Fin 2025, le traditionnel colloque annuel du DNF était consacré à la restauration de la nature. À la suite de l’adoption, précisément, du Règlement de la Restauration de la Nature par l’Union européenne en juin 2024, chaque État Membre doit soumettre un plan national. Ce règlement impose de restaurer au moins 30% des habitats terrestres et marins dégradés d’ici 2030, et 90% d’ici 2050. C’est certainement la loi la plus ambitieuse en matière de protection de la nature, dans une période d’austérité accrue, où le Green Deal s’est fait méchamment attaquer.
C’est l’occasion de retracer les jalons historiques, politiques et des connaissances scientifiques acquises dans le domaine de la protection de la nature en Wallonie : elle doit en effet rédiger son propre plan stratégique. Que protège-t-on en Wallonie, d’où vient-on, que restaure-t-on et vers où va-t-on ?
La série d’épisodes que nous vous proposons souhaite vous informer sur la manière dont, au fil de son évolution, l’humain a d’abord enrichi les environnements locaux dans lesquels il s’est implanté, sans que les impacts ne soient irrémédiables et qui sont restés assez modérés, puis a, à une certaine période, agit de manière à aboutir à une crise de la biodiversité à l’échelle mondiale, crise sans précédent dans l’histoire de l’évolution de notre planète.
Aujourd’hui, l’empreinte de l’humain sur Terre est tellement prégnante qu’il ne reste que 3% des surfaces émergées encore intactes. La perte, la dégradation et la fragmentation des habitats, les pollutions, la surexploitation des ressources naturelles, les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques constituent les principaux facteurs de déclin et d’extinction des espèces.
Aujourd’hui, la masse artificielle totale créée par l’humain (béton, graviers, briques et asphaltes principalement) depuis 1900 est supérieure à la biomasse globale (dont les humains ne représentent que 0.01%) sur Terre ! À lui seul, le plastique pèse plus de deux fois plus que l’ensemble des animaux terrestres et marins réunis !
On parle, aujourd’hui, de 6ème extinction de masse : les espèces disparaissent à un rythme 1000 fois plus élevé que la normale. Et plus une espèce a été découverte tardivement, plus elle a de risque de s’éteindre. Les actions de conservation ont cependant permis de ralentir un peu ces extinctions (qui seraient 3 à 4 fois plus rapides sans ces actions), pour les mammifères et les oiseaux. Pour toutes ces raisons, cette époque a été dénommée l’Anthropocène (ref : IPBES).
Comment en est-on arrivé là ? C’est précisément ce que l’on se propose de vous faire découvrir dans cette « série de l’été ».
On va remonter très loin dans le temps, chercher les traces d’une nature inconnue dans laquelle évoluaient nos lointains ancêtres. Ces indices se cachent depuis fort longtemps dans les pollens enfouis dans les tourbières et les grottes occupées par les humains, dans les restes carbonés retrouvés dans les poubelles (fosses à déchets) des premiers agriculteurs qui ont cultivé nos terres.
On se perdra dans les archives historiques et les vieux livres, on rêvera devant les tableaux bucoliques des pleinairistes du 19ème siècle et on se replongera avec nostalgie dans l’inventaire des sites naturels de Belgique de Jean Massart.
On naviguera dans l’abondante littérature scientifique, qui ne fait que s’accumuler au même rythme que le déclin du sujet dont elle traite : celle relative à la perte de la biodiversité. On abordera aussi, bien sûr, la restauration de la nature, sur le terrain, mais aussi dans les textes législatifs.
Nous finirons par nous interroger sur le terme très « tarte-à-la-crème » de notre relation à la nature et avec les autres humains d’une même communauté. Loin d’être une vulgaire pâtisserie de supermarché, le concept de relation à la nature, adossé à celui des valeurs relationnelles, est en réalité un magnifique Saint-Honoré qui cache sous ces couches de crème des petits choux bien savoureux dont nous espérons que vous conserverez le goût le plus longtemps possible.

Conclusion – Restaurer la nature, restaurer le lien
Prendre soin du Vivant, de la Nature, de la Biodiversité, c’est essentiel.
Et votre soutien est essentiel pour y arriver.
Soutenez nos actions pour la préservation de la biodiversité et la restauration de la nature en Wallonie.
Crédit image illustration : Unsplash
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