En 2020, le numéro 5 d’Echelle Humaine parlait déjà de biodiversité. Nous voilà au numéro 17, sur le même thème. En cinq ans, il y a eu du progrès, dans la mesure où le monde politique commence à parler de biodiversité, si pas toujours à en tenir compte dans ses décisions. Le sujet de la biodiversité ordinaire reste, quant à lui, aussi méconnu que crucial et passionnant.
La biodiversité ordinaire change notre attention
Si la biodiversité est le système immunitaire de l’humanité, comment peut-on se permettre de négliger la biodiversité qui est proche de nous ?
Pourquoi vaudrait-elle moins la peine d’être protégée ?
Parce qu’on pense qu’elle ne convient pas et qu’elle ne présente aucun intérêt.
La biodiversité ordinaire en Belgique, ce sont par exemple les moucherons ou le mouron blanc, des choses qu’on écrase ou qu’on arrache sans scrupule, au nom de la propreté. Au nom de critères esthétiques. C’est une biodiversité qui n’est pas assez exotique ou luxuriante. Elle ne convient pas. A la trappe !
La végétation spontanée des dents creuses et des parcelles inoccupées est généralement jugée tout à fait inappropriée. Quand cesseront-nous de donner tant d’importance aux esprits fades et aigris qui disent que ce genre de lieu est « sale » ? Il y a là tout un ensemble de milieux qui se sont patiemment installés, qui font la joie d’une partie du voisinage parce qu’il y a des fleurs et que cela attire des oiseaux, parce que ça ressemble à une certaine idée du paradis ou de la liberté, enfin concrétisée.
- La Friche Palmolive https://www.canopea.be/friche-pratique-la-friche-palmolive-dans-le-quartier-du-longdoz-a-liege/
Cette fiche pratique entend aider à comprendre comment la nature sauvage est une alliée face à l’urgence climatique. Faire de la friche Palmolive à Liège un espace vert public est perçu comme une nécessité dans le quartier du Longdoz. L’idéal serait de maintenir la friche en tant que mini-zone naturelle aménagée à minima, tout en la rendant accessible au public. Malheureusement, la biodiversité ordinaire qui a peuplé le site de manière spontanée n’est pas vue par tout le monde comme une chose bénéfique, digne d’être protégée par les autorités communales.
Il en va de même des reprises de végétation sur les talus de chantiers, En l’espace de quelques jours, ces terrains remaniés se couvrent de plantes, sont fréquentés par des familles d’insectes de plus en plus variées. Puis une demi-heure suffit à l’humain pour ratiboiser le secteur avec son outillage sophistiqué, satisfait d’amortir le coût de la machine. Ensuite, on vient épandre une terre homogénéisée et y repiquer les jeunes hêtres marcescents stipulés par le jardinier-paysagiste. Il les veut très serrés et réguliers, donc on les serre comme des implants capillaires. Tant pis si les deux-tiers ne survivront pas. Quelques semaines plus tard, en effet, les hêtres ont l’air vraiment morts, tandis que les sauvageonnes du coin se sont immiscées entre eux, s’appuient dessus, les dépassent et commencent à fleurir. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que la gestion d’immeuble demande qu’on asperge au Round-up ?
- Les projets d’urbanisme devraient traiter les abords « verts » des constructions avec infiniment plus d’égards pour le vivant. Ils devraient s’inspirer de Didier Helmstetter : « Le potager du paresseux : comment apprendre à jardiner avec la nature et non contre elle ? »
https://www.rtbf.be/article/le-potager-du-paresseux-comment-apprendre-a-jardiner-avec-la-nature-et-non-contre-elle-11544373 - Pour Gilles Clément, jardiner avec la nature est une sagesse et une responsabilité qui « oblige à concevoir un domaine assez vaste pour qu’en ses confins, dans l’épaisseur des friches et des lieux oubliés, s’ouvre une faille du temps, s’engage durablement l’imprévisible » (De l’animisme archaïque à l’animisme écologique. La place du jardinier, Autrement, 1999).
https://reporterre.net/Gilles-Clement-Jardiner-c-est-resister
https://shs.cairn.info/revue-vacarme-2016-4-page-137?lang=fr - Il ne s’agit pas de mettre la biodiversité ordinaire sous cloche, mais de la laisser se développer. A propos de refuges et de sanctuaires, les terrains vagues et les bords de route non nettoyés sont les meilleurs refuges. D’ailleurs ne dit-on pas, « bande-refuge » sur l’autoroute ?
Parce qu’on ne la voit pas.
De très nombreuses espèces sont pratiquement invisibles, en raison de leurs dimensions ou de leur faculté à se fondre dans leur environnement. L’exemple du muscardin est particulièrement parlant à cet égard. Ce micromammifère (7 cm sans la queue, 14 cm avec) se cantonne aux couverts arbustifs ; il affectionne, les ronciers, les haies, les arbres. Il est encore bien présent en Wallonie, mais il dort environ six mois par an et sa vie active est plutôt nocturne.

Le muscardin est en outre capable de rester accroché « à des branches ou pétioles de feuilles presque sans efforts, notamment grâce à un système de blocage de certains tendons et ainsi rester immobile pendant plusieurs dizaines de minutes, comme une feuille morte », selon Wikipedia.
Résultat, il faut se lever tôt – ou peut-être, ne pas aller dormir – pour espérer apercevoir un muscardin.
L’espèce se montre très sensible et vulnérable à l’interruption de ses corridors biologiques. Sa survie dépend de la présence d’espaces buissonnants et herbacés continus, des milieux que nous avons tendance à faire disparaître. L’artificialisation du territoire par l’habitat et sa fragmentation par les voies indurées condamnent dès lors directement ce mini-rongeur qui semble tout droit sorti d’un manga.
- Des tas d’espèces animales et végétales vivent à nos côtés et partagent notre quotidien. Au cœur des milieux les plus artificiels, elles ont découvert un habitat adéquat, qui leur permet de se nourrir, de croître et se multiplier dans une relative discrétion. Lorsqu’enfin l’indifférence aura fait place à l’’émerveillement, il nous viendra l’envie de concrétiser tout ça. Alors, comment aider la biodiversité ordinaire ? En la laissant franchir le seuil de notre jardin et le rebord de nos jardinières. Nous n’en mourrons pas, bien au contraire !
Pour encourager la biodiversité : « Plantules et bébêtes près de chez vous. 2. Stimuler la biodiversité sur vos propres terres – mêmes les plus ingrates ».
https://www.canopea.be/wp-content/uploads/2019/03/lccatm95_web.pdf
L’article est aux pages 12 à 17.
Parce qu’on la croit nuisible.
Il existe une façon de regarder la biodiversité ordinaire qui la juge néfaste. Des empires industriels se sont construits sur cette conception, synonyme d’éradication de la biodiversité. Avec pour conséquence des familles et des quartiers décimés par les maladies liées à l’usage des pesticides en agriculture, en sylviculture, et sur les terrains de sport. Les eaux souterraines trinquent ; les sols gardent très longtemps la mémoire des produits utilisés. Malgré l’évidence, il est plus que difficile de faire entendre raison aux tenants du phytosanitaire.
- « Interdits ici. Exportés là-bas. Mortels partout ». Le rôle de la Belgique dans l’exportation de pesticides qu’elle n’autorise pas sur son territoire. Une publication de 2023 (https://entraide.be/interdits-ici-exportes-la-bas-mortels-partout-jt199/)
Parce qu’on ne la connaît pas.
Au-delà des trois premières années d’école maternelle, où la nature fournit une grosse partie du programme, le sujet devient de moins en moins abordé au fur et à mesure des primaires. Cela continue decrescendo en secondaire, jusqu’à atteindre le point zéro.
Prolonger durant toute la scolarité obligatoire l’enseignement de la nature proche et lointaine permettrait de découvrir de manière beaucoup moins superficielle les tenants de notre réalité. Cela permettrait non seulement de connaître la nature au sens large, mais aussi au sens profond, c’est à dire de savoir sur quoi construire les connaissances acquises par la suite – notamment, reconnaître nos limites et nos pans d’ignorance, développer le sens critique et conceptuel, apprendre à rire de nos affinités avec des espèces, de nos chouchous, de nos idées reçues.
Faut-il s’étonner qu’après un apprentissage si pauvre, des personnes adultes interrogées sur la biodiversité énumèrent fièrement : Lion, Eléphant, Tigre, Gorille, Girafe ? Encore heureux quand se glisse dans la liste une antilope ou un hippopotame. Parfois des dauphins, des flamants roses, ou des fourmis, mais le krill ? Le cotonéaster ? Les algues ? Le tilleul ? Les orties ? Les moisissures ? Les poissons d’argent ? L’espèce humaine ? La rhubarbe ?
Il y a tellement à rattraper, mais rien n’est perdu !
Le déclenchement pour vouloir en apprendre plus sur la nature peut être suscité par une biodiversité de facteurs et d’acteurs, dont aucun n’est à négliger.
Les publications.
Les particuliers, les centres de recherche, les associations environnementales rédigent à tour de bras et renvoient vers les articles publiés par d’autres. Leurs publications aident le public à faire connaissance avec le monde naturel et la biodiversité ordinaire. Sur papier ou sur écran, des centaines de milliers d’articles attendent de rencontrer un lectorat à sensibiliser.
- Un exemple, vu sur un coin de table (donc sur papier), dans la rubrique « Bonne nouvelles » du Vert Propos n°163. Il s’agit du périodique de l’association La Petite Jauce. Ces informations qui donnent la patate concernent la biodiversité ordinaire (micro-organismes du sol, loutre, castor) et ont pour origine des médias grand public. Je cite in extenso :>
« Frédérique Hupin a été primée comme journaliste agricole, grâce notamment à son article sur l’érosion paru dans Tchak. »
https://www.lavenir.net/regions/brabantwallon/orp-jauche/2025/02/05/frederique-hupin-qui-signe-regulierement-dans-lavenir-bw-primee-pour-son-travail-journalistique-sur-lerosion-des-sols-QFAN6WSH5JFUDCY6KGKSCVBGRQ
« La loutre fait un timide retour, en Gaume. Après avoir été chassée contre récompense parce qu’elle présentait une menace pour le monde de la pêche, c’est aujourd’hui la pollution qui freine sa réapparition, ainsi que le manque de quiétude en période de reproduction. »
https://www.rtl.be/actu/environnement/des-images-rares-dune-loutre-en-belgique-donnent-de-lespoir-nos-efforts-sur-le/2025-05-06/article/748691
« Au sud de Prague, des castors font économiser plus d’1 million d’euros »
https://reporterre.net/Ils-voulaient-un-barrage-les-castors-l-ont-fait-pour-eux
- http://aramel.free.fr/INSECTES01.shtml, cela pourrait être juste un site de plus sur les insectes, bien pratique pour apprendre à son rythme et en images à distinguer lépidoptères, diptères et Cie. Mais il va plus loin, et nous aide à prendre conscience de notre responsabilité sociétale en rappelant que la biodiversité ordinaire ne fait pas payer pour ses services. Il évoque la valeur de 47 milliards d’euros, estimée par deux biologistes pour couvrir les services rendus par les Insectes chaque année aux USA. Les chercheurs se sont basés sur quatre actions bénéfiques à la société que les insectes réalisent sans qu’on ne doive rien leur demander : recyclage des excréments ; lutte contre les nuisibles ; pollinisation ; alimentation du monde vivant.
Les promenades en groupe.
C’est souvent par ce biais que s’établit la reprise de contact avec la nature et que le soutien aux associations se développe. La plupart des organismes mettent sur pied ces explorations avec des moyens dérisoires et une énergie inversement proportionnelle.
- Il y a les promenades guidées : par exemple https://botrange.be/activity/promenades-guidees-en-fagnes/
- Certaines peuvent se réaliser sans guide, avec une feuille de route qui reprend l’itinéraire et les biotopes croisés en chemin :
https://www.natagora.be/balade?field_province_target_id=890
Le travail volontaire / bénévole
On doit se plier à un calendrier et c’est parfois compliqué d’être disponible pile quand un site ou une association a besoin de vous. Mais il faut y croire et, un jour, ça se met bien 😊
La rencontre avec la biodiversité ordinaire se fait par osmose. Le travail peut concerner la gestion d’une réserve, la gestion des invasives en bord de cours d’eau ou sur un plan d’eau, la sécurisation de rochers, de berges, de structures artificielles comme l’installation de planches de caillebotis dans les Fagnes… toutes choses que l’on a rarement l’occasion de faire par soi-même. On découvre les coulisses, dans des endroits inédits.
Les expositions
En 2018, avait lieu à Madère une exposition sur « Darwin et la dynamique des sols ». J’ai commencé à apprécier les vers de terre à partir de là. Il était temps !
- L’exposition était basée sur l’un des derniers ouvrages de Darwin, « The Formation of Vegetable Mould, through the Action of Worms, with Observations on their Habits » Londres, 1881.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Formation_de_la_terre_v%C3%A9g%C3%A9tale_par_l%27action_des_vers_de_terre
Les blogs / les vlogs
Si, demain, Inoxtag commence à parler d’entomofaune ordinaire sur sa chaîne YouTube, on peut parier qu’une grosse partie des internautes se passionnera tout à coup pour le sujet.
Les affiches et les posters
Ne jamais sous-estimer le pouvoir de l’image, surtout si elle tient grâce à quatre punaises. Les plus séductrices sont celles qui intègrent les espèces dans un tout paysager, mais l’énumération, comme ci-dessous, est déjà un très bon début, parce que les espèces sont nommées et les illustrations sont aussi fidèles que possible.

(https://fr.scribd.com/document/230339536/Affiche-Biodiversite-de-La-Seine-Et-Des-Canaux)
Les fêtes et les festivals
Vous vous faites traîner de force à une fiesta du potiron où les gens sont tout-à-fait casse-pied. Aucun stand n’est intéressant au-delà de deux minutes d’attention. Seul le stand de compostage, où l’on peut chipoter à tout y-compris au compost, sort du lot. Voilà votre solution pour endurer la journée. Vous acceptez les explications. Vous en redemandez. Inconsciemment, vous devenez la caméra de surveillance du tas de compost, aucun de ses mouvements ne vous échappe. On vous autorise même à rester avec en tête-à-tête. On vous invite à venir garder le stand l’année prochaine. Cette expérience bouleverse votre approche de la vie. Vous mettez les époux Bouguignon en favoris et vous lancez un projet de cartographie interactive : « Ça composte près de chez vous ».
La biodiversité ordinaire change notre attention, elle recharge notre attention. Elle rend la vie plus intéressante. Vinciane Despret, philosophe belge, étudie ce sujet avec une passion contagieuse.
- Vinciane Despret : Sur les écologies de l’attention, Bibliothèque de Toulouse, 2017.
https://www.youtube.com/watch?v=ASwVk-wf0sA
Petit exercice
Repérez les espèces sur ces photos prises à Drogenbos, Gand, Naninne et Liège.






Réponse 1. Il y a beaucoup de mélilot.
Réponse 2. Le rouleau de peinture près de la roquette, c’est du brol donc c’est à Liège.
Réponse 3. Les photos sont trop petites, on ne voit que les fleurs, pas les insectes.
Toutes les réponses sont bonnes. Le mélilot fait un retour en force ; la dernière photo a bien été prise à Liège, à l’entrée d’un passage désaffecté sous le quai Mativa, en 2023 ; la biodiversité ordinaire s’observe en vrai et en plein air bien mieux que sur des photos.
Pour donner corps à la réponse 3, il faut sortir, partir en observation et se laisser imprégner. Sentir la clématite sauvage émettre jusqu’à plusieurs dizaines de mètres. Plus on s’en rapproche, moins on la sent, comme si on s’était trompé. Ce n’est que très près des corolles qu’on retrouve cet incroyable parfum.
Il faut aussi, sans hésiter, se mettre à dessiner. Mal ou bien, peu importe.
Posez un beau pot avec des crayons, des bics et des marqueurs sur l’appui intérieur d’une de vos fenêtres, préparez un bloc de feuilles et attendez que la nature passe. De mémoire ou en direct, prenez note en images de ce que vous voyez. Datez et commentez.



Ensuite, tentez d’identifier, à l’aide de toutes les ressources disponibles. Lisez des informations sur le contexte familier de ces espèces. Vous ne visiterez plus jamais Pairi Daiza de la même façon, je vous le garantis.
Que peut-on faire à plus grande échelle ?
Il est aujourd’hui impératif d’apporter des solutions en termes de lutte contre les inondations, avec un impact positif sur la qualité et l’approvisionnement en eau (épuration, écoulement, infiltration).
Comme cela a été démontré lors des décodages de terrain de Canopea, les solutions concrètes pour accueillir davantage de biodiversité ordinaire améliorent le cadre de vie des populations humaines.
- La gestion différenciée des espaces verts : exemples à Gembloux, Molenbeek, Tubize.
- Le mur de vigne vierge : exemples à Gembloux, Molenbeek
- Le bois mort en forêt et en espace vert : exemples à Waterloo, à la réserve de l’Escaille à Gembloux.
- Les zones d’immersion temporaire : exemples à Tubize.
- Les arbres anciens : exemples à Tubize, Gembloux, Molenbeek et Waterloo.
Ces aménagements, au même titre que la reméandration des cours d’eau et le développement des zones naturelles d’expansion de crues, ont la capacité de renforcer la résilience du territoire face aux périodes de sécheresse, tout en favorisant la biodiversité, notamment celle qui est inféodée aux zones humides.
L’information à retenir est que le temps et l’argent ne sont pas de vrais obstacles à la création d’un îlot de fraîcheur, d’une réserve ou d’un coin de nature, mais qu’il faut du courage politique pour défendre la biodiversité ordinaire face à l’ignorance.
Le SDT peut-il agir en faveur de la biodiversité ordinaire ?
Si l’on examine le sujet de la biodiversité de notre région sur le plan politique, il existe tout un volet de la réglementation qui concerne l’environnement. La Loi sur la Conservation de la Nature, du 12 juillet 1973 en est un pilier, qu’un décret du 14 mars 2024 a partiellement revu.
Pour ce qui concerne l’aménagement du territoire, la biodiversité est bien présente dans le Schéma de Développement du Territoire (SDT) avec 24 occurrences sur 278 pages, soit une fois toutes les onze pages.
Il ne suffit pas de citer pour bien traiter. Encore faut-il proposer des actions qui soient en cohérence avec une intention. Le SDT prend acte de la perte de biodiversité, qu’il met en parallèle avec la banalisation des paysages. Il propose des mesures destinées à protéger la biodiversité, à la regénérer, et il intègre la biodiversité dans ses objectifs économiques et sociaux. L’Echelle Humaine n°15 sur la santé environnementale expose en détail la manière dont le SDT aborde la biodiversité, les services écosystémiques et les infrastructures vertes.
Spécifiquement sur le sujet de la biodiversité ordinaire, le SDT ne s’aventure pas encore. La notion fera peut-être son entrée dans la prochaine édition, mais il faudra pour cela que, dans l’intervalle, le monde politique et académique ait pris conscience de l’importance de la biodiversité ordinaire. Car un texte comme le SDT, même s’il est purement indicatif, résulte de longues négociations où chaque mot pèse son poids de compromis.
Agir pour la biodiversité ordinaire à l’échelle du SDT, ce sera donc d’abord persister à expliquer, aider à comprendre par l’exemple, emmener les gens sur le terrain, ne pas avoir peur de faire dans le détail.
Conclusion
La biodiversité ordinaire est discrète. Elle est extraordinairement courageuse. Elle ne fait pas payer pour ses services.
Elle a besoin de notre appui inconditionnel, ce qui représente un profond changement d’attitude . Plus de respect pour toute la biodiversité, même celle que l’on voit tous les jours, même celle qu’on ne voit pas ou ne connaît pas encore. Plus d’admiration pour ce que la biodiversité fait à tout moment autour de nous. Plus d’audace pour faire alliance avec la biodiversité ordinaire pour réduire les inégalités environnementales.
En savoir plus
- https://www.canopea.be/le-plan-de-secteur-doit-laisser-le-sol-et-les-gens-respirer/
- https://www.canopea.be/adapter-nos-societes-aux-crises-environnementales-avec-amour/
- https://www.canopea.be/etat-des-lieux-sur-la-sante-des-forets-wallonnes/
- Brigitte KLEINOD, « Végétalisation des toitures », Ulmer, 2000. Ce guide pratique reste une référence, avec des phrases telles que « Nous ne devons surtout pas nous laisser entraîner à croire qu’il puisse exister un succédané de la nature intacte, dans lequel nous pourrions vraiment créer un succédané d’espace vital. » page 11, et « Les mousses et les lichens déjà existants ne doivent pas être éliminés. Ils préparent le terrain pour d’autres végétaux, fougères ou plantes à fleurs. » page 51.
- Emmanuele COCCIA, « La vie des plantes », Rivages Poche, 2023.
- Peter WOHLLEBEN, « La vie secrète des arbres », Les Arènes, 2017.
- Presqu’une heure et demie avec Vinciane Despret et Baptiste Morizot en discussion d’été. Rencontre philosophique organisée par La Manufacture d’idées en 2020. https://www.youtube.com/watch?v=IVew7waiakM
- Gilles Clément propose des voies d’engagement contre la commercialisation de la biodiversité dans le podcast « Le rendez-vous des futurs » https://www.rendezvousdesfuturs.com/emissions/le-temps-de-penser/
- « Caves », L. Latitude Logbook, 2020. https://www.instagram.com/p/CTFKJtTMnU_/ Enquête et réflexion urbanistique centrées sur les caves humides du quartier Saint-Antoine et Orban (territoire sur les communes bruxelloises de Forest et de Saint-Gilles) situé trop près de la nappe phréatique. Le Marais Wiels, espace naturel reconquis sur un projet immobilier, est venu depuis lors confirmer les propos des habitant.es et affirmer au grand jour ce qu’il faut faire pour aider le quartier. La biodiversité à la rescousse.
- Pour vous abonner à Echelle Humaine, newsletter semestrielle d’aménagement du territoire réalisée et publiée par Canopea avec l’aide de la Wallonie : Newsletter – Canopea
- L’ensemble des articles publiés dans les numéros d’Echelle Humaine : https://www.canopea.be/category/thematiques/territoire/echelle-humaine/
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