L’Épine outrée mais courtoise – une chronique de Canopea qui vous informe sur tout ce qui se trame alors que ça ne devrait pas, et tout ce qui ne se trame pas alors que ça devrait. Parfois on parle aussi de ce qui va bien, rapport au fait de ne pas être rabat-joie. Dans tous les cas ça ne sera pas exhaustif, ni sans parti pris. Non sans cynisme, mais non sans humour.
Chères lectrices, chers lecteurs,
Au menu de cette Epine, 3 erreurs :
- Celle de Canopea, qui s’emmêle les pinceaux dans les peintres de la Renaissance
- Celle d’AtomicBoy qui profite des beaux jours pour faire les brocantes
- Celles des politiques qui continuent de miser sur le développement de l’aviation
Mais aussi un petit regard sur le calendrier du mois de mai, où on a compris pourquoi il y a tant de jours fériés.
Bonne lecture !

Culture Confiture
Vous l’avez vue ? Une erreur aussi colossale que l’imposante et magnifique voûte de la chapelle sixtine s’est glissée dans l’Epine précédente. Et ce, malgré 3 relectures en interne ! Michel-Ange et Da Vinci, on les confond tout le temps. C’est comme Alain Souchon et Laurent Voulzy. Et vous savez ce qu’on dit… Culture, confiture, moins on en a, plus on l’étale !
Félicitations à Jean, Xavier, Philippe, Marco & Tom pour leur lecture attentive. Vous avez gagné un badge Canopea à venir chercher dans nos bureaux. Vous n’aviez pas trouvé l’erreur ? C’est que votre niveau de culture n’est pas meilleur que le nôtre. Et c’est okay. On ne peut pas être bon dans tout.
Blague à part, on reçoit beaucoup de retours sur l’Epine. N’hésitez jamais, on les lit attentivement, ils nous font grand plaisir et sont toujours les bienvenus.

Nucléaire : l’Arizona se met aux 3R
Le mois de mai, c’est le retour des brocantes ! Et pour emmener la Belgique toujours plus loin dans son délire nucléaire, l’Arizona s’y met aussi : elle prévoit d’acheter des centrales nucléaires de deuxième main. Alors, certes, le Ministre de l’Energie, met le contribuable face à des risques financiers sans précédent. Mais voyons le bon côté des choses, il place aussi l’économie circulaire au cœur de l’action gouvernementale ! Et dans le bon ordre, s’il vous plait : Réutiliser – Réparer – Recycler. Prolonger l’utilisation de certaines centrales, en réparer et redémarrer d’autres. Et recycler ? Oui c’est vrai, il reste ce petit problème des déchets radioactifs, mais on verra bien.
DIY. Si on adore voir le gouvernement fédéral se mettre au Do It Yourself, on aurait préféré qu’ils commencent avec leurs jeans troués plutôt qu’avec le parc nucléaire belge. Parce que les achats en brocante, ça demande quand même un peu d’expérience. Notre conseil : y aller tôt le matin, pour trouver les pépites. Parce que racheter les centrales d’Engie, après que l’entreprise ait systématiquement refusé de prolonger les réacteurs au vu du risque que ça représente, c’est un peu comme se pointer à la brocante à 13h15, quand tout le monde est en train de remballer et que ce qui n’a pas été vendu va filer au parc à containers.
Une bonne affaire ? Assurément pour Engie, dont le cours de l’action a progressé de 5% suite à cette annonce. Et pour cause : après avoir tiré profit des installations pendant des dizaines d’années, ça va maintenant être à l’état belge de gérer tous les risques, y compris la poursuite du démantèlement.
Le mauvais cheval. En 2024, Elia estimait que “la production de renouvelable domestique à un effet favorable sur le coût du système électrique”. Par ailleurs, “il y a une grande incertitude quant aux coûts futurs des technologies et, en particulier pour l’énergie nucléaire, quant à la réussite des développements technologiques planifiés”. D’un côté, le développement du renouvelable dont les coûts sont prévisibles et maitrisés. De l’autre, aucune certitude sur le cout de prolongation, de démantèlement et de gestion des déchets. Qui peut jurer aujourd’hui qu’investir dans le nucléaire est un pari d’avenir ? Et si les vieilles casseroles nucléaires s’avèrent en fait irréparables, que fera l’Arizona ? Parce que les cuves microfissurées et les réacteurs à moitié démantelés, on ne va pas pouvoir les amener au RepairCafé.

Timing parfait

Le 23 avril, la Ministre – MR- des aéroports (et du climat), et le bourgmestre – PS – de Charleroi, ont inauguré 14 nouvelles lignes d’enregistrement à l’aéroport de Charleroi ! Terminé les files pour les passagers, les Wallons vont pouvoir partir à la Costa Brava l‘esprit léger.
Sauf que, le même jour, la Lufthansa annonçait l’annulation de 20 000 vols court-courriers, en raison de la guerre en Iran, du blocage du détroit d’Ormuz et de l’explosion du prix du kérozène. KLM, British Airways, Volotea et d’autres compagnies ont suivi.
3 jours plus tard, Ryanair annonçait elle aussi retirer une partie de ses avions de la base de Charleroi, en raison de la taxe sur l’aviation mise en place par le Gouvernement Fédéral.
Pas sûr donc qu’il y ait foule dans ce nouveau site d’enregistrement. Heureusement, ses concepteurs ont été clairvoyants : le nouveau bâtiment est entièrement démontable. Sans doute peuvent-ils s’y mettre dès maintenant.

Le 1er mai, puis tout un mois pour s’en remettre
Pour finir, jetons un œil au calendrier du mois de mai. Si les 14 et 25 sont fériés c’est sans aucun doute pour nous permettre de récupérer collectivement après la grande parade du 1er. À gauche comme à droite, le même spectacle : une politique réduite à l’hyper-communication, calibrée pour alimenter les réseaux sociaux plutôt que le cœur des militants. Le bon slogan. La bonne image. Le bon extrait vidéo. On croyait pourtant la saison du carnaval terminée.
Alors, profitons de ces jours fériés pour retrouver ce qui donne réellement du sens à l’engagement : des moments partagés, des discussions où on refait le monde, où on prend soin des liens en famille, entre amis, dans les associations et les mouvements – pour continuer d’enthousiasmer nos combats, quels qu’ils soient. Joyeux mois de mai !
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