L’Epine – Chronique outrée mais courtoise

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L’Épine outrée mais courtoise – une chronique de Canopea qui vous informe sur tout ce qui se trame alors que ça ne devrait pas, et tout ce qui ne se trame pas alors que ça devrait. Parfois on parle aussi de ce qui va bien, rapport au fait de ne pas être rabat-joie. Dans tous les cas ça ne sera pas exhaustif, ni sans parti pris. Non sans cynisme, mais non sans humour. 

Chers lecteurs, chères lectrices,  

Bonne année !  

Reconnaissons-le : le plus dur est fait – les conversations fatiguées du 1er janvier, “Meilleurs vœux” déjà souhaité 84 fois, le retour au boulot et la question “alors les vacances ?”…  

Et puis : la neige nous aura permis de déjà mettre derrière nous les remarques climatosceptiques de nos grands-oncles “-8°C et on nous gonfle avec le réchauffement climatique”. 

Et enfin, Trump a attaqué le Vénézuéla et s’est retiré du GIEC, tout ça sur la 1ère semaine de janvier. C’est sûr, le pire de l’année est passé ! Non ?  

Au menu de cette première Épine de l’année : 

  • Un aperçu des grands dossiers qui marqueront 2026 
  • Le Mercato d’hiver qui est lancé 
  • Un retour sur l’évènement de fin d’année de la FEB 
  • Mais qu’est-ce qu’on fera quand on sera gros ? 
  • Et le tragique début d’année d’Alain et Béatrice  

Les grands dossiers qui marqueront 2026 

En cette rentrée de janvier, comme de coutume, plusieurs quotidiens font état des “grands dossiers qui marqueront 2026”. Ainsi, à l’échelle wallonne, les priorités identifiées sont la rationalisation des provinces et des communes, la réforme du code sur le bien-être animal, la rémunération des top managers de l’administration, la fusion des gestionnaires de réseaux de distribution (GRD)… Autant de dossiers d’ampleur qui vont certainement changer le quotidien des Wallonnes et des Wallons, et à tout le moins, leur assurer un avenir digne dans un environnement sain.  

Mais, si notre gouvernement – ou nos journalistes – manquent d’inspiration pour trouver des dossiers d’envergure, on peut certainement, en cherchant bien, en trouver quelques-uns à leur glisser à l’oreille : l’aboutissement de la réforme sur les primes à la rénovation, la baisse de 50% de l’utilisation des pesticides, l’obligation d’atteindre 5% d’aires protégées pour la biodiversité sur le territoire, la renégociation du contrat de service public des TEC, la sortie des PFAS, le travail des communes vers le Stop Béton 2050… 

Marqueront-ils l’année 2026 ? Ça dépendra du sérieux avec lequel nos élus considèrent les enjeux environnementaux.  

Mercato : la saison des transferts est ouverte 

Mercato d’hiver. Ce 6 janvier commençait la période du mercato d’hiver, en football comme en politique. Premier transfert de la saison, le Bruxellois De Maegd quitte les bleus pour les turquoises. Montant du transfert ? Une place dans le prochain gouvernement bruxellois ?  

Accepter sans broncher. D’autres joueurs feront-ils le même choix ? C’est peu probable, au vu du silence oppressant qui règne chez les bleus depuis l’annonce de ce transfert. Le reste de l’équipe semble accepter sans broncher que leur club ait “banalisé la caricature et l’insulte et tourné le dos à des secteurs essentiels” alors que l’entraineur “banalise le discours identitaire, […] véhicule des messages déshumanisants, […] reprend les codes d’un populisme dangereux […]” (Communication de Michel de Maegd, 6 janvier 2026).  

Miser sur le local. Si les élus fédéraux et régionaux semblent, pour le moment, la jouer collectif, c’est moins le cas chez les élus communaux, où plusieurs conseillers ont également rendu leur carte bleue. 3 joueurs de Brugelette, 1 joueur d’Evere. Les joueurs de D3 semblent avoir moins à perdre en assumant pleinement leur désaccord avec la nouvelle ligne du parti qui ne correspond plus aux valeurs libérales. 

Froid polaire. Les problèmes de gestion interne du club sont pourtant connus depuis l’annonce du froid polaire qui règne entre Sophie Wilmès – la personnalité politique préférée des Wallon·nes – et le président du club de Boussu. Tout cela au moment où les bleus dégringolent dans les sondages, en ayant perdu 10 points dans les intentions de vote depuis les dernières élections.  

Jouer match par match. La suite ? On verra. La saison est encore longue. On va jouer match par match. En attendant, la routourne va vite tourner.  

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Source : Tenor.com

La FEB prend la mesure de l’Histoire 

Be prepared. Retour sur l’évènement de fin d’année de la Fédération des Entreprises de Belgique, qui visait à parler de l’ensemble des risques auxquels sont exposées les entreprises.   »Le contexte économique et géopolitique actuel expose les entreprises à des risques disruptifs de plus en plus variés » précise la fédération d’entreprises dans la présentation de son évènement. Mais lesquels ? 

Place de choix. Le  global risk report réalisé par le World Economic Forum, l’équivalent de la FEB à l’international, classe systématiquement les risques environnementaux comme les principales menaces pour l’économie à 10 ans. On s’attendrait donc à voir l’environnement occuper une place de choix dans le programme de la journée belge…  

Et pourtant…  L’ensemble de la journée sera consacré aux risques numériques et aux défaillances techniques. En effet, sur base de leur “Business Risk Survey”, les employeurs belges estiment que les cyberattaques constituent les principales menaces (61%), alors que le changement climatique (cité en dernier), ne constitue qu’une menace potentielle (19%).  

Et la FEB de s’étonner : “seules 39% des entreprises belges ont mis en place un processus avancé de gestion des risques”. On confirme – les entreprises ne sont pas du tout préparées à -un monde à +3 °C, qui, si la FEB continue à minimiser à ce point l’importance de l’enjeu climatique arrivera bien plus tôt que prévu.  

Qu’est-ce qu’on fera quand on sera gros ?  

On interdira la pub pour la malbouffe. Comme au Royaume-Uni, pays européen où 25 à 30% des enfants de 5 à 9 ans sont en surpoids ou obésité, et où la pub est désormais interdite sur le Net et à la télévision. En Belgique on en est à 18 à 22%… 

Et en attendant ? On laisse l’industrie du gras et du sucre se réguler elle-même et fixer ses propres règles sur ce qui est une ‘publicité éthique’. Alors même que le Conseil Supérieur de la Santé pointe que “ l’autorégulation n’a pas permis de réduire de manière significative l’exposition des enfants au marketing des aliments malsains. Cela contredit la nécessité et la responsabilité des gouvernements de protéger pleinement les droits des enfants au meilleur état de santé possible. » 

Pas responsables nos gouvernements ? Mais si voyons, depuis le 1er janvier, la publicité pour la malbouffe est interdite dans un rayon de 150 m autour des écoles. Héroïque efficacité, voici nos enfants sauvés.  

Alors, on vise quel pourcentage de surpoids/obésité chez les enfants avant de considérer que leur santé est plus importante que les profits de l’industrie de la malbouffe ? 

Tragique début d’année pour Alain et Béatrice 

C’est avec effroi qu’Alain et Béatrice ont appris la fin des vols passagers à partir de Liège Airport“C’est une catastrophe”. Le couple adorait cet aéroport qui leur permettait de se rendre, très facilement et à bon prix, dans leur seconde résidence de la Costa Blanca. On comprend leur émoi, et celui de tous leurs amis pensionnés qui effectuent la même transhumance 4 fois par an. Car, nous l’apprenons, à la Costa Blanca, un village est même surnommé ‘Amay’ tant il est envahi de gens de la région.  

Alain et Béatrice pensent aux générations futures. Car au moins, dans le Terminal de Liège Airport, parmi les quelques dizaines de passagers, “on n’a jamais eu peur de perdre nos petits enfants”. Le fait que chaque aller-retour les rapproche un peu plus d’un monde à +3°C  ne semble cependant pas les chagriner.  

Mais attention ! “Hors de question qu’on embarque un jour sur un avion Ryanair”. Alain et Béatrice ont des principes.  

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Logo de l'Epine (une branche de rosier montrant ses épines) et sa baseline Chronique outrée mais courtoise

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