Après l’épisode des sites industriels pollués en Flandre, le scandale de l’eau de distribution dépassant certaines normes en Wallonie, place donc à l’épisode des œufs de poules domestiques ! Combien d’épisodes seront encore nécessaires avant qu’une interdiction à la source soit décidée ?
Rappelons que, dans leurs Accords de gouvernement, nos décideurs ont fait comprendre qu’ils ne se donneraient pas l’ambition d’aller plus loin que ne l’impose l’Europe en matière de PFAS.
Mais, nous n’avons pas besoin d’attendre l’Europe pour protéger notre santé dès aujourd’hui. Comme cela a été fait en France il y a peu, notre Parlement pourrait voter une loi interdisant les PFAS dans toute une série d’usages. Deux propositions de loi, allant dans ce sens, ont été déposées par le groupe Ecolo-Groen à la Chambre des représentants en juillet passé à Bruxelles. Une nouvelle proposition de loi a été déposée par le PS le mois de passé.
“Pourquoi ces lois ne sont-elles pas votées alors même qu’elles s’attaquent à la source de ces polluants éternels qui s’accumulent de jour en jour dans nos corps, nos sols, nos eaux, … nos œufs ?”
s’interroge Pauline Modrie, Directrice générale de Canopea
Au-delà de l’eau de distribution et des œufs domestiques, nous sommes exposés à ces polluants éternels dans une multitude de produits que nous consommons au quotidien. Si certains aliments, tels que les poissons, les crustacés et les produits laitiers, concentrent davantage ces polluants, n’oublions pas les fruits et légumes contaminés par l’épandage de pesticides contenant des PFAS. N’oublions pas non plus les PFAS contenus dans nos cosmétiques, nos textiles, nos ustensiles et emballages alimentaires. À part lors de l’allaitement et des menstruations, notre organisme n’évacue pas ces polluants. Accepter de reporter à plus tard l’interdiction de produire des PFAS revient à accepter que ces polluants continuent à s’accumuler davantage dans nos corps.
“Il est nécessaire d’avoir un cadre réglementaire protégeant au maximum la population. Notre santé ne peut dépendre à ce point de nos choix de consommation individuelle. La qualité de notre santé dépend de la qualité de nos lois”
précise Pierre Jamar, chargé de mission en santé-environnement au sein de la Fédération
Une quarantaine d’acteurs, issus du secteur de la santé, de l’eau et de l’environnement, ont récemment adressé une lettre ouverte à l’attention des Ministres impliqué·e·s de près ou de loin dans le dossier des PFAS. La demande de cette lettre ouverte est limpide : interdire les PFAS à la source pour limiter les coûts sanitaires et environnementaux que nous sommes en train de subir. Cette lettre ouverte n’a pas obtenu la réponse politique espérée. Avec ces mêmes structures, nous lançons donc à présent une campagne de pétition pour demander à nos décideurs politiques de prendre leur responsabilité en stoppant les PFAS à la source !
Pour plus d’informations, voici notre dernière analyse sur le dossier des PFAS
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