Le Conseil européen du jeudi 12 février à Alden Biesen a finalement ramené un peu de raison dans le débat sur l’avenir de l’Industrie européenne. Mercredi, les industries les plus conservatrices soutenues par un Bart de Wever en mode ’’pause environnementale’’, appelaient à détricoter encore davantage nos protections et surtout à leur octroyer un win for life d’argent public sans condition.
Mais le lendemain, la raison semble avoir repris quelque peu le dessus du côté des chefs d’État européen et même au sein de l’industrie. La bataille ne fait que commencer.
La dérégulation rapporte peu…
La Commission elle-même a rappelé que déréguler n’est pas LA solution pour la compétitivité comme on l’entendait la veille. Elle estime elle-même que les 10 « omnibus » de dérégulation n’ont apporté que 12 milliards d’économies, soit 0,07 % du PIB de l’UE. À ce prix-là, on se demande vraiment si cela vaut la peine de quasi supprimer la responsabilité des grandes entreprises pour les violations des droits humains sur leur chaine de valeur, ou de réduire drastiquement les règles sur les produits chimiques et les pesticides . Parmi mille autres propositions présentes dans ces ‘’omnibus’’…
Le marché du carbone défendu par les industries elles-mêmes.
Idem sur le marché du carbone ETS, voué aux gémonies par certains gros acteurs industriels, comme INEOS la veille. La Présidente de la Commission a rappelé qu’affaiblir aujourd’hui l’ETS, c’est pénaliser les industries qui investissent dans l’avenir. En parallèle, on a vu de grosses industries comme Tata Steel monter au créneau pour défendre un prix du carbone. Idem du côté du monde académique comme ici. …
Une attention aux investissements positive, mais insuffisante
Finalement, le sommet a surtout mis en lumière le besoin d’investissement d’environ 1200 milliards par an. Et à nouveau le marché du carbone ETS est le principal moyen de garantir ces financements.
On identifiait clairement ce besoin d’investissement parmi nos 10 commandements pour une industrie résiliente publié conjointement avec la fédération des écopreneurs KAYA mardi dernier …
Mais seul, cela ne sera pas suffisant. Il faut notamment en parallèle garder un cadre réglementaire puissant et efficace pour réguler voire parfois interdire les produits nocifs pour les citoyens et la planète…
On le voit, la bataille pour une industrie européenne prospère, mais tournée vers le futur ne fait que commencer.
Crédit image illustration : Adobe Stock
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