Conditionné au vote pour l’objectif climatique 2040, le report d’un an de l’ETS 2 a été validé ce matin par le Parlement européen. C’est un grave recul pour la démocratie et pour l’action climatique. Ce report ne doit en aucun cas être la première étape d’un détricotage en règle.
Après un accord péniblement arraché par les gouvernements européens sur l’objectif de -90% d’émissions en 2040, ce sont aujourd’hui les parlementaires qui suivent la même ligne. Mais cet accord a un coût douloureux : une mise en œuvre de l’ETS 2 reportée à 2028.
L’ETS 2 était pourtant annoncé de longue date, et les Etats membres ont eu le temps de s’y préparer. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un délai n’adoucira pas l’entrée en vigueur de l’ETS 2 qui, de facto, sera moins progressive, donc… plus brutale.
D’autre part, les Etats membres font une croix sur des recettes cruciales pour la transition : environ 50 milliards seront perdus du fait du report. Le Fonds Social Climat, conçu pour protéger les ménages et les micro-entreprises vulnérables, sera quant à lui privé automatiquement de 16% de ses revenus. Des investissements réduits et reportés à plus tard limiteront considérablement la capacité à protéger les groupes vulnérables.
Sans compter que ce report réduit davantage les possibilités d’atteindre les objectifs climatiques 2030.
La bonne manière d’atténuer les impacts de l’ETS 2 aurait été de renforcer les mesures réduisant la consommation de combustibles fossiles, en rénovant les logements, en investissant dans la mobilité partagée,… Ces tergiversations de dernières minutes et la perte de crédibilité qui en découle sapent les incitations à de tels investissements, que ce soit pour les ménages ou pour les entreprises.
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