Invisible mais meurtrier : l’ozone troposphérique tue 63 000 Européens par an, ravage les récoltes et aggrave les maladies respiratoires — pourtant, il reste largement ignoré des politiques publiques. Formé à partir des émissions de l’industrie, des transports et de l’agriculture, il prospère avec le réchauffement climatique. Il est temps d’agir.
L’ozone : identité, conditions propices et principales sources
L’ozone (O3) est un gaz oxydant issu de la pollution « photochimique ». C’est donc un polluant dit « secondaire ». Il n’est pas directement émis par les activités humaines, mais se forme dans l’atmosphère, sous l’action du soleil, à partir de polluants primaires (précurseurs) tels que les oxydes d’azote (NOₓ), les composés organiques volatils (COV), dont le méthane (CH4) etc.
L’ozone atteint des concentrations très élevées lors des étés chauds, ensoleillés, peu venteux et accompagnés de vagues de chaleur, conditions favorables à la formation d’ozone.
Bien que contre-intuitif, les concentrations moyennes annuelles sont plus élevées et les pics saisonniers plus fréquents en zones rurales qu’en zones urbaines. Cela résulte du fait que les réactions de destruction d’O3 y sont réduites en raison de concentrations plus faibles en monoxyde d’azote ou NO (trafic routier moindre) et plus élevées en composés organiques volatils ou COV (terpènes végétaux).
A l’échelle locale, ce sont essentiellement les émissions de NOx et de COV qui influencent les concentrations d’ozone. Les émissions de méthane (CH4) à l’échelle globale vont, quant à elles, aggraver les niveaux de fond de l’ozone. Les concentrations d’ozone mesurées au niveau régional sont le cumul de ce bruit de fond (lié au méthane mondial) et de l’ozone généré plus localement à partir des polluants précurseurs émis à l’échelle d’une zone transfrontalière.
Les graphiques suivants résument l’évolution des émissions wallonnes des principaux précurseurs d’ozone en détaillant la contribution des principaux facteurs d’activités. En matière de NOx (Figure 1), les émissions principales proviennent actuellement (2024) de l’industrie (32%) et des transports (35%).

Concernant les émissions de COV (Figure 2), les principaux postes d’émissions wallons (2024) sont l’agriculture (36%), l’usage de solvants (34%) et l’industrie (11%). Au sujet de l’agriculture, l’AWAC rappelle que « les émissions proviennent de la gestion des effluents, mais également lors du stockage d’ensilage, utilisé pour l’alimentation animale. Les cultures émettent également des COVM. ». Concernant l’utilisation des solvants et l’industrie, l’AWAC estime que «la réduction des émissions est souvent complexe à mettre en œuvre. « Il n’y a pas de solution universelle adaptée à tout procédé industriel. La réduction peut être réalisée par des actions à la source en limitant les consommations de solvants (mesures primaires) ou par traitement des effluents gazeux chargés en COVNM (mesures secondaires). »

Impacts sanitaires et agricoles
En 2023, selon l’AEE, 63 000 décès prématurés étaient imputables à la pollution à l’ozone en Europe. Il s’agit du polluant atmosphérique faisant le plus de victimes après les particules fines.
L’ozone affecte surtout l’appareil respiratoire, en particulier celui des personnes les plus sensibles (enfants, personnes âgées, personnes asthmatiques…). Les maladies respiratoires associées sont constatées sur le court terme et sur le long terme. Les pics de concentration – correspondant à un dépassement de 120 µg/m3 sur une moyenne glissante de 8h – sont principalement responsables des impacts sanitaires.
Dans son rapport dédié à l’ozone, le SPW indiquait ; « Bien que la Wallonie respecte les normes européennes de qualité de l’air ambiant en matière d’ozone, des efforts supplémentaires seront nécessaires pour tendre vers les valeurs plus strictes recommandées par l’OMS car les niveaux actuels sont jugés insuffisants pour protéger la santé. »
Sur le plan agricole, les pertes de récoltes dues à l’impact de l’ozone dans l’UE ont été estimées à plus de 17 millions de tonnes de blé en 2023. Cela correspond à une valeur d’environ 3,75 milliards d’euros. Selon les estimations, les pertes relatives de rendement les plus élevées se situent au Luxembourg (19,7 % des récoltes), en Autriche (17,7 %), en Belgique (17,7 %) et en Tchéquie (16,9 %).
Réglementation
À l’inverse des autres polluants atmosphériques, l’ozone ne se voit pas imposer de valeur limite juridiquement contraignante, notamment en raison de sa nature transfrontalière. La règlementation européenne impose des valeurs cibles (idéal à atteindre) ainsi que des seuils d’information et d’alerte imposant la mise en place de mesures lors du dépassement de ces seuils de concentrations.
Valeur cible : 120 µg/m3 pour le maximum journalier des moyennes sur 8 heures.
- Directive 2008/50/CE (bientôt obsolète): Maximum 25 jours de dépassement par année civile, par station de mesure (moyenne glissante calculée sur trois ans) ;
- Directive (UE) 2024/2881 (en cours de transposition et à respecter dès 2030) : Maximum 18 jours de dépassement par année civile, par station de mesure (moyenne glissante calculée sur trois ans) ;
L’objectif long terme (basé sur les recommandations OMS 2021) prévoit de ne pas dépasser 100 µg/m³ (maximum journalier de la moyenne sur 8 h), avec un maximum de 3 jours/an à atteindre d’ici 2050. A noter que l’OMS recommande également une valeur guide de 60 µg/m³ pour l’exposition de longue durée à l’ozone, calculée comme la moyenne des maxima journaliers sur 8 heures durant les six mois consécutifs les plus exposés de l’année (« saison de pointe »). Cette recommandation est fondée sur les preuves épidémiologiques établissant un lien entre une exposition chronique à l’ozone et une augmentation de la mortalité toutes causes ainsi que de la mortalité d’origine respiratoire.
La nouvelle Directive (2024/2881) stipule que « Des plans relatifs à la qualité de l’air devraient également être établis et mis à jour pour les dépassements des valeurs cibles pour l’ozone, sauf s’il n’existe pas de potentiel significatif de réduction des concentrations d’ozone dans les circonstances données et si les mesures visant à remédier aux dépassements entraîneraient des coûts disproportionnés. »
Seuil d’information : 180 µg/m3 en moyenne sur une heure, enregistré au niveau d’une station en Belgique ; actions gérées au niveau régional : information du public, des acteurs de la santé et des médias lors d’un risque de dépassement ;
Seuil d’alerte : 240 µg/m3 en moyenne sur une heure, enregistré au niveau d’une station en Belgique ; actions gérées au niveau national : activation de la phase d’alerte, coordination et mise en place des mesures appropriées.
La nouvelle Directive (2024/2881) stipule qu’« il convient d’établir des plans d’action à court terme indiquant les mesures à prendre à court terme en cas de risque de dépassement d’un ou de plusieurs seuils d’alerte applicables, afin de réduire le risque de dépassement et d’en limiter la durée. Les États membres devraient pouvoir, dans certaines circonstances, s’abstenir d’établir de tels plans d’action à court terme pour l’ozone s’il n’existe pas de potentiel significatif de réduction du risque, de la durée ou de la gravité d’un tel dépassement. »
Évolution
Comme illustré sur la Figure 1 ci-dessous, la fréquence répétée d’étés chauds et ensoleillés ces dernières années est accompagnée d’une augmentation des moyennes de concentrations.

Cette augmentation des concentrations moyennes d’ozone au cours des deux dernières décennies a de quoi surprendre lorsqu’on constate que, sur la même période, les émissions des précurseurs d’ozone (COV, NOx) ont quant à elles drastiquement diminué (cfr. Figure 1 et Figure 2). Cela peut s’expliquer d’une part par l’augmentation continue des émissions mondiales de méthane sur la même période, qui, elles, n’ont fait qu’augmenter. En effet, comme l’illustre la Figure 4, ce gaz s’accumule toujours davantage dans l’atmosphère mondiale au cours des années. Cela peut s’expliquer d’autre part par l’augmentation de la température estivale moyenne au cours des dernières décennies (Figure 5).


Néanmoins, la diminution des émissions régionales (Wallonie) atmosphériques de NOx et COV au cours des dernières décennies s’est tout de même accompagnée d’une réduction des dépassements des seuils (valeurs-cibles)

Les dernières données disponibles (2023 -2025) pour la Wallonie montrent également que le nombre de jours de dépassement de la valeur limite (120 µg/m³) ne dépasse le seuil de la nouvelle Directive (2024/2881) que pour une station (Eupen) en 2024.

Concernant le dépassement du seuil sanitaire recommandé par l’OMS1 pour les différentes stations de mesure présentes en Wallonie, la Figure 3 ci-dessous montre qu’aucune station de mesure ne respecte ce seuil.

Enjeu transfrontalier
Même si une région parvenait à contrôler parfaitement ses émissions locales, une partie importante de l’ozone proviendrait toujours des pays voisins (dissipation des polluants) voir plus lointain (notamment dans le cas du méthane).
La nouvelle Directive (2024/2881) rappelle que « La nature transfrontalière de certains polluants, tels que l’ozone et les particules (PM 10 et PM 2,5), oblige les États membres concernés à coopérer entre eux afin d’identifier les sources de pollution atmosphérique et les mesures à prendre pour y remédier et d’élaborer des activités coordonnées, telles que la coordination des plans relatifs à la qualité de l’air et des plans d’action à court terme, dans lesquels chaque État membre devrait s’attaquer aux sources de pollution sur son territoire, afin d’éliminer ces dépassements, ainsi que pour l’information du public. »
Pistes d’actions
Mesures existantes
Plan Air Climat Energie (PACE 2030)
Le PACE 2030 estime qu’il n’est possible d’agir sur les concentrations d’ozone qu’en agissant à long terme sur les émissions des polluants précurseurs (NOX, COVs, méthane) ». Le plan contient ainsi quelques mesures permettant de réduire les émissions atmosphériques de gaz précurseurs d’ozone. « Ces mesures visent notamment les secteurs des transports (incitation au report modal, régulation du trafic et de sa vitesse, création de « zones apaisées » dans les agglomérations…), résidentiel (diminution de la part du chauffage au bois et au charbon), de l’industrie (renforcement des valeurs limites d’émissions associées aux meilleures techniques disponibles via les permis d’environnement…) et de l’agriculture (établissement de bilans énergétiques, mise en œuvre de mesures visant à diminuer les apports d’engrais…). »
Parmi l’ensemble des mesures prévues par ce plan pour limiter les émissions de précurseurs d’ozone (NOx, COV), aucune ne semble à ce stade avoir fait l’objet d’une mise en œuvre.
Le plan prévoit pourtant certaines actions ambitieuses qui mériteraient d’être rapidement déployées. Parmi celles-ci, on retrouve notamment :
Pour limiter les NOx, le PACE 2030 prévoit ainsi :
- Transfert modal : Augmenter l’offre de transports en commun, sécuriser les infrastructures cyclables et piétonnes, et créer des « mobipôles » pour faciliter l’intermodalité.
- Sortie des moteurs thermiques : Calendrier de sortie progressive des véhicules thermiques (essence et diesel) pour les voitures particulières entre 2025 et 2050, et définition d’un calendrier pour les camionnettes.
- Gestion de la vitesse : Déploiement de zones 30 en agglomération, réduction de la vitesse de 90 à 70 km/h sur certaines routes hors agglomération et mise en place d’une gestion dynamique des flux sur les grands axes.
- Industrie : Révision des critères de qualité de l’air dans les permis d’environnement en intégrant les Meilleures Technologies Disponibles (MTD)
Pour limiter les COV, le PACE 2030 prévoit ainsi d’agir sur:
- Normes de produits : Le plan s’appuie sur la diminution des concentrations de solvants dans les produits et l’imposition de normes plus strictes pour les secteurs industriels.
- Agriculture : Bien que non pris en compte dans certains objectifs européens, les COV agricoles sont monitorés
Quant à la surveillance et à la gestion des pics, le plan fait mention :
- Point d’attention sur les pics de pollution : Lors des pics de pollution photochimique (ozone) en été, la Wallonie prévoit de renforcer la surveillance via ses 24 stations de mesure et de sensibiliser la population aux risques respiratoires, particulièrement pour les personnes vulnérables.
- Objectifs à long terme : La Région vise le respect des nouvelles recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à l’horizon 2050, tout en étudiant la faisabilité d’atteindre ces valeurs dès 2040
Plan forte chaleur et pics d’ozone
La Belgique dispose d’un « Plan Forte chaleur et pics d’ozone », dont l’objectif est d’anticiper l’apparition de pics de chaleur et d’ozone et de définir proactivement les mesures pour prévenir et limiter les impacts de l’ozone et de la chaleur sur la santé, particulièrement pour les personnes les plus fragiles.
Ce plan prévoit trois phases d’intervention, chacune assortie d’actions spécifiques.
- Phase de vigilance (du 15/05 au 30/09) ; consiste en un suivi des prévisions météorologiques par l’IRM et des concentrations d’ozone par la cellule CÉLINE.
- Phase d’avertissement : déclenchée selon des critères de température, elle active les plans d’action régionaux et locaux. Les principales actions incluent une communication intensive vers la population, la diffusion de conseils de santé et la mise en œuvre de mesures de terrain par les entités fédérées
- Phase d’alerte : elle nécessite une évaluation par des groupes d’experts (RAG et RMG). Cette phase prévoit le renforcement des mesures existantes et la mise en place de mesures spécifiques coordonnées par le SPF Santé publique pour contrôler les effets sanitaires.
Ce plan n’agit donc pas à la source du problème et ne permet donc pas de contribuer à diminuer les concentrations d’ozone dans l’air ambiant. À défaut de prendre le problème à bras le corps, le plan liste une série de mesures de prévention adressées aux citoyens. Parmi celles-ci, on retrouve notamment des mesures de l’ordre de :
- Hydratation : Boire plus que d’habitude, sans attendre d’avoir soif, tout en évitant l’alcool et les boissons trop sucrées ou caféinées.
- Protection thermique de l’habitat : Garder les fenêtres et rideaux fermés durant la journée et aérer uniquement tôt le matin, en soirée ou durant la nuit.
- Adaptation des activités : Rester à l’intérieur aux heures les plus chaudes, limiter les efforts physiques (sport) et, si possible, décaler les heures de travail.
- Protection individuelle : Utiliser de la crème solaire à indice élevé et s’informer auprès d’un médecin ou pharmacien sur l’interaction possible des médicaments avec la chaleur
Les autorités fédérales ont également établi un « Protocole de coordination entre les 3 Régions et CELINE dans le cadre de la mise en œuvre du plan « Forte chaleur et pics d’ozone » »
Mesures complémentaires
Comme expliqué dans les paragraphes précédents, l’ozone est un polluant secondaire dépendant des émissions de certains polluants primaires, appelés précurseurs. Parmi eux figurent les oxydes d’azotes (NOx), les composés organiques volatils (COV) et le méthane.
Seule une réduction conjointe et drastique de ces différents polluants pourrait limiter la formation d’ozone. Agir uniquement sur les oxydes d’azote n’aura pas d’effet, voir sera contre-productif. En effet, le monoxyde d’azote (NO), résultant notamment des émissions de dioxyde d’azote (NO2), réagit, sous l’effet du rayonnement solaire, avec l’ozone (O3) pour produire du dioxyde d’azote (NO2) et de l’oxygène (O2). Le NO contribue donc à réduire les concentrations d’ozone.
La réduction des émissions de COV est donc nécessaire pour contribuer à la diminution des concentrations d’ozone. L’AWAC rappelle que ces émissions « sont dues à certains procédés industriels impliquant la mise en œuvre de solvants (chimie de base et chimie fine, parachimie, dégraissage des métaux, application de peinture, imprimerie,…) ou n’impliquant pas de solvants (raffinage du pétrole, production de boissons alcoolisées,…). Les installations de combustion sont également source de COV, en particulier les installations de combustion de bois. Des COV sont émis lors de l’utilisation par les particuliers ou les professionnels de produits contenant des solvants (peintures, dégraissants, produits lave-glace, cosmétiques,…), mais aussi par évaporation de carburant (essence) lors du remplissage des citernes ou des réservoirs des véhicules dans les stations-service. Une part importante des émissions totales de COV est naturellement produite par la végétation (notamment par les forêts ».
Pour réduire ces émissions, certaines actions peuvent donc être entreprises en agriculture, dans le secteur des solvants industriels, des peintures et vernis, des raffineries, certaines industries chimiques, la combustion de biomasse, etc.
Pour répondre à l’enjeu du « bruit de fond » de la pollution à l’ozone, il convient par contre de contribuer à l’effort international dans les émissions de méthane. L’AWAC déclare à ce titre que « le méthane (CH4), par sa longue durée de vie dans l’atmosphère, est également un important précurseur d’ozone. Les niveaux de concentration en Europe sont influencés par les émissions de méthane de l’ensemble de l’hémisphère nord (importantes en Chine, Inde, Russie…). La réduction des émissions des précurseurs (NOx et COV) dans l’Union européenne a permis de diminuer la fréquence et l’intensité des « pics » d’ozone. Cependant, il paraît difficile de réduire les concentrations au niveau prescrit par l’OMS (100µg/m3 moyenne sur 8 heures) sans réduction drastique des émissions transfrontières de méthane de l’ensemble de l’hémisphère nord ».
Des initiatives inspirantes peuvent ainsi être trouvées à l’étranger et sont compilées sur le Dashboard dédié de l’AEE et résumées dans leur dernier rapport consacré à l’ozone. Parmi celles-ci, on retrouve notamment :
- Croatie : Elle a élaboré des plans d’action pour l’ozone pour certaines villes. Les mesures incluent la gestion du trafic, les opérations portuaires, l’utilisation de l’électricité à quai pour les navires et l’efficacité énergétique. Les plans n’ont pas été traduits, mais sont disponibles via ces liens ; Plan d’action de la ville de Pula et Plan d’actions de Rijeka et Korzo
- France : L’ozone est traité via les Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) et les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET). Des mesures spécifiques visent à réduire les émissions industrielles de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). Voici en guise d’exemple un bref aperçu du PPA de Strasbourg, de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône :
- PPA de Strasbourg : contient notamment un axe dédié à la sensibilisation aux COV. Une mesure spécifique vise ainsi à sensibiliser le grand public et les acteurs publics à l’utilisation de matériaux et produits moins émissifs en COV (peintures, vernis, produits d’entretien). Pour limiter les COV industriels, le plan prévoit de renforcer la surveillance des installations industrielles (ICPE), notamment pour les polluants non réglementés ou émergents, comme le benzène ou d’autres COV. Strasbourg agit sur les NOx en instaurant des Zone à Faibles Émissions (ZFE), en développant des mobilités actives, tel qu’un Réseau Express Vélo (REV), en stimulant les transports collectifs, etc. Lors des pics de pollution, Strasbourg prévoit une procédure d’urgence de circulation différenciée ainsi qu’un renforcement des contrôles de vitesse et des vignettes Crit’Air. La ville mise également sur une végétalisation massive via son plan « Canopée » dont l’objectif est de planter 10 000 arbres en 10 ans pour lutter contre les îlots de chaleur urbains. Une réduction de la place accordée à la voiture en ville au profit d’espaces végétalisés et de zones de rencontre est également à l’agenda
- PPA de Vaucluse : de nombreuses mesures sont similaires à celles présentes dans le PPA cité ci-dessus. Parmi les actions supplémentaires intéressantes, figure notamment la mise en place d’un Fonds Air Bois (FAB) stimulant l’accélération du remplacement des vieux chauffages au bois par des appareils performants (Flamme Verte 7*), car le chauffage résidentiel est une source importante de COV. Figure également le développement de réseaux de chaleur alimentés par des énergies renouvelables à Avignon pour substituer les chauffages individuels fossiles émetteurs de polluants. Le plan prévoit également l’intégration de la qualité de l’air dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) pour limiter l’exposition des populations à proximité des axes routiers.
- PPA des Bouches-du-Rhône : contenus similaires aux plans ci-dessus.
- Espagne : Le pays dispose d’un Plan National de l’Ozone basé sur une étude scientifique identifiant les zones les plus touchées (bassins d’ozone) et les précurseurs clés issus du transport routier et maritime. Ce plan aborde ainsi une série de mesure dans le secteur des transports et de la mobilité durable en vue de limiter les émissions de NOx (ZFE, mobilité électrique, transports publics). Certaines mesures sont spécifiques au transport maritime (électrification des ports). D’autres mesures concernent la transition vers les énergies renouvelables. Un ensemble de mesures dédiées à la limitation des COV concerne l’industrie. Les autorités ont ainsi identifié 19 COV prioritaires ayant le plus fort potentiel de formation d’ozone (comme le toluène et les isomères du xylène) pour concentrer les efforts de réduction. Le plan impose l’utilisation des Meilleures Techniques Disponibles (MTD) dans l’industrie et renforce les contrôles des émissions dans les stations-service. Plusieurs actions internationales et transfrontalières sont également proposées, telles que le soutien officiel de l’inclusion du méthane dans le Protocole de Göteborg afin de réguler ce précurseur à l’échelle hémisphérique. Par son plan, l’Espagne appuie également la création d’une zone de contrôle des émissions d’azote (NECA) en mer Méditerranée afin de limiter la pollution issue du transport maritime international.
Ressources utiles
- European Environment Agency (EEA), “Addressing ground-level ozone pollution in Europe », Briefing, 30/04/2026
- European Environment Agency (EEA), National Emission reduction Commitments Directive – Policies and Measures (PaMs) to reduce air pollutants emissions, février 2024
- Journal officiel de l’Union européenne, « Directive (UE) 2024/2881 du parlement européen et du conseil du 23 octobre 2024 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe »
- État de l’environnement wallon, « Ozone dans l’air ambiant (santé) »
- État de l’environnement wallon, « Émissions de précurseurs d’ozone troposphérique »
- OMS, 2021. Lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air : particules (PM2,5 et PM10), ozone, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre et monoxyde de carbone. Résumé d’orientation
Crédit image illustration : Adobe Stock
- Max. jour. des moyennes glissantes 8h > 100 µg/m³, à ne pas dépasser plus de 3-4 fois par an ↩︎
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