Les citoyens belges aident l’industrie à recycler plus de 50 kg d’emballages par an. 17 % des déchets en Flandre sont nettoyés par des bénévoles. Ils n’ont cependant pas leur mot à dire sur la manière dont la gestion des emballages évoluera dans les années à venir. Les organisations de la société civile demandent au ministre Brouns et à la Commission interrégionale de l’emballage de ne pas les ignorer dans la révision de la législation belge sur les emballages.
Les Belges sont champions du tri. C’est ce dont l’industrie se vante depuis des années. Fost Plus, l’organisation des producteurs d’emballages, rapporte que chaque Belge a recyclé plus de 50 kg d’emballages en 2023 : 15,5 kg de papier et de carton, 28,5 kg de verre et 17,7 kg d’emballages PMC.
Cet effort fantastique des citoyens montre qu’ils jouent un rôle important dans la gestion durable des emballages. Pourtant, malgré ce rôle, la société civile, composée d’associations de consommateurs, d’organisations environnementales et sociales, est injustement laissée à l’écart des politiques de gestion des emballages.
La Belgique doit mettre en œuvre des changements majeurs pour se conformer au nouveau règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (REPE). Des objectifs de prévention et de réutilisation seront fixés, une consigne sera instaurée, et bien plus encore. L’implication des citoyens, qui jouent un rôle crucial dans l’ensemble, est une condition préalable à la réussite de cette opération. Et le temps presse. Les nouvelles règles européennes entreront en vigueur en août 2026.
La révision de l’accord sur l’emballage doit se faire en consultation avec la société civile
Depuis 1994, la gestion des emballages est coordonnée par un « Accord de Coopération Interrégional » (ACI). Les trois régions – ministères de l’environnement et administrations concernées – doivent s’entendre pour réviser cet accord afin que la réglementation sur les emballages soit appliquée de manière uniforme dans toute la Belgique.
Jusqu’à présent, la société civile n’a pas été impliquée dans la révision de cet accord. Elle n’est ni informée ni consultée. C’est pourquoi une coalition d’organisations – dont Testaankoop, Bond Beter Leefmilieu, la Statiegeldalliantie et Herwin – a envoyé une lettre aux ministres wallon et flamand de l’environnement ainsi qu’à la Commission interrégionale de l’emballage (IVC), chargée de réviser l’accord.
Dans cette lettre, les signataires demandent que leur voix soient prises en compte, tout comme celle de l’industrie. Ils demandent que leur expertise soit entendue au même titre que celle de l’industrie et des gouvernements, eux-mêmes impliqués.
Chloé Schwizgebel, coordinatrice du projet Emballage à la Fair Resource Foundation : « Cet accord interrégional ne peut être révisé sans consultation de la société civile. À l’instar des acteurs industriels, nous disposons d’une solide expertise sur le sujet et défendons des intérêts importants. Sans transparence et sans processus décisionnel équilibré, le risque est réel que la révision de l’accord sur l’emballage soit adaptée aux préférences de l’industrie. Nous tenir à l’écart des négociations est tout simplement injuste. »
Crédit image d’illustration : Pexels
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