Conférence sur la réindustrialisation de la Wallonie

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Ce 18 décembre, la CSC, la FGTB et Canopea organisaient une conférence sur l’avenir de l’industrie en Wallonie. 

Les  organisations voulaient, avant tout, rappeler que la réindustrialisation de notre Région mais aussi de l’Europe ne pourra se faire sans les travailleurs et sans la société civile. Petit compte rendu. 

Des experts dressent un constat très préoccupant 

Judith Kirston de IndustriAll Europe (syndicat européen de l’industrie) a posé le cadre :  une vraie crise existentielle industrielle qui menace la pérennité d’une industrie européenne future. Elle souligne aussi une financiarisation de l’industrie et un découplage entre productivité et salaires.  

Elle présente les principales demandes des syndicats au niveau européen, dont une vraie politique industrielle européenne avec participation des syndicats et une nécessité de dégager les possibilités d’investissements adéquats.  

Yves Marennes de l’ ICEDD (Institut de Conseil et d’Études en Développement Durable) présentait le rapport clé sur la décarbonation de l’industrie wallonne,

mettant notamment en avant l’importance et les défis de l’électrification, mais aussi d’un réseau pour le captage et le stockage du CO2.  Sécuriser le prix de l’électricité (PPA, communautés d’énergie) pour les industriels sera une mesure clé pour garantir une décarbonation industrielle… et un avenir. 

Les ONGs et les syndicats exposent leurs recommandations

Zoé Ronge de la FGTB portait le point de vue syndical. 

Elle a insisté sur un pilotage public fort et la mise en place d’une véritable transition juste, ce qui passe notamment par conditionner les aides publiques à l’industrie,  à la décarbonation et à l’emploi et garantir les droits sociaux des travailleurs dont des  formations, des accompagnements à la reconversion ou l’implication syndicale dans les plans de transition. 

Arnaud Collignon, représentant Canopea, critique la mainmise des grands industriels sur le débat et alerte sur l’impact environnemental de l’industrie.  

La société civile doit se réapproprier le débat industriel pour une transition écologiquement cohérente. Il met l’accent sur l’importance des politiques sur la demande, comme celles visant à réduire la consommation, à imposer des normes de durabilité, à viser la sobriété en se posant la question du  »pourquoi produire ». Il  rappelle aussi le manque de priorisation de l’action publique. Le défi prioritaire doit être l’électrification et la mise en place de conditionnalités sociale et environnementale pour les aides publiques aux  industries.

Et les soumettent à toutes les parties prenantes

Pour réagir à ces éléments de contexte et  aux propositions syndicales et des ONGs, nous avions convié un panel plus large regroupant employeurs (Anne Sophie Snyers , Secrétaire générale de l’UCM, les PMEs et Carlo Morettin responsable de la décarbonation du groupe d’acierie APERAM qui discutaient avec Jean Francois Tamellini (Secretaire générale de la FGTB Wallonie), Daniel Cornesse (secrétaire national de la CSC) et Agathe Defourny (responsable politique de Canopea).

Ce débat fut l’occasion de dégager un certain nombre de points de convergence, comme le très préoccupant déficit de compétitivité de l’industrie  ou la nécessité de transformer l’industrie pour assurer sa survie, notamment en investissant massivement dans un appareil industriel plus efficace énergétiquement. Le mur d’investissement auquel les acteurs industriels et les autorités doivent faire face est un énorme défi, clairement identifié, bien que les propositions déposées pour y remédier, notamment la conditionnalité des aides, effraient quelque peu les employeurs. Si le rôle central de l’état comme ordonnateur de cette transition industrielle fait consensus, son rôle précis ou la question de savoir comment et jusqu’où il faut favoriser certains secteurs ou acteurs industriels dans un contexte budgétaire contraint, fait débat.

Le rôle central de l’électrification et les freins majeurs pour y arriver sont identifiés par tout le monde comme un des  grands défis auquel la Région doit faire face. Des infrastructures clés comme la boucle du Hainaut ont été identifiées par tous les acteurs comme cruciales, mais aussi la nécessité de revoir les règles d’accès aux réseaux électriques ( la question des data center qui cannibalisent les capacités du réseau inquiète, par exemple, tous les acteurs). 

La place du CCS (la capture du carbone) fait débat, Canopea craignant que cette technologie incertaine ne cannibalise les moyens et l’attention des autorités publiques tandis que Aperam souligne qu’en Wallonie, la décarbonation forcément passer par son développement. 

Autour de la table, un consensus émerge sur le fait que la transition industrielle concerne tous les acteurs et qu’à ce stade, les autorités fédérales et régionales consultent trop peu en dehors des fédérations industrielles. Le débat montre en tous cas la vertu d’un dialogue constructif notamment sur la manière d’intégrer les travailleurs ou les syndicats dans une transition industrielle juste…  Un appel à continuer ces discussions.

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