TEC (pour Transport En Commun) est responsable du réseau de bus en Wallonie, chaque bassin de mobilité ayant son propre pôle (ou « Business Unit »). Ce sont eux qui décident la mise en place des lignes, des horaires, des arrêts, et qui se chargent de l’aménagement de ces derniers.

Par contre, si le TEC est en charge de vérifier l’opportunité d’installation -en vérifiant l’argumentation proposée, la densité de population, les lieux attractifs aux alentour, le type de lignes et la distance à l’arrêt le plus proche… -, et d’approuver et d’installer les nouveaux arrêts, ce sont les gestionnaires de voiries (la Région ou la commune, selon le cas) qui définissent les aménagements spécifiques.

Pour les abribus standard, leur demande provient donc des communes, et le TEC est simplement chargé de placer l’abri et de le financer (à 80 %). Pour les autres types d’abris, soit la commune réalise un marché public qui permet l’obtention de subvention du TEC, soit l’abri est publicitaire ou ne respecte pas les spécifications du TEC et, dans ce cas, la commune est chargée de financer l’arrêt complet. Dans tous les cas, une fois placé, l’abribus appartient à la commune, ce qui veut dire que c’est à elle de l’entretenir. Pour avoir des arrêts propres, éclairés avec un accès adéquatement sécurisé, c’est donc bien à votre commune qu’il faut s’adresser !

Mais concrètement, comment l’arrêt peut-il être plus sécurisé?

La première étape, déjà mentionnée plus haut, est de placer un véritable abribus. Celui-ci protège non seulement des conditions météo, mais permet aussi une plus grande visibilité pour les automobilistes et peut constituer une première barrière de protection. Une bonne luminosité au niveau et aux abords des arrêts peut également améliorer la sécurité de l’emplacement. Cela permet d’être vu par les conducteurs, surtout en hiver où la nuit tombe tôt et le matin tarde venir.

En plus de l’arrêt en lui-même, il faut surtout sécuriser l’accès à celui-ci.

C’est en effet un problème récurrent en zones périurbaines ou hors agglomération : les arrêts sont tout simplement inaccessibles. Dans les zones urbaines, et surtout quand les bus circulent dans des zones 30, l’accès aux arrêts est plus sûr (passages piétons, vitesse limitée, coussins ralentisseurs…) et les jeunes utilisateurs se retrouvent moins souvent à proximité immédiate des voitures (trottoirs…). Mais hors agglomération c’est une autre histoire : de nombreux accès aux arrêts ne sont pas sécurisés (aucun trottoir, pas de visibilité ou de possibilité de traverser…), et ce, y compris sur des routes où la vitesse est limitée à 90 km/h. Mais alors quelles actions peuvent être réalisées et par qui ?

Réduire la vitessepratiquée?

Le Code de la route stipule qu’il faut approcher les arrêts à « vitesse modérée » et réduire fortement sa vitesse, voire s’arrêter à l’approche d’un bus… Mais qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Il n’y a malheureusement pas de réponse claire à cette question. Les limitations de vitesse sont régionalisées, et la vitesse jugée acceptable est souvent trop élevée aux abords des arrêts. Rien qu’à 50 km/h, le risque de décès en cas de collision est 5 fois plus élevé que pour une collision à 30 km/h et à 90 km/h, elle est presque toujours fatale.

Une réduction de la vitesse à proximité des arrêts (surtout ceux fortement utilisés par les écoliers) permettrait également d’implanter certaines protections. Tous les dispositifs de limitation de vitesse ne sont bien sûr pas adaptés au passage régulier des transports en commun. En revanche, certains dispositifs comme les coussins (des surélévations implantées), les plateaux bus, ou encore les chicanes avec ou sans vélo le sont, et leur installation permettrait de pousser les automobilistes à être plus attentifs aux usagers des transports en commun ! Toutefois, ces dispositifs sont réservés aux zones limitées à 50 km/h et moins, car leur implantation sur des routes à plus haute vitesse serait dangereuse. Cela laisse donc de nombreux arrêts sans défense. La seule solution : réduire la vitesse maximale autorisée aux abords des arrêts !

Les passages piétons et des trottoirs ou accotements praticables? Pourraient-ils être une solution pour sécuriser l’accès aux arrêts?

Il existe plusieurs types de passages piétons et, là encore, hors agglomérations, en placer un n’est pas une mince affaire. En effet, sur les voies rapides sans feux de circulation, ces passages sont dangereux, car, même s’ils donnent priorité, ils n’offrent pas de protection et le conducteur risque d’être surpris par les piétons. Il serait cependant possible de s’inspirer d’autres pays comme la Suisse et d’associer les passages piétons à des feux de circulation : là-bas, si 85 % des véhicules dépassent 60 km/h, les passages piétons doivent être accompagnés de feux. Ils sont cependant interdits quand les voitures dépassent les 80 km/h

Pour sécuriser l’accès et permettre aux usagers de rejoindre de manière sécurisée les arrêts de transport en commun, il se dessine donc une étape nécessaire : réduire la vitesse aux abords des arrêts. C’est la première étape qui permettra de mettre en place les dispositifs de sécurisation nécessaires (coussins, passages piétons…) et d’éviter les accidents avec les usagers faibles.

Alors que proposer comme adaptation dans les réglementations?

  • Imposer la mise en place systématique de zone de sécurité (limitation de vitesse à 50 km/h ou 30 km/h) autour des arrêts de bus avec signalisation obligatoire
  • Aménager des passages piétons sécurisés et installer en amont des arrêts de bus des coussins surélevés.
  • Installer des dispositifs pédagogiques aux abords des arrêts pour inciter les conducteurs à ralentir
  • Éclairer les accès et les arrêts de transports en commun une fois la nuit tombée

Crédit image illustration : Adobe Stock

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