L’Épine outrée mais courtoise – une chronique de Canopea qui vous informe sur tout ce qui se trame alors que ça ne devrait pas, et tout ce qui ne se trame pas alors que ça devrait. Parfois on parle aussi de ce qui va bien, rapport au fait de ne pas être rabat-joie. Dans tous les cas ça ne sera pas exhaustif, ni sans parti pris. Non sans cynisme, mais non sans humour.
Alors qu’Elon Musk est devenu le premier billionnaire de l’Histoire (12 zéros) ;
Alors que la Wallonie cherche désespérément 2 milliards (9 zéros) ;
Alors que les plus gros secteurs industriels ont doublé, en 5 ans, leur budget de lobbying auprès de la Commission européenne, jusqu’au total annuel de 382 millions (6 zéros) ;
Alors que vous galérez à boucler votre fin de mois avec votre salaire à 3 zéros ;
Chères lectrices, chers lecteurs,
Bienvenue dans cette nouvelle chronique, où on a autant de prétention que de budget, c’est-à-dire zéro.
Au menu de cette Epine :
- Un petit coup d’œil sur la Coupe du monde, mais promis, tout petit
- Le Ministre des Routes et des Autos connaît-il la mobilité douce ?
- Hunger Games au MR : voici venu le temps de la sobriété démocratique
Bonne lecture !

La Coupe du monde, on n’en parlera pas
Bon, on n’avait dit qu’on n’en parlerait pas. Mais oui, vous ne rêvez pas, on vit bien dans un monde où on va émettre en un mois, pour une Coupe du monde, autant de CO2 que ce qu’émettent 20 % des Belges en 1 an.
Et outre les enjeux géopolitiques et culturels qu’on laissera à votre bonne analyse, il est important de noter que les supporters, dussent-ils prendre l’avion 15 fois sur le mois pour suivre leur équipe favorite aux quatre coins des Amériques, ont quand même un impact environnemental plus faible que celui des sponsors. Et c’est vrai que faire sponsoriser la Coupe du monde par des compagnies aériennes, des vendeurs de voitures et les plus grosses multinationales de malbouffe du globe, ça frise quand même un peu la blague.
Demander à KFC de sponsoriser un événement sportif, c’est un peu comme demander à Gaïa de sponsoriser la Foire de Libramont.
Que vous suiviez, que vous boycottiez ou que vous n’en ayez juste rien à carrer, rassurez-vous : la FIFA a prévu des zones zéro-déchet dans les stades. Et ça, c’est quand même super.

J’aurai dû dormir à Mons
On a beau réfléchir, on ne comprend pas. Pourquoi François Desquennes, le Ministre wallon des Routes et des Autos, semble-t-il fuir à ce point les transports en commun ? Mauvaise expérience étant petit ? Coincé dans un train à l’arrêt pendant 3h ? Raté le dernier et obligé de dormir dans l’abribus ?
Les causes restent mystérieuses mais les constats sont là.
Au sein de son Administration, il n’y a plus de Manager mobilité active depuis 6 mois. Conséquence : un Plan Wallonie Cyclable dont le renouvellement pédale dans la semoule, et un Plan Wallonie Piétonne qui a disparu aussi vite qu’un sentier public à Villers-la-Ville.
Au sein de son Cabinet, on compte trois conseillers “Routes” pour un conseiller “Transports actifs et… Routes”.
Ensuite, alors que la Suède vient de choisir de diviser par deux le prix des transports en commun pour faire face à l’augmentation du prix de l’essence, le Ministre entérine une augmentation possible des tarifs des TEC de 40 %.
Enfin, quand on lui demande s’il est venu en train dans les studios de la RTBF pour son interview du matin, il répond, en toute mauvaise foi : “pour être à l’heure, j’aurais dû partir à 22h15 hier et dormir 6 heures à la gare de Mons ». Le Ministre des Routes et des Autos ne sait manifestement pas utiliser le simulateur de la SNCB. Une simple recherche indique qu’un départ à 6h24 de sa gare la plus proche le fait arriver à 7h tapantes Gare Centrale, soit bien à l’heure pour être à l’antenne à 7h45.
Et puis bon, s’il devait vraiment dormir à Mons, il pouvait tout aussi bien aller squatter le clic-clac de Georges-Louis. La mobilité partagée, c’est bien, mais pourquoi s’arrêter à ça ?

Hunger Games au MR : qui seront les députés rescapés
Ce jeudi 11 juin, Canopea accueillait trois femmes d’exception sur un sujet essentiel : peut-on sauver la planète sans sauver la démocratie ? Une discussion très clairvoyante, avec un message fondamentalement optimiste : en renforçant nos démocraties et en continuant à prendre soin des plus faibles, tout reste possible. Un message porteur d’espoir et vecteur d’action, qui a résonné dans une salle comble : 350 personnes avec le cœur plein d’enthousiasme, prêtes à l’action, confiantes en l’avenir…
Sentiment de courte durée, car, dès le lendemain matin, est sorti le nouveau slogan choc des libéraux (pas les télo-libéraux, les libéraux-libéraux). Mesdames et messieurs, voici venu le temps de la sobriété démocratique.
Proposition du MR : réduire le nombre de députés de 20 %. Alors, on n’a pas tellement d’avis sur le projet, mais ont-ils bien réfléchi aux conséquences ?
Parce qu’au vu de la chute du parti dans les sondages (- 8 % depuis les élections de 2024), si on votait demain, en cumulant cette baisse de 20 % avec une baisse électorale de 8 %, l’hémorragie de députés pourrait être sévère. Au niveau du Parlement wallon, le MR passerait alors de 26 députés à… 13. Reste donc à choisir qui sacrifier. Alors chers députés, joyeuses élections. Et puisse le sort vous être favorable.
Les calculs d’ingénieurs :

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