La chaleur : un risque climatique majeur sous-estimé

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Le récent rapport European State of the Climate 2025, met en exergue la rapidité et l’importance du réchauffement du climat européen. Les étés des pays de l’Europe occidentale se réchauffent le plus rapidement. Dans son Belgian Climate Risk Assessment, le CERAC établit que la chaleur est l’aléa climatique qui a et qui aura le plus d’impacts négatifs sur la santé et sur l’économie en Belgique. La chaleur constitue l’aléa climatique le plus meurtrier. En belgique, en 2024, elle a causé 269 décès ; sur les 25 dernières années, plus de 5 500 décès lui sont imputables. Outre les décès, la chaleur entraîne d’autres conséquences sanitaires, telles que les hospitalisations pour des affections cardiovasculaires et respiratoires ou les naissances prématurées, ainsi que des conséquences économiques, telles que la réduction de la capacité de travail, et sociales, telles que l’augmentation des accidents de la route et du travail.

En 2025, le climat global s’est réchauffé de 1 ,4 °C par rapport au niveau préindustriel.

  • À +2 °C de réchauffement planétaire, la Wallonie connaitra 3 fois plus de vagues de chaleur et 30 % de la population wallonne – 96 communes – seront exposées au phénomène d’îlot de chaleur,
  • À +3 °C, nous connaitrons 6 fois plus de vagues de chaleur, 87 % de la population – 261 communes – seront touchées par le phénomène d’îlot de chaleur urbain,
  • À +4 °C : nous connaitrons 11 fois plus de vagues de chaleur — un été quasi continu de canicules.

Comprendre le phénomène d’îlot de chaleur et les composantes de la vulnérabilité sociale, savoir quelles données mobiliser et où les trouver sont indispensables pour poser un diagnostic objectivé sur les risques de son territoire. Dans le cadre du « Diagnostic de vulnérabilités pour augmenter la résilience wallonne face aux changements climatiques» (PRW 317), l’ISSeP a développé :

  • Une cartographie des aléas et d’un indice de risque liés à la chaleur et aux îlots de chaleur urbain
  • Un indicateur de vulnérabilité sociale face aux risques climatiques
  • L’outil « arbre », outil d’aide au choix des essences d’arbre à planter.

Ces données, disponibles sur le Portail Climat de l’Awac et sur le Géoportail de la Wallonie, ont été présentées lors de deux ateliers, organisés par l’ISSeP et Canopea, l’un consacré aux îlots de chaleur et à l’aménagement du territoire, l’autre aux îlots de chaleur et aux vulnérabilités sociales. 

Ces ateliers ont aussi été l’occasion d’aborder les données complémentaires à mobiliser (ISADF) ainsi que les solutions à mettre en œuvre pour réduire les vulnérabilités du territoire et de sa population face à la chaleur, que cela soit à travers le développement d’une approche méthodologique de redéploiement d’une offre en termes de social-santé (en s’inspirant des travaux bruxellois de refonte du Plan Social Santé Intégré). La mise en œuvre de solutions d’adaptation concrètes a aussi été présentée :

  • Les solutions vertes : plantation d’arbres, végétalisation de toitures et façades, création de parcs urbains, (re)création de trames vertes et bleues, etc., illustrées par Adalia 2.0, le plan canopée de Liège, le catalogue des solutions de lutte contre les îlots de chaleur de la Ville de Bruxelles ;
  • Les solutions grises : emploi de matériaux à albédo élevé, dispositifs d’ombrage, isolation thermique des bâtiments, sols perméables, etc., mis en lumière par le catalogue des solutions de lutte contre les îlots de chaleur et le concours d’ombrière de la Ville de Bruxelles et la mise en pratique d’une approche bioclimatique dans un projet d’école par le bureau La Verte Voie ;
  • Les solutions complémentaires : réduction du trafic, activation de plans canicule, cartographie des îlots de fraîcheur, actions de sensibilisation et communication, illustrées par la Ville de Bruxelles pour la cartographie des îlots de fraicheur et l’élaboration d’un plan d’urgence « fortes chaleurs » et la mise en place depuis 2014 d’un plan canicule dans la commune de Chaudfontaine.

Ces deux ateliers ont mis en évidence que la situation de populations habitant dans les espaces urbanisés est particulièrement critique face à la chaleur : d’une part en raison d’une intensité accrue du phénomène d’îlot de chaleur, d’autre part parce que la vulnérabilité sociale est généralement plus élevée dans les agglomérations, les centres urbains et les centres villageois.

L’enjeu de fond est de passer d’une connaissance du phénomène à une capacité d’adaptation ciblée. Cela suppose de mieux articuler données, perception du risque et politique publique pour construire des réponses adaptées aux réalités locales. Agir sur les ICU, c’est agir pour la justice sociale autant que pour l’environnement.

Pour en savoir plus, téléchargez les comptes-rendus de ces deux ateliers :

Une liste de ressources est disponible à la fin du premier compte-rendu.


Crédit image illustration : Adobe Stock

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