Depuis les années 1970, les traités internationaux et les législations européennes se sont multipliés pour protéger la biodiversité. Les directives Oiseaux et Habitats ont donné naissance au réseau Natura 2000, le plus grand réseau de zones protégées au monde. Les Accords de Kunming-Montréal (2022) fixent désormais l’objectif mondial de protéger 30% des écosystèmes terrestres et marins d’ici 2030.
Pourtant, malgré quelques succès remarquables — retour du loup, du castor, du faucon pèlerin ou de la cigogne noire en Belgique — la courbe de la biodiversité continue globalement de plonger. Le constat est sans appel : protéger ne suffit plus. Il faut réparer.
Une loi historique, adoptée de justesse
C’est ce qui a conduit l’Union européenne à adopter, en 2024, le Nature Restoration Law (NRL) : la première loi européenne à imposer des objectifs contraignants de restauration à grande échelle. L’ambition est considérable — restaurer au moins 20% des habitats terrestres et marins dégradés d’ici 2030, et tous les écosystèmes dégradés d’ici 2050. Le texte cible également, pour la première fois, les écosystèmes urbains et les espèces en dehors des zones protégées existantes.
La NRL a survécu de justesse aux assauts des syndicats agricoles, de la droite conservatrice et de l’extrême droite, qui l’ont significativement édulcorée. Un « frein d’urgence » permet notamment de suspendre les objectifs si la sécurité alimentaire venait à être menacée — une brèche problématique, alors que la science démontre que restaurer la nature est précisément une condition de la résilience agricole à long terme. restaurer la nature est précisément une condition de la résilience agricole à long terme.
Des opportunités réelles, des risques bien identifiés
Les bénéfices attendus vont bien au-delà du seul environnement. Restaurer les zones humides et les forêts diversifiées, c’est aussi réduire les dégâts des inondations et des sécheresses. Selon le WWF, 1 euro investi dans la nature belge peut en rapporter jusqu’à 51. Les chantiers de restauration représentent aussi un vivier d’emplois verts, tandis que le retour des pollinisateurs et la régénération des sols sécurisent la production agricole face aux aléas climatiques.
Mais les risques sont réels : conflits d’usage sur les terres, manque de financements dédiés, ou application purement administrative qui épuiserait les acteurs de terrain sans résultat concret. Les négociations sur le prochain budget européen 2028–2034 seront décisives.
Un texte, des acteurs
La réussite de ce règlement dépendra avant tout de son appropriation locale. Collectivités, associations de terrain, agriculteurs et citoyens ont un rôle central à jouer dans l’élaboration des plans nationaux de restauration et leur mise en œuvre concrète. La loi pose le cadre — c’est maintenant aux acteurs du territoire de s’en emparer.
🐦 La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux agit pour faire respecter les lois et défendre concrètement la biodiversité face aux atteintes, en mobilisant le droit comme levier de protection.
🤝 Sur le terrain, les associations membres de Canopea agissent chaque jour pour préserver le vivant.
Prendre soin du Vivant, de la Nature, de la Biodiversité, c’est essentiel.
Et votre soutien est essentiel pour y arriver.
Soutenez nos actions pour la préservation de la biodiversité et la restauration de la nature en Wallonie.
Crédit image illustration : Unsplash
Faites un don

