Ratification du CETA : le Parlement wallon préfère les multinationales à l’intérêt collectif

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Ce mercredi 17 juin, les parlementaires de la majorité MR-Engagés ont voté la ratification du CETA. Canopea regrette cette décision et acte que la majorité s’écarte de l’accord de gouvernement qu’elle a conclu en 2024. Pour le secteur environnemental, ce vote constitue un signal inquiétant pour l’agriculture et l’environnement.

D’abord, le CETA est un mauvais accord pour l’environnement. Il favorise les échanges de biens polluants et aucune sanction commerciale n’est prévue en cas de violation des engagements en matière de développement durable.

Pour David Olivier, chargé de mission chez Canopea : « Un an après sa mise en application provisoire, le Canada se félicitait de la hausse de 63% des exportations de combustibles fossiles canadiens vers l’Europe. Clairement, la mise en œuvre de ce traité est incompatible avec les objectifs climatiques européens ».

Ensuite, la ratification du CETA par la coalition MR-Engagés ouvre la voie à l’activation d’un tribunal d’arbitrage devant lequel les multinationales pourront attaquer des lois relatives à la protection de l’environnement, de la santé, du travail.

« Dans un contexte où chacune et chacun peut ressentir les effets de la politique d’austérité du Gouvernement wallon, ce vote paraît d’autant plus injuste car ce mécanisme permettra littéralement aux plus grandes entreprises de se servir dans les caisses de la Wallonie et d’aggraver le déficit budgétaire si elles obtiennent gain de cause devant ce tribunal, car les montants réclamés sont souvent exorbitants », souligne David Olivier.

Enfin, sur la question agricole, la majorité azur ne tient pas ses engagements. L’accord de majorité indique en effet que le Gouvernement wallon plaidera pour l’exception agricole et l’inclusion de clauses miroirs dans les accords de libre-échange – une condition minimale pour protéger l’agriculture européenne et soutenir la nécessaire transition environnementale du secteur. Dès lors que le CETA ne contient aucune clause miroir, le vote du Parlement wallon s’inscrit en contradiction flagrante avec les engagements de la majorité.

Le Parlement wallon avait aujourd’hui une opportunité historique d’user de son poids dans le processus de ratification pour obtenir des avancées substantielles concernant le CETA et faire des accords de libre-échange des leviers pour le développement durable. La ratification de cet accord enterre cette opportunité, en même temps que la crédibilité de la majorité sur les enjeux agricoles et environnementaux. Ce vote témoigne d’un choix clair de la coalition azur : privilégier les multinationales plutôt que notre intérêt collectif.

Contact : David Olivier, chargé de mission Agriculture – 0489 04 54 35

Crédit image illustration : Adobe Stock

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