Le gouvernement fédéral annonce ce jeudi la signature d’un MOU (« Memorandum of Understanding ») entre la Belgique et la Norvège sur la construction d’un pipeline de CO2 depuis Zeebruges. Le mouvement environnemental s’inquiète de cette décision qui risque de coûter fort cher aux ménages et entreprises pour un bénéfice climatique plus qu’incertain.
La capture/stockage du CO2 (CCS) est une technologie dont l’impact climatique demeure très incertain. Elle vise à traiter le symptôme et non la source du problème. Elle augmente en outre la consommation d’énergie des installations industrielles au moment de la capture du CO2, tandis qu’à l’autre bout de la chaîne, de sérieux doutes demeurent sur la permanence de l’enfouissement ou sur les quantités de CO2 effectivement stockables à long terme [1]. Le CCS est l’un des moyens de décarbonation les plus coûteux et les moins efficaces sur le plan climatique [2].
Le mode de financement de ce pipeline et d’un réseau CO2 n’a pas été annoncé. Mais, sur base des projets existants, on craint que des centaines de millions d’euros d’argent public soient mobilisés pour sécuriser, voire même directement investis, dans l’infrastructure CO2.
“Les moyens publics limités devraient en priorité financer l’électrification de l’industrie, du transport et du chauffage”, réagit Elodie Belleflamme de Greenpeace Belgique : “L’électrification des procédés industriels offre encore un immense potentiel de décarbonation : une stratégie “sans regret” pour sortir des énergies fossiles, stabiliser les coûts et renforcer notre compétitivité. L’urgence est d’investir massivement et résolument dans les infrastructures électriques.” [3]
À l’inverse, les infrastructures CO2 risquent de justifier le maintien de cette dépendance fossile. “Le gouvernement met ses œufs dans le mauvais panier”, ajoute Arnaud Collignon de Canopea. “Cette infrastructure CO2 risque d’être une diversion risquée et coûteuse, au profit de quelques industries, mais qui sera surtout payée par les ménages.”
Les organisations environnementales exigent dès lors la plus grande transparence de la part du gouvernement sur les moyens qui seront effectivement débloqués pour ce pipeline et l’ensemble de l’infrastructure CO2.
Notes :
[1] Voir l’étude publiée dans Nature, “A prudent planetary limit for geological carbon storage’’ en septembre 2025
[2] Voir le rapport de Helios Foundation sur les moyens de décarbonation les plus impactants, https://heliosfoundation.be/news-item/decarbonization/, publié en 2025.
[3] Greenpeace Belgique vient de lancer ce 24 mars un plan d’urgence avec 27 mesures pour sortir rapidement de notre dépendance des énergies fossiles.
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