Feux d’artifice : les associations de protection de la nature appellent à une loi qui protège la faune

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Alors que les feux d’artifice sont souvent associés à la fête et à la célébration, leurs impacts sur les animaux, domestiques comme sauvages, sont largement sous-estimés. Cette semaine, une proposition de loi sera examinée en Commission « Économie, Protection des consommateurs et digitalisation » de la Chambre des représentants.

Pour s’assurer que les enjeux liés à la biodiversité et au bien-être animal soient intégrés à cette nouvelle législation, la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO), Natagora, les Cercles des Naturalistes de Belgique, la Fédération des CREAVES, Canopea et Ardenne&Gaume lancent aujourd’hui une action commune afin d’interpeller directement les parlementaires. Elles appellent aussi les citoyens à rejoindre le mouvement.

Le contexte : une situation qui ne fait plus débat

Chaque tir de feu d’artifice provoque des réactions de panique chez de nombreuses espèces : envols massifs d’oiseaux, collisions, stress physiologique intense, abandon de nids, perturbation des migrations. Pour la faune sauvage, ce spectacle est tout sauf festif.

Le bruit généré par les activités humaines ne cesse d’augmenter depuis des décennies. Urbanisation, trafic routier et aérien, exploitation des ressources naturelles : la pollution sonore est aujourd’hui reconnue comme un facteur majeur de perturbation du vivant. Les animaux sauvages peuvent réagir dès 40 dBA, bien en dessous des niveaux atteints par les feux d’artifice, qui se distinguent par leur intensité, leur soudaineté et leur imprévisibilité.

Les oiseaux migrateurs et grégaires sont particulièrement vulnérables. Lors des feux d’artifice, parfois tirés à proximité immédiate de zones naturelles, des milliers d’individus peuvent décoller simultanément, souvent de nuit, dans un envol chaotique. Ces comportements non naturels entraînent une forte dépense énergétique, des risques accrus de collisions et des perturbations durables des cycles biologiques. Chez certaines espèces, la fréquence cardiaque peut presque doubler pendant ces épisodes. Les mammifères, sauvages comme domestiques, subissent eux aussi des réactions de panique et de stress.

Une opportunité politique à ne pas manquer

Cette semaine, la question des feux d’artifice est discutée en commission parlementaire, dans le cadre d’une proposition de loi actuellement à l’étude. Plusieurs partis politiques reconnaissent désormais la nécessité d’un encadrement plus strict, notamment pour des raisons de sécurité publique.

Les associations de protection de la nature saluent cette avancée, mais alertent : les enjeux liés à la biodiversité et au bien-être animal doivent impérativement être intégrés au texte législatif.

C’est pourquoi la LRBPO, Natagora, les Cercles des Naturalistes de Belgique, la Fédération des CREAVES, Canopea et Ardenne&Gaume lancent aujourd’hui une action commune afin d’interpeller directement les parlementaires.

Des demandes claires pour célébrer autrement

Les associations appellent les responsables politiques à intégrer dans la loi :

  • des restrictions temporelles, limitant l’usage des feux d’artifice à des périodes strictement définies ;
  • des restrictions spatiales, avec la création de zones sans feux d’artifice autour des habitats sensibles, notamment les zones humides et les sites de repos de la faune ;
  • un encadrement renforcé de la vente, de la détention et de l’usage des feux d’artifice ;
  • une prise en compte explicite du bien-être animal dans la législation ;
  • l’exemplarité des autorités publiques, en remplaçant les feux d’artifice explosifs par des alternatives à faible impact sonore ou uniquement visuelles (spectacles de drones, lasers, dispositifs lumineux).

La Belgique montre déjà l’exemple : de nombreuses communes ont interdit les feux d’artifice, et la vente de feux de catégorie F3 aux consommateurs est déjà proscrite. Mais nous pouvons aller plus loin. À l’instar de l’Allemagne et des pays scandinaves, il est temps de ne plus penser uniquement en termes de sécurité humaine, mais aussi d’impact environnemental. Protéger la nature, c’est notamment interdire l’utilisation de feux d’artifice à moins de 100 mètres des réserves naturelles et des sites protégés.” – Sophie Installe, juriste à la LRBPO

Mobilisation citoyenne

Les associations appellent également les citoyennes et citoyens à se mobiliser pour faire entendre ces demandes. Une action d’interpellation des parlementaires est en cours, afin que la future loi permette de célébrer sans nuire au vivant.

Mais ils n’ont que deux jours pour agir, avant la première discussion du sujet en commission. Il faut donc faire vite !

Faire pression, ce n’est pas faire du bruit inutilement – la nature en a déjà assez. C’est faire entendre une demande claire : célébrer autrement, avec moins de décibels et plus de respect pour la faune.”

Contacts presse :

Sophie Installe, juriste à la LRBPO

Jean-François, directeur de la LRBPO

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