Se chauffer au bois, sans se cramer la santé ? C’est possible !

You are currently viewing Se chauffer au bois, sans se cramer la santé ? C’est possible !

Le trafic routier a souvent été pointé du doigt pour sa contribution à la pollution de l’air. Néanmoins, même si notre mobilité reste en grande partie responsable de nos émissions de gaz à effet de serre et de dioxyde d’azote, le chauffage résidentiel détrône aujourd’hui le trafic routier en matière de pollution aux particules fines. Nos différents modes de chauffage au bois sont ainsi responsables de plus d’un tiers des particules fines que nous respirons en Wallonie. 

Quelques éléments de contexte 

Sur le plan sanitaire, les particules fines inférieures à 2,5 micromètres, appelées PM2,5, figurent parmi les polluants atmosphériques les plus problématiques en Wallonie. La moyenne wallonne des concentrations mesurées respecte la norme européenne depuis de nombreuses années. Les recommandations de l’OMS ne sont quant à elle pas respectées. Si le coût sanitaire de ce polluant est difficile à chiffrer, l’Agence Européenne de l’environnement (AEE) évalue que les PM2.5 sont annuellement responsables de 4 150 décès prématurés en Belgique1 (dont 1 650 en Wallonie)2.

Nos installations de chauffage sont actuellement responsables de près de 50% des émissions de PM2.5 en Wallonie. Ce chiffre concerne l’ensemble des dispositifs présents sur le territoire ; chaudières à mazout, à gaz, biomasse, poêles, etc. Néanmoins, l’essentiel (81 %) de cette pollution résidentielle provient de nos modes de chauffage au bois (chaudières, poêles, …). 

Si la biomasse n’est utilisée que par 10% de la population wallonne comme source d’énergie principale, près de 400 000 ménages – soit 25 % des ménages – sont tout de même équipés d’un dispositif de chauffage au bois (source d’énergie principale ou secondaire)3. Sans compter le nombre croissant de chaudières communes et de centrales biomasses qui émergent depuis peu sur le territoire.  

Au niveau des normes de produits, le cadre réglementaire évolue pour la mise sur le marché des nouvelles installations, notamment avec l’arrivée récente de la norme Ecodesign. Néanmoins, le nombre de dispositifs fortement émissifs (non-normés, manque d’entretien, mauvaise utilisation, …) reste problématique. Au même titre que le renouvellement du parc automobile a permis d’améliorer la qualité de l’air ambiant, il semble nécessaire de renouveler nos systèmes de chauffage.  

Au-delà de ce renouvellement, les précautions d’usage (entretien, qualité de bois utilisé, …) doivent être renforcées. Les campagnes de sensibilisation dédiées sont ainsi nécessaires pour renforcer la prise de conscience et l’adoption de bons gestes à l’échelle des ménages. Au-delà de l’enjeu énergétique et climatique, ces campagnes mériteraient également de renforcer la dimension sanitaire pour mobiliser davantage la conscience citoyenne et politique. Parallèlement à ces initiatives portées par la société civile et les pouvoirs publics, il serait de rigueur que les constructeurs/fournisseurs de poêles adoptent leurs pratiques marketing en sensibilisant aux risques sanitaires associés à ce mode de chauffage.  

Pour éviter les dissonances cognitives face à cet enjeu sanitaire, il semble également nécessaire de questionner certaines dimensions et habitudes culturelles jouant certainement un rôle dans la place qu’occupe le chauffage au bois dans l’imaginaire collectif (folklore des grands feux, feux scouts, …). 

Quelques enjeux à soulever 

En matière de qualité de l’air, nos modes de chauffage au bois font face à différents enjeux, tels que résumés de manière non exhaustive dans le tableau suivant : 

Enjeux Descriptions 
Manque d’information / sensibilisation quant aux impacts sanitaires potentiels Les rares campagnes existantes (ex : La Maitrise du feu) se focalisent sur l’enjeu d’efficacité énergétique. En plus d’être élargies, ces initiatives mériteraient de souligner davantage les impacts sanitaires d’une mauvaise utilisation. 
Manque de vigilance de la part de certains fournisseurs Certains modèles, actuellement mis sur le marché, laissent croire aux utilisateurs que le mode « feu ouvert » est sans risque pour la santé. À titre d’exemple, ce type de message est présent dans certaines campagnes marketing : « Le mode feu ouvert vous permet de profiter pleinement du crépitement du feu, de l’odeur du bois… et même d’un barbecue ! »4 
Place du chauffage bois dans l’imaginaire collectif – Tradition et folklore des « grands feux », dans de nombreuses communes, pour marquer la fin de l’hiver, réunissant des centaines de familles autour d’un bucher de bois résineux (plus émissifs). 
– Tradition et folklore des feux scouts ou brasero réunissant des enfants à proximité immédiate du feu. 
– Odeur du feu de bois perçue comme parfum agréable malgré le fait qu’elle soit un marqueur de pollution. 
-Charme et attrait accordés au logement disposant d’un feu ouvert intérieur. 
– … 
Absence de cadastre des installations de chauffage Au même titre que les autorités disposent d’un cadastre robuste pour caractériser le parc automobile et distinguer la part de véhicules polluants, un cadastre similaire sera nécessaire pour les installations de chauffage afin de prioriser et localiser les actions à déployer. 
Cartographies des concentrations de polluants n’intègre pas les utilisations locales de chauffage au bois  Le cadastre cité précédemment permettrait également d’affiner les estimations de concentrations de polluants calculées par des modèles tels qu’ATMO-Street ainsi que les cartographies d’exposition associées. 
Dimension informelle de la filière bois-bûche La commercialisation du bois-bûche se fait souvent de manière informelle entre particuliers. Cette réalité induit un manque de traçabilité et de transparence sur les flux de combustible et les lieux d’utilisation principaux.  
Cadre légal peu ambitieux Les différents règlements et normes européennes fixant des valeurs limites d’émissions ne sont pas suffisamment protecteurs. En termes de quantité de particules fines émises par heure d’utilisation, un poêle récent reste très émissif par rapport aux autres sources d’émissions. Certains labels pourraient contribuer à favoriser la vente des modèles moins émissifs, mais la labellisation reste sujette à une clientèle conscientisée sur ces enjeux. 
Cadre légal peu ambitieux Les différents règlements et normes européennes fixant des valeurs limites d’émissions ne sont pas suffisamment protecteurs. En termes de quantité de particules fines émises par heure d’utilisation, un poêle récent reste très émissif par rapport aux autres sources d’émissions. Certains labels pourraient contribuer à favoriser la vente des modèles moins émissifs, mais la labellisation reste sujette à une clientèle conscientisée sur ces enjeux. 

Installations concernées 

Il convient de nuancer l’enjeu selon les différentes catégories d’installations de chauffage. Le graphique suivant permet de comparer les types de chauffage en termes d’émissions de PM 2.55

Le feu ouvert est le plus émissif. Au-delà d’être un mode de chauffage extrêmement nocif pour la qualité de l’air que nous respirons, il peut même avoir tendance à refroidir la pièce6. Ce type d’installation est donc à bannir, tant pour ces impacts sanitaires que pour son inefficacité et ineptie énergétique qu’il constitue. 

Les poêles à bois conventionnels, càd ne répondant plus aux normes actuelles, présentent un facteur d’émissions relativement proche de celui des feux ouverts. Ce graphique permet également d’apprécier les améliorations notoires des installations performantes récemment mises sur le marché et répondant aux normes les plus récentes. À ce titre, le PACE 2030 souligne que « les appareils utilisant les pellets émettent beaucoup moins de polluants que le bois -bûche. De la même manière, les émissions des appareils récents fonctionnant au bois-bûche peuvent émettre jusqu’à 13 fois moins de particules fines que les vieux appareils ». 

NB 1 : Si les modes de chauffage aux énergies fossiles (fuel et gaz) semblent vertueux sur le plan des PM2.5, rappelons tout de même qu’ils contribuent significativement plus aux émissions de gaz à effet de serre que les modes de chauffage biomasse7

NB 2 : Au-delà du type d’installation, il convient également de rappeler que la qualité du combustible influence également la nature et la quantité de particules fines émises (bois humide / traité /…). La technique d’allumage du feu a également de l’influence sur la quantité de polluants émis (allumage par le haut vs. allumage par le bas)8

Cadre légal et labels 

La législation diffère selon le dispositif de chauffage biomasse concerné. Ainsi, des installations de forte puissance thermique (installations collectives, tertiaires ou industrielles) ne seront pas soumises aux mêmes normes que des dispositifs de plus faible puissance, dédiés à l’échelle domestique. De même, parmi ces installations domestiques, il faut distinguer les normes définissant les exigences d’un point de vue sécurité et performance, de celles visant réellement à réduire les émissions de polluants.  

Au fil des ans, les normes se durcissent. Les émissions de polluants admises sont ainsi revues à la baisse à chaque révision. Néanmoins, comme souligné dans le PACE 2030, il est bon de rappeler que « les émissions réelles des appareils de chauffage sont supérieures aux normes imposées aux constructeurs en conditions standardisées ». 

Rappelons également que l’actualisation des normes ne concerne que la mise sur le marché de produits neufs. Les dispositifs déjà installés ne respectant pas les nouvelles normes restent autorisés dans les foyers, au détriment de leur impact négatif sur la qualité de l’air intérieur et extérieur. C’est pourquoi il est nécessaire que les régions déploient des actions permettant de limiter les émissions en cours et à venir. 

Les paragraphes qui suivent mentionnent de manière non exhaustive la législation européenne encadrant la mise sur le marché des installations de chauffage au bois. S’en suit une brève description des actions menées ou envisagées à l’échelle des différentes régions. 

Normes européennes 

Systèmes de chauffage central (Chaudières) 

Au niveau européen, le Règlement (EU) 2015/1189, appelé Ecodesign (éco-conception), établit des exigences minimales pour les chaudières à combustible solide (dont la biomasse ligneuse) de puissance thermique nominale9 ≤ 500 kW. Ce règlement établit donc des exigences d’écoconception (performance énergétique, émissions) qui s’imposent aux fabricants/importateurs pour pouvoir mettre sur le marché des installations de chauffage à combustible solide à usage résidentiel (chauffage de bâtiment, eau chaude, réseau central, etc.). 

Ainsi, depuis 2022, tout appareil mis sur le marché européen doit respecter les critères d’émissions imposés par ce règlement. Selon que l’alimentation des chaudières soit automatique ou manuelle, les limites d’émissions10 de particules fines PM sont respectivement de 40 ou 60 mg/m³. La directive prévoyait initialement un réexamen afin de fixer des exigences d’écoconception plus strictes en ce qui concerne l’efficacité énergétique et les émissions de particules11. Dans un récent courrier adressé par la Commission européenne, on apprend néanmoins qu’aucune nouvelle exigence n’a été formulée malgré le fait que « les émissions réelles de polluants, principalement les particules (PM) provenant des poêles à bois, restent très élevées. »12 

Pour les installations d’une puissance thermique plus élevée (entre 1 MWth et 50 MWth)  – correspondant généralement à des installations collectives13, tertiaires ou industrielles – la Directive MCP (Medium Combustion Plant Directive 2015/2193/EU) fixe des valeurs limites d’émissions (VLE) de 20 à 50 mg/m³ selon que l’installation soit nouvelle ou déjà existante. 

Petits appareils de chauffage localisés (poêles, inserts, foyers fermés et ouverts) 

Le Règlement Ecodesign (UE) 2015/1185 impose quant à lui l’écoconception des petits appareils de chauffage décentralisés (poêles, inserts, foyers fermés et ouverts) et certains appareils domestiques à combustible solide (≤ 50 kW). Les VLE sont de 50 mg/m³ pour des foyers ouverts, 40 mg/m³ pour des foyers fermés à bois et 20 mg/m³ pour des foyers fermés à granulés. 

NB : Une proposition d’EcoDesign 2027 est en cours de discussion. Celui-ci permettrait de réviser les deux règlements relatifs à EcoDesign 2022 cités dans les paragraphes précédents. Cette révision prévoit de nouvelles exigences plus strictes pour les installations qui seront mises sur le marché européen à partir du 1er janvier 2027. En termes de transparence, l’étiquette énergétique devra non seulement indiquer le rendement, mais également les niveaux d’émissions de CO, de particules (PM), d’oxydes d’azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV).

En parallèle de ce Règlement, figure également la nouvelle norme européenne EN 16510. Celle-ci définit un cadre méthodologique pour les constructeurs d’appareils individuels de chauffage biomasse domestique (poêles, inserts, petits appareils à combustible solide). En vigueur depuis le 09 novembre 2025, cette norme impose l’évaluation (avec méthode de mesure normalisée) des émissions de particules, oxydes d’azote, composés organiques gazeux et monoxyde de carbone, etc.  Depuis lors, seuls les appareils conformes à la norme EN 16510 sont autorisés à être mis sur le marché. À noter toutefois que si cette norme définit la manière d’évaluer les émissions, elle ne fixe pas pour autant de valeur limite d’émission. 

Au-delà de cadre réglementaire européen, certains labels permettent aux fabricants de proposer des modèles moins émissifs. Dans certains cas, l’accès au label impose des tests en condition réelle afin d’éviter de se contenter d’une valeur limite d’émissions mesurée dans le meilleur des scénarios, ce dernier étant rarement rencontré lors de l’utilisation domestique. 

Labels : Blue Angel, Flamme verte, Nordic Swan,… 

Bien qu’ils restent tributaires d’une démarche volontaire et ne soient pas contraignants au même titre qu’un texte légal, certains labels méritent d’être cités au regard des valeurs limites d’émissions qu’ils imposent en matière de particules fines. 

En Allemagne, le label Blue Angel fixe des valeurs limites d’émissions (VLE) deux fois plus strictes que l’Ecodesign pour les particules fines (max 20 mg/m³ admis). En France, le label Flamme verte définit quant à lui une VLE de 30 mg/m³. À noter que ce label est également utilisé comme argument marketing auprès de certains fabricants et fournisseurs actifs en Belgique. Dans les pays nordiques, le label Nordic Swan est l’un des plus ambitieux, avec une VLE allant de 10 à 15 mg/m³ selon le type d’appareil. 

Pour les pellets, le label spécifique ENplus ne fixe pas de VLE en tant que tel, mais impose des critères de qualité au combustible, ce qui influence fortement la combustion et donc la production de particules.  

Quelques Actions régionales 

Région de Bruxelles-Capitale 

Depuis le 1er janvier 2025, « seuls les poêles et chaudières à bois (buches, pellets, briquettes, etc.) conformes à la directive européenne 2009/125 sur l’écoconception peuvent être installés, excluant ainsi les appareils d’occasion non conformes. Ces normes garantissent un meilleur rendement énergétique et une réduction des émissions de particules nocives »14. En pratique, le (rem)placement des chaudières et appareils de chauffage local alimentés aux combustibles solides (pellets, les buches de bois, etc.) doit respecter la VLE de 20 mg/m³ (à 13 % d’O2) pour les particules fines15

Un contrôle périodique annuel des chaudières fonctionnant aux combustibles solides est également d’application. Ce contrôle assure l’entretien et la vérification d’exigences PEB par un technicien ou installateur certifié. 

La réglementation prévoit également que les cheminées des chaudières et appareils de chauffage locaux aux combustibles solides soient vérifiées et ramonées chaque année. 

Enfin, des exigences de bon fonctionnement sont également en vigueur, telles que l’absence de fumées (visibles et/ou odorantes, sauf s’il s’agit de vapeur d’eau), la ventilation du local dans lequel est installé un appareil prélevant l’air nécessaire à la combustion, la vérification de la teneur en CO dans l’air ambiant du local afin d’éviter les risques d’intoxication (maximum 25 ppm). 

Région flamande 

En Flandre, le chauffage au bois est responsable de 42% des émissions de particules fines16. Les communes flamandes peuvent inclure dans leur règlement des dispositions spécifiques pour prévenir et limiter les nuisances du chauffage au bois, allant de l’interdiction temporaire de l’utilisation du chauffage au bois dans certaines conditions météorologiques à un nettoyage obligatoire de la cheminée. 

Dans son Plan dédié à la qualité de l’air, la Flandre s’engage à réduire d’au moins moitié les émissions provenant du chauffage domestique au bois d’ici 203017, et ce, en s’appuyant sur quatre leviers d’action : 

  1. Éliminer progressivement les poêles à bois les plus anciens et les plus polluants 
  2. Introduire des règles relatives à l’installation de cheminées 
  3. Introduire des règles relatives à l’installation, à l’entretien et au contrôle périodique 
  4. Sensibiliser les citoyens aux effets négatifs du chauffage au bois et les inciter à adopter un comportement correct en matière de chauffage 

Certaines réglementations flamandes visent à limiter la nuisance du chauffage au bois, telles que : 

NB : Les communes peuvent également imposer des dispositions spécifiques concernant l’emplacement des bouches de cheminée par le biais des règlements d’urbanisme locaux et/ou des règlements de police. 

L’administration flamande (VMM) diffuse des recommandations pour éviter le chauffage au bois lors des épisodes propices à la mauvaise qualité de l’air. Si ces avis ne sont pas contraignants, les communes peuvent néanmoins les relayer de manière contraignante dans leur règlement de police (interdiction temporaire. 

Région wallonne 

Dans son plan régional PACE 2030, la Wallonie souhaite limiter la pollution atmosphérique liée au chauffage biomasse résidentiel (bois, pellets). Pour ce faire, différents axes de travail sont envisagés : 

  • Soutenir une position ambitieuse au niveau du fédéral concernant les règlements associés à la directive “EcoDesign” sur les appareils de chauffage au bois et la révision de l’Arrêté royal de 2010 relatif à la mise sur le marché des appareils de chauffage alimentés aux combustibles fossiles. 
  • Interdire l’installation de nouveaux foyers ouverts à partir de 2024, à l’exception des biens patrimoniaux classés. 
  • En cas de pic de pollution, recommander d’éviter l’utilisation du chauffage au bois d’agrément s’il ne s’agit pas du moyen de chauffage principal. 
  • Encourager la création d’un label pour le bois de chauffage intégrant des critères de qualité (dont l’humidité) et d’origine afin de valoriser et promotionner un bois de chauffage local de qualité. 
  • Maintenir la sensibilisation des utilisateurs sur les risques et les bonnes pratiques via davantage de communication sur les systèmes et le bon usage d’installation de chauffage propre et performante, en mobilisant de nombreux relais 
  • Interdire le brûlage des déchets verts et autres déchets prévu dans le décret « déchets », à l’exclusion des manifestations culturelles et folkloriques 
  • Revoir la réglementation sur les chaudières biomasse et l’étendre aux poêles biomasse (Action 295) 
  • Mettre en place une prime au remplacement des systèmes de chauffage individuels biomasse peu performants par installations permettant de réduire drastiquement le rejet de particules (Action 296) 
  • Pérenniser les mécanismes de certification et labellisation (notamment via la formation RESCert) pour les installateurs de SER; promouvoir et faciliter l’adoption de labels certifications internationales (ISO50001 à 6, ISO14080, IPMVP, BREEAM…); et analyser le potentiel de valorisation des labels installateurs SER en concertation avec le secteur (Action 301) 
  • Mettre en place une bibliothèque d’outils partagée pour installateurs certifiés (Action 308) 

Néanmoins, la feuille de route 2025 reprenant les mesures priorisées du PACE 203020 n’aborde pratiquement aucun de ces axes. 

Quelques pistes à notre échelle 

Si nous souhaitons que le chauffage biomasse coche à la fois les objectifs climatiques et sanitaires, voici quelques recommandations que nous relayons : 

  • Au niveau wallon, nous vous conseillons de jeter un œil sur la page internet du projet « La Maîtrise du feu ». Vous y trouverez de nombreuses informations utiles pour choisir du bois de qualité, stocker ce dernier dans des conditions optimales, adopter les bonnes pratiques à l’allumage, etc. 
  • Les tutos de l’Ademe « Comment bien se chauffer au bois » sont également riches en enseignements utiles ; 
  • Se chauffer avec du bois produit localement et issu d’exploitations certifiées afin que le bilan carbone se rapproche un maximum de la neutralité ; 
  • Stocker votre bois dans un lieu bien ventilé et à l’abri de l’humidité ; 
  • Bannir les feux ouverts des habitations ; 
  • Entretenir régulièrement les poêles, chaudières et conduits d’évacuation ; 

À défaut de nous tourner vers des installations peu émissives, telles que les pompes à chaleur, nous recommandons de remplacer par des modèles plus récents et performants les vieux poêles à bois et chaudières biomasse étant donné le caractère nocif de ces installations sur la santé tant des usagers que des riverains. 

Crédit photographique : Adobe Stock


  1. AEE, Belgium – air pollution country fact sheet 2024 ↩︎
  2. Chiffres CELINE, selon Etude ELAPSE (Brunekreef et al 2021)  ↩︎
  3. Ces données proviennent des rapports suivants ; 
    2022, ICEDD, Bilan énergétique de la Wallonie 2019 – Bilan du secteur domestique et équivalents 
    AQUAWAL & CEHD, 2015. Étude sur les consommations résidentielles d’eau et d’énergie en Wallonie. Rapport final (Résumé). 
    2019, Dedicated, Etude sur les modes de chauffage au bois et au charbon en Wallonie (commandée par l’AWAC)  ↩︎
  4. STÛV, présentation du modèle STÛV 30, Consulté le 23/10/25   ↩︎
  5. Ces données sont tirées de deux bases de données européennes : EMEP/EEA air pollutant emission inventory guidebook 2019 ↩︎
  6. Campagne « La Maîtrise du feu », Bonnes pratiques  ↩︎
  7. Joint Research Centre (JRC) Data Catalogue, CoM GHG Emission factors for local energy use   ↩︎
  8. Une compilation de bonnes pratiques est déjà mise en avant dans la campagne de sensibilisation « La Maîtrise du Feu »  ↩︎
  9. Puissance thermique nominale : quantité maximale de chaleur utile que l’appareil peut fournir de manière continue et stable, dans des conditions normales de fonctionnement. Il s’agit de la part de chaleur réellement transférée à l’eau, à l’air ou au fluide de chauffage (dépend du rendement de l’appareil). 
    1 kW = 1 kilojoule par seconde (kJ/s) 
    On dessus de 500 kW, cela correspond généralement à des installations collectives, tertiaires ou industrielles mais pas à des usages résidentiels  ↩︎
  10. Les critères d’émissions de PM sont parfois exprimés en mg/m³ ou en mg/MJ  ↩︎
  11. Réexamen prévu dans l’article 7 du Règlement (EU) 2015/1189 (pour janvier 2022 au plus tard)  ↩︎
  12. EN E-000487/2025, Answer given by Mr Jørgensen on behalf of the European Commission (24.3.2025)  ↩︎
  13. La MCP concerne également la catégorie d’installations de chauffage collectives utilisant une chaudière biomasse (ou autre combustible) pour alimenter plusieurs bâtiments via un petit réseau de chaleur local.  ↩︎
  14. Bruxelles-Environnement, Nouvelle réglementation pour un chauffage plus durable dès 2025, 29/01/2025 ↩︎
  15. Bruxelles-Environnement, Info Fiches Bâtiment – Energie : Modifications règlementaires relatives aux systèmes de chauffage et de climatisation à partir de 2025, 18/12/2024 
    Pour les installations d’une nominales supérieure à 100kW, la teneur maximale en PM dans les produits de combustion est de 10 mg/m³(à 13 % d’O2).  ↩︎
  16. Vlaams Milieumaatschappij (VMM), “Hout het gezond – Verwarmen met hout?”, fiche informative disponible en ligne  ↩︎
  17. Vlaams Milieumaatschappij (VMM), Vlaams luchtbeleidsplan 2030: aanpak huishoudelijke houtverbranding  ↩︎
  18. Vlaams Milieumaatschappij (VMM), Aanpak van houtverbranding  ↩︎
  19. Vlaanderen.be, Verplicht onderhoud van uw cv-installatie (centrale verwarming)  ↩︎
  20. Adoptée par le Gouvernement Wallon le 24 avril 2025   ↩︎