L’Epine – Chronique outrée mais courtoise

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L’Epine outrée mais courtoise – une chronique de Canopea qui vous informe sur tout ce qui se trame alors que ça ne devrait pas, et tout ce qui ne se trame pas alors que ça devrait. Parfois on parlera aussi de ce qui va bien, rapport au fait de ne pas être rabat-joie. Dans tous les cas ça ne sera pas exhaustif, ni sans parti pris. Non sans cynisme, mais non sans humour.

Cher lecteur, chère lectrice,

Saint Nicolas s'adresse à deux enfants :
"Bonjour les enfants, comme vous avez été sages, je vous apporte l'effondrement systémique de notre civilisation !"
L'un des enfants dit à l'autre : "Je t'avais bien dit que c'était les parents..."
Légende de la case : "Saint-Nicollapse"
Source : Penseur Etoile sur Instagram

Au menu de cette dernière Epine de l’année,

  • Le MR, sauveur du cordon sanitaire
  • La politique de mobilité des années soixante
  • Une histoire de bœufs
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Un beau conte de Noël

Un beau conte de Noël. On en parlait dans notre première Épine, la droite et l’extrême droite s’étaient alliées au parlement européen pour adopter l’Omnibus, enterrant du même coup la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. On était choqués – mais soulagés. Les parlementaires francophones au parlement européen avaient TOUS voté contre cette proposition d’Omnibus. Un front francophone pour la planète et l’humain, enfin un beau conte de Noël à raconter au pied du sapin.

Le MR protège le cordon sanitaire. C’était avant d’apprendre dans l’Écho, quelques semaines plus tard, que si les parlementaires MR (Sophie Wilmès, Olivier Chastel et Benoit Cassart) avaient voté contre cette loi qui détricote le Green Deal, c’était bien pour « garantir un cordon sanitaire » et non pour des raisons écologiques et sociales. Car, dit une source libérale dans l’article, « on était relativement d’accord sur le contenu du texte ». Nous prenons donc note de cette défection des parlementaires MR du camp du bien commun. 

De l’extérieur, ça devient flou. Pour garantir le cordon sanitaire, le parti aurait pu commencer par éviter de recruter ses membres dans les partis d’extrême droite. Mais nous voilà néanmoins bien rassurés de voir qu’au sein du MR, on fait toujours la distinction entre la droite et l’extrême droite. Parce que c’est vrai que vu de l’extérieur, ça devient flou. En témoigne le nombre de chroniques et d’articles de presse récents intitulés « Le MR est-il d’extrême droite ? ».

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Femme au volant, problème au tournant

Golden sixties. Si vous aussi vous vous demandiez pourquoi la politique de notre ministre des Routes et des Autos avait un peu des airs de politique des années 60, voici peut-être une partie de la réponse. Ici rassemblés, les représentants du secteur des travaux de voirie en Wallonie. La construction de route, Madame, ça reste un métier d’hommes. On veut des belles routes pour faire rouler nos belles bagnoles.

Source : LinkedIn

#Not all men ? But a lot of men, si on en croit l’étude de Canopea sur l’imaginaire collectif entourant la voiture. En effet, la voiture, et tout l’imaginaire qu’elle génère, c’est avant tout un business de bonhommes. Plus de puissance, plus de liberté, un meilleur statut social… Le seul critère pour lequel les femmes dépassent les hommes quand on parle de bagnoles, c’est l’attention qu’elles portent aux nuisances environnementales des véhicules.

Money for nothing, chicks for free. Avec le nombre de chantiers en cours et les nouvelles routes que le ministre entend construire (les érigeant même au statut de ‘projet stratégique’ dont le permis sera directement octroyé par le gouvernement), voilà certes des acteurs intéressants avec qui favoriser les relations étroites. Et ce , même s’il a été démontré que la construction d’une nouvelle route génère une augmentation globale du CO2 émis par le secteur transport. Plus de CO2 pour un prix exorbitant : la construction d’un kilomètre (!) d’une nouvelle route coûte entre 8 et 16 millions d’euros d’argent public. De quoi financer quelques belles politiques de mobilité active et de shift modal. Ce concept n’a pas encore été inventé en 1960 ?

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Coppieters met la charrue avant les bœufs pendant que Dalcq s’inquiète de savoir pourquoi ils sont malades (les boeufs)

Ce jeudi, les phytos c’est fini. En grande pompe, le ministre Coppieters annonçait au parlement wallon que le gouvernement s’apprêtait de manière imminente à adopter un package de mesures ambitieuses pour réduire l’impact des pesticides sur la santé et l’environnement. Alors ainsi, les Engagés auraient réussi à obtenir un accord avec le MR, notamment pour protéger les captages ?

Sauf que, deux jours plus tard, le sujet n’apparaissait même pas à l’ordre du jour du gouvernement.

Officiellement – car la ministre Dalcq était absente. Invitée à prendre la parole dans un groupe de travail européen sur les maladies émergentes qui touchent le bétail.

Officieusement – car, malgré les annonces du ministre Coppieters, il n’y avait, en fait, pas d’accord sur les textes au sein du gouvernement. En gros, le MR bloque. Et, plutôt que de faire les négociations lui-même, il envoie les syndicats agricoles à la table des discussions. Tant que les syndicats ne seront pas d’accord, le MR ne lâchera rien. Pas de chance pour eux, la santé, l’environnement, les riverains, la qualité de l’eau et le gouffre d’argent public que sa protection engendre n’ont pas, eux, de syndicats. C’est un peu pour ça qu’ils comptent sur les politiques.

De beaux jours devant eux. À ce rythme-là, les pesticides – et les cancers associés – ont encore de beaux jours devant eux. Dommage qu’ils ne disparaissent pas aussi facilement que les points à l’ordre du jour du gouvernement.

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Logo de l'Epine (une branche de rosier montrant ses épines) et sa baseline Chronique outrée mais courtoise

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