L’Epine – Chronique outrée mais courtoise

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L’Épine outrée mais courtoise – une chronique de Canopea qui vous informe sur tout ce qui se trame alors que ça ne devrait pas, et tout ce qui ne se trame pas alors que ça devrait. Parfois on parle aussi de ce qui va bien, rapport au fait de ne pas être rabat-joie. Dans tous les cas ça ne sera pas exhaustif, ni sans parti pris. Non sans cynisme, mais non sans humour. 

Chers lecteurs, chères lectrices,  

Sur le plan des principes, qu’est-ce qui est pire ?

  • Signer un accord de libre-échange potentiellement illégal pour s’émanciper de nos relations commerciales avec les Etats-Unis ;
  • Importer 80% de notre gaz des mêmes Etats-Unis parce qu’on manque de volonté politique pour assurer notre souveraineté énergétique ?

Ce nouveau numéro de l’Epine vous permettra, on l’espère, de vous faire votre propre avis, avec au menu:

  • De l’Europe à la Wallonie, on revient sur la saga Mercosur
  • Passage par la Mer du Nord pour ne pas voir les avancées du ministre de l’Energie
  • Retour chez nous où on se questionne sur la mystérieuse échelle de la morale du MR

Bonne lecture !

Mercosur : plus de bœufs contre plus de bagnoles – tout cela est-il bien légal ?

Il est rare que ce qui se passe au niveau européen fasse tant l’actualité. Peu de gros titres, en 2025, dans la presse alors que 10 lois Omnibus ont été adoptées, détricotant méthodiquement et froidement tous les gardes-fous qu’avait construits l’Europe pour protéger sa santé et son environnement.

Tracteurs, patates et mobilisation de la société civile et des syndicats aidant, le Mercosur est pourtant sous les radars de l’ensemble de la presse européenne, mettant une pression bien justifiée sur le Parlement Européen qui devait se prononcer sur une résolution portée par 144 députés.

Tout cela est-il bien légal ? C’est la question que voulaient poser, à la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), les députés qui ont déposé cette résolution. Vérifier la conformité de l’accord Mercosur avec le droit européen. Il ne s’agissait donc pas d’un vote pour ou contre le Mercosur – mais d’un vote qui indiquerait si l’assemblée est pour ou contre le fait d’analyser la légalité du texte.

334 voix pour – 324 voix contre. A 10 voix près, le parlement européen a accepté d’interroger la CJUE sur la légalité du texte. Une première victoire pour freiner l’accord Mercosur. Mais une énième défaite pour notre démocratie ? 324 député·es – près de la moitié du Parlement – étaient prêt·es à adopter l’accord en se foutant royalement de savoir s’il respectait la loi. Pour importer plus de bœufs nourris aux OGM et exporter plus de bagnoles, 324 députés étaient ainsi prêts à prendre le risque d’adopter un accord potentiellement illégal ?

Avoir poney comme Wilmès sur l’accord Mercosur. La Vice-Présidente du Parlement a brillé par son absence lors du vote. Sainte Sophie a choisi de ne pas se salir les mains en prenant position : soutenir les agriculteurs ou les industriels ? Et c’est bien à l’image du malaise général des majorités MR-Engagés sur ce dossier – naviguer entre deux de leurs plus gros soutiens qui, pour une fois, ont des intérêts divergents.

La FJA instrumentalise le Mercosur. En parallèle des discussions européennes, la FJA surfe sur la mobilisation du secteur  pour tenter de faire capoter les avancées wallonnes en matière de pesticides. Tuyautés ou non par leur ancienne vice-présidente qui souhaite mettre la pression sur son partenaire de gouvernement, les tracteurs de la FJA se sont rassemblés devant le cabinet Coppieters pour manifester leur colère face aux ambitions du ministre.

Idéologie ou conflits d’intérêts ? Ayantainsi obtenu une séance de doléances auprès du gouvernement wallon, ils ont pu y affirmer que le travail sur les pesticides ne devait pas être ‘idéologique’. Autour de la table, le vice-président de la FJA, Adrien Deblonde, qui a expliqué les difficultés pour le secteur de se passer de pesticides. Vice-Président de la FJA…, mais aussi employé par la SCAM comme technico-commercial. Son job ? Conseiller et vendre aux agriculteurs des semences, des engrais… et des phytos ! Assurément un profil idéal pour entamer un dialogue constructif – et bien sûr dénué d’intérêt – avec le gouvernement, sur la nécessité de diminuer l’utilisation des pesticides.

Atomic Boy fait joujou avec notre souveraineté énergétique

La peste ou le choléra ? Dans ce contexte de hautes tensions géopolitiques, la dépendance énergétique de l’Europe apparait comme une faiblesse majeure. L’Europe a compensé la baisse de ses importations de gaz russe par une augmentation de gaz américain… D’ici 2030, 80% du gaz importé en Europe pourrait provenir des USA. Si l’Europe veut être un tantinet crédible sur la scène internationale, il va falloir qu’elle montre qu’elle est capable de s’assumer en matière d’énergie. Pas de pétrole sous nos pieds, pas plus que d’uranium. Bonne nouvelle, il y a un boulevard pour à la fois atteindre l’autonomie énergétique et les objectifs climatiques : un développement rapide et à grande échelle du renouvelable.

Pas de palais, pas de palais. Pourtant, notre ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, semble ne pas prendre conscience de l’urgence et met en péril notre approvisionnement énergétique. Après avoir suspendu sine die le projet de  »prise en mer » pour connecter les futurs parcs éoliens, le ministre est à la traine pour publier l’appel d’offres qui doit permettre la construction d’une zone éolienne supplémentaire en mer du nord. Il s’est fait rappeler à l’ordre par l’ensemble des acteurs du secteur (Eneco, Engie, Aspiravi…) qui soulignent leurs  »graves inquiétudes quant à la viabilité économique, concurrentielle et sociétale du cadre envisagé ». Pas de cadre stable, pas d’investissement. Pas d’investissement, pas de courant.  Pas de courant… Pas de courant.  

Manque d’efficacité ? De volonté ? Toujours est-il qu’en 2023, le MR annonçait qu’il n’entrerait pas dans “un gouvernement de l’incertitude énergétique”. Voilà maintenant qu’il la crée lui-même. Parce qu’à part être affublé d’un surnom sympa et avoir tenu 3 interviews, qui peut dire ce que le ministre Bihet a déjà fait de concret ? Il semble que la législature d’Atomic Boy est aussi lente au démarrage qu’une centrale nuke.

Le plan des principes – l’échelle magique de la morale dont personne n’avait connaissance

Le plan des principes : un outil qu’on nous avait caché jusque-là. Une échelle qui hiérarchise la gravité morale de certains actes. Ainsi, notre Vice Premier ministre David Clarinval, déclarait récemment : “La fraude sociale est plus grave, sur le plan des principes, que la fraude fiscale”.

https://www.lalibre.be/economie/mes-finances/2026/01/13/voici-combien-a-rapporte-la-lutte-contre-la-fraude-sociale-en-neuf-mois-GREG4D3SQVEUJBYSO5INSDNWDU/

Sous-entendu : est-ce plus grave de tricher quand on est pauvre que quand on est riche ?

Si quelqu’un possède ce fameux Plan des Principes, grimoire de morale, échelle magique qui semble guider les décisions politiques du MR, s’il vous plait, qu’il l’envoie prestement chez Canopea. Il est urgent que nous puissions en prendre connaissance afin de nous y conformer – il en va de notre responsabilité morale et de notre devoir de citoyen.

Nous pourrons enfin trouver réponse à ces questions.

Sur le plan des principes, est-il plus grave de :

Si vous avez d’autres dilemmes moraux, n’hésitez pas à nous les envoyer à l’adresse info@canopea.be nous nous ferons un plaisir de les classer sur la grande échelle des principes.

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